Monde

Dans les grandes villes, des sans-abri proposent une visite guidée de leur quotidien

Temps de lecture : 2 min

Avec un risque de voyeurisme.

Un homme passe près des affaires d'un sans-abri, à Athènes en Grèce, le 4 avril 2017 | LOUISA GOULIAMAKI / AFP
Un homme passe près des affaires d'un sans-abri, à Athènes en Grèce, le 4 avril 2017 | LOUISA GOULIAMAKI / AFP

A Prague, une agence de tourisme un peu particulière a été lancée en 2012. Le principe est simple: permettre à des sans domicile fixe de travailler en tant que guide touristiques pour des visiteurs désireux de découvrir une autre facette de la ville, la leur. Le Guardian, qui a participé à l'une de ces visites, explique que des sans-abri emmènent alors les clients sous les ponts où ils habitent et leur expliquent leur vie pendant deux heures environ.

«Des groupes similaires ont émergé à Berlin, Copenhague, Athènes, Vienne, et Edimbourg, écrit le journal. A Londres, Unseen [qui se présente comme une entreprise sociale] organise des visites thématiques de deux heures, comment la visite “rock'n'roll” [dans le quartier de] Camden, menée par un ancien manager et sans-abri surnommé Mike the Mob. A Los Angeles, des groupes de jeunes peuvent payer 75 dollars par tête et passer un jour et une nuit avec la mission chrétienne sur Skid Row [zone où vivent de nombreux sans-abri, NDLR]»

Lors de sa visite guidée à Prague, la journaliste du Guardian a ainsi pu en apprendre plus sur la recherche permanente d'un endroit où dormir la nuit. Elle s'est aussi vu confirmer que les refuges bondés ne sont pas toujours la meilleure solution pour certains sans-abri. Ils y encourent des risques d'affrontements avec d'autres sans domicile et sont «mis dehors» très tôt chaque matin.

Visite chez le psychologue et formation

Les organisateurs ont beau présenter ces visites comme des moyens de prendre conscience des conditions de vie des sans-abri, elles posent néanmoins une question majeure: est-ce que système aide vraiment les sans domicile fixe? Il faut savoir que ces guides, à Pragues notamment, doivent consulter un psychologue et faire deux à trois jours de formation avant de passer à la pratique et de perfectionner leur discours de visite. «Environ 50% d'entre eux abandonnent parce qu'ils souffrent de troubles psychologiques ou parce qu'ils ne sont simplement pas prêts.» Ce métier de guide n'est donc pas une solution pour tous les sans-abri.

«Est-ce qu'un jour à la rue change votre façon de voir les sans-abri ou vous aide à savoir comment l'autre moitié vit? Bien sûr que cela peut être le cas, conclut la journaliste. Mais est-ce qu'une telle immersion, ou une visite de deux heures, peut amener des améliorations pour le plus grand nombre? Là, c'est une question plus compliquée.»

En revanche, le journal ne répond pas vraiment à une autre question: à partir de quand ce tourisme si particulier se transforme-t-il en voyeurisme?

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