Économie

LVMH dément la mise en vente des Echos

Temps de lecture : 2 min

Le groupe LVMH et son patron Bernard Arnault semblent s'être vite lassés de leur dernier jouet, acquis à prix d'or en 2008 pour 240 millions d’euros, le premier quotidien économique français Les Echos.

Selon le site spécialisé dans les médias et la high tech Electron Libre, Bernard Arnault vient de se donner un an et demi pour vendre Les Echos et a confié un mandat à la banque japonaise Nomura. La cession doit avoir lieu avant 2012, non seulement parce que le mandat de Nicolas Sarkozy viendra à échéance mais aussi parce qu’il sera alors clair pour tous que la situation financière de DI Group, maison mère des Echos, ne sera pas rétablie.

Nicolas Beytout, Pdg de DI Group, parle de 2009 comme d’une «année épouvantable». La baisse des recettes publicitaires a atteint 25% pour l’ensemble du groupe dont 50% pour la seule publicité financière. En deux ans, la baisse des recettes publicitaires aura atteint la barre des 40%. Le déficit devrait dépasser en 2009 les dix millions d’euros pour un chiffre d’affaires de 160 millions d’euros.

Sans amélioration des recettes, un nouveau plan de départs sera mis en œuvre dès l’an prochain, la violente réduction du périmètre de la rédaction n’ayant pas suffi à assaisnir les comptes. Lors de l’acquisition du titre par LVMH, 86 salariés dont 43 journalistes avaient quitté l’entreprise et il faudra, sans doute en rajouter une vingtaine, la clause de cession venant à expiration le 23 décembre. En vertu d’un accord, dit «Bazire», Les Echos s’était engagé à ne procéder à aucun licenciements tant que le chiffre d’affaires n’avait pas baissé de 20%. Or ce chiffre sera atteint à la fin de l’année...

Bernard Arnault se donnait en 2008 entre dix et vingt ans pour amortir son acquisition. Personne ne fait aujourd'hui ce pari. La puissance du groupe LVMH lui permettrait de s’accommoder de cette situation si le journal était vraiment devenu le sien. Malheureusement pour lui, depuis le retour de Nicolas Beytout aux commandes de ce navire, la rédaction n’a cessé de clamer son indépendance et contesté la plupart des décisions prises par l’actionnaire. Chaque fois que le groupe LVMH est cité dans les colonnes du journal, il faut s’entourer de nombreuses garanties. Les Echos sont aujourd'hui une charge pour Bernard Arnault.

Bernard Arnault a démenti lundi 14 décembre la mise en vente des Echos. «Ça n'a aucun sens. On vient de l'acheter», a fait savoir un porte-parole de l'homme d'affaires.

[Lire l'article complet sur ELECTRON LIBRE]

Lire également sur les difficultés de la presse écrite: Le jour où Sarkozy a acheté la presse et L'utopie d'un journalisme non lucratif.

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Image de une: Nicolas Beytout Charles Platiau / Reuters

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