Science & santé

Comment évaluer les élèves?

Repéré par Florian Adam, mis à jour le 11.04.2017 à 17 h 22

Repéré sur Wired

La méthode de notation n’est pas neutre. Aux États-Unis, il est possible d’identifier au moins trois méthodes.

"Généalogie de Galton-Watson" ou "modèle de Galton-Watson" | Barande via Wikimedia CC License by

"Généalogie de Galton-Watson" ou "modèle de Galton-Watson" | Barande via Wikimedia CC License by

La note sanctionne une évaluation. Elle détermine si un élève ou un étudiant a acquis ou non les compétences et connaissances attendues par lui. Elle a également une valeur symbolique. Pour l’élève, il est tentant de ne retenir que le résultat obtenu, plutôt que sa maîtrise effective des connaissances. S'y ajoute l’effet de compétition entre les élèves. Sans parler du rituel humiliant utilisé par certains professeurs de «rendre les copies» de la plus mauvaise à la meilleure note.

Bref, la manière de noter les élèves n’est pas neutre. Rhett Allain, professeur agrégé de physique à la Southeastern Louisiana University, qui écrit également pour le magazine Wired, en fait le constat personnel. Contrairement à la France où le système de notation est généralement plafonné à 10 ou 20, les États-Unis ont un système numérique sur 100 converti ensuite en un système alphabétique allant de A à F. 

Rhett Allain décrit alors trois méthodes principales de notation. La première «traditionnelle», dans le sens où la note sanction est appliquée par défaut en fonction des seules réponses. «Une telle évaluation est comme une règle, indique le professeur de physique. Elle mesure les étudiants sans aucune considération pour d’autres facteurs.» Seule la note compte. Si vous avez tant de bonnes réponses, vous aurez telle note, peu importe la difficulté de l’examen. 

La seconde méthode proposée, «la notation en courbe», permet de compenser un examen qui s’avère être trop facile ou trop difficile.

«Considérant la classe comme normale (statistiquement et comportementalement), on s'attend à ce que quelques-uns seulement obtiennent un A ou échouent. La moyenne de la classe devrait se situer autour du C», explique Rhett Allain.

Émulation ou compétition?

L'évaluation est alors représentative du niveau de l’élève au sein d'un groupe donné. Les notes alphabétiques sont ajustées aux notes numériques, «de façon à créer une représentation de la répartition en forme de courbe», d’où le nom. Si le test est trop compliqué, un score plus faible (par exemple 83-73) suffirait pour obtenir un A. Au contraire, lors d’un test trop facile, un élève peut obtenir un C alors même qu’il a obtenu un score numériquement suffisant pour avoir habituellement un A. Ce système peut être perçu comme favorisant l’émulation ou au contraire accroître à l’excès la compétition entre les élèves. 

À titre personnel, Rhett Allain préfère la notation dite du «Standards Based Grading» pour mettre l’accent sur l’acquisition des connaissances. À la différence de la méthode traditionnelle, l’évaluation se concentre des «standards», des compétences devant être maîtrisées. L’importance de la note est réduite, explique le professeur de physique: 

«Un examen pourrait ne représenter qu’une seule estimation du niveau de compréhension d'un élève. Peut-être que vous les ferez revenir sur le concept plus tard dans le semestre avec une autre approche afin qu’ils puissent montrer qu’ils le comprennent vraiment.»

De plus, Rhett Allain ajoute que si ses étudiants réussissent mal un examen, ils peuvent toujours réaliser une courte vidéo dans laquelle ils résolvent une question de physique afin de montrer qu’ils maîtrisent les compétences requises, améliorant ainsi leur note. Tous les moyens de motiver les élèves sont bons à considèrer, précise-t-il. 

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