Monde

L’histoire du hipster fleuriste parti combattre Daech en Syrie

Repéré par Vincent Manilève, mis à jour le 10.04.2017 à 11 h 03

Repéré sur New York magazine

Brace Belden est passé des fleurs aux chars.

Impression écran d'un tweet de Brace Belden.

Impression écran d'un tweet de Brace Belden.

Brace Belden, jeune américain de 27 ans vivant à San Francisco, a déjà connu plusieurs vies. Ancien rockeur punk, il est ensuite devenu fleuriste, puis manager d'une salle de boxe. Aujourd'hui, comme nous le raconte le New York magazine, Belden va pouvoir ajouter une étrange ligne à son CV: «soldat parti combattre Daech en Syrie».

Tout a commencé il y a plusieurs années de cela lorsqu'il a commencé à s'intéresser à l'YPG, les Unités de protection du peuple. Cette branche armée du Parti de l'union démocratique (PYD) kurde est devenue l'un des moyens de lutte les plus efficaces contre Daech au nord de la Syrie. Pour Belden, ce conflit est apparu comme un moyen de mettre en œuvre ses idéaux marxistes, qu'il porte en lui depuis l'adolescence. Après plusieurs mois de réflexion, courant 2016, il rejoint le champ de bataille et les rangs kurdes.

Celui que ses camarades ont surnommé «Mr. Bean» a ainsi s'adapter à sa nouvelle vie, sous les balles, et accepter l'idée de ne pas prendre de douche pendant plusieurs semaines. Il est d'abord passé par une formation, où il a notamment été entraîné par un figurant du film Pirates of the Caribbean: Dead Man’s Chest, et par un certain «Tim le Cannibal» connu pour avoir croqué le pied blessant d'un combattant mort de Daech.

Belden a passé du temps à expliquer à ses camarades kurdes qui est Bernie Sanders –qu'il a soutenu pendant les primaires démocrates–, et à apprendre à manier les armes mises à sa disposition, vieilles pour la plupart. Quand il arrivera finalement sur le terrain, il n'aura pu s'entraîner qu'une douzaine de fois. Ce qui a failli lui joué des tours: un jour, alors qu'il avançait avec d'autres troupes au nord de Raqqa, il repère une voiture potentiellement chargée d'explosifs fonçant vers lui. Heureusement, avant même d'arriver à viser avec la mitraillette qu'il ne savait pas vraiment utiliser, un autre soldat a pu faire exploser le véhicule.

Rire en Syrie

Cette vérité là, Belden a décidé d'en rire sur Twitter, sous le pseudonyme @PissPigGranddad. Mêlant références occidentales et réalité du terrain, il est aujourd'hui activement suivi par 36.000 personnes.

«Il poste des photos de lui en train de faire un signe de la paix devant un tank ou en train de tenir une grenade avec une cigarette tombant de ses lèvres, décrit le magazine, blague sur le fait que c'est très difficile de trouver un endroit pour se masturber, et analyse de temps en temps la situation militaire et politique.»  

Aujourd'hui, le jeune homme devrait rentrer chez lui, afin de retrouver sa petite amie et sa famille. Mais le journaliste du New York magazine a reçu un étrange texto de Belden peu avant la publication de l'article. Ce dernier semblait dire que son combat en Syrie était peut-être trop important pour qu'il rentre chez lui immédiatement. «Je suis égoïste et je veux participer à la vraie révolution. C'est juste que ce sentiment est merveilleux, comme une énergie que je ne peux pas rassembler au jour le jour, comme si j'étais vraiment en train de vivre.»

Qu'il décide de rentrer un jour ou non, certains aux États-Unis aimeraient déjà voir son histoire racontée dans un film Hollywoodien. Et on peut parier que cela arrivera un jour. 

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