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Marcher ou rester immobile? Aux États-Unis, la guerre de l'escalator est relancée

Repéré par Jean-Marie Pottier, mis à jour le 08.04.2017 à 16 h 06

Repéré sur The New York Times, Gizmodo, New York Magazine

Les transports publics de Washington ont récemment recommandé aux voyageurs de rester immobiles des deux côtés de l'appareil.

Dans le métro de Washington, le 25 mai 2016. BRENDAN SMIALOWSKI / AFP.

Dans le métro de Washington, le 25 mai 2016. BRENDAN SMIALOWSKI / AFP.

Fin mars, le directeur général du métro de Washington D.C., Paul Wiedefeld, remettait en cause une des pratiques les plus enracinées des voyageurs: se coller sur la droite d'un escalator pour permettre aux passants pressés de remonter quatre à quatre par la gauche. «Nous n'encourageons pas, c'est évident, le fait de marcher à gauche de l'escalator. Il s'agit d'équipements très fragiles», expliquait-il en recommandant aux voyageurs de se tenir immobiles des deux côtés de l'escalator. Tout en se montrant résigné sur l'efficacité de son conseil: «Nous préférons que les gens restent immobiles quand ils montent par l'escalator, mais nous savons aussi qu'ils feront ce qu'ils ont envie de faire.»

Justement, que faire? Le New York Times a relancé le débat cette semaine en publiant un article intitulé «Pourquoi vous ne devriez pas marcher sur les escalators», qui récapitule les recherches menées par des scientifiques ces dernières années sur le sujet, par exemple à Londres. Celles-ci montrent que le fait pour les passants de rester immobiles des deux côtés d'un escalator rend la circulation plus fluide car cela permet d'occuper l'ensemble des marches, et pas, comme on le voit souvent, de laisser un côté partiellement inoccupé pendant que les gens font la queue pour emprunter l'escalator par le côté droit.

Évidemment, certains ne sont pas d'accord avec des recommandations visant à généraliser le comportement de ceux qu'une campagne de communication avait appelé les escaleftors. Le site Gizmodo attaque un conseil «anti-américain» en estimant que «les escalators n'ont que l'utilité que nos jambes énergiques leur attribuent» et que les laisser faire tout le travail représente «l'apogée de la paresse»: «Vous savez ce qui est plus rapide que certaines personnes qui marchent et certaines personnes qui restent immobiles? Que tout le monde marche.»

Le New York Magazine affirme lui que «rester debout sur l'escalator est peut-être plus efficace, mais cela n'en fait pas moins de vous un monstre». Pour le site, les adeptes de l'immobilité sur escalator n'auront pas l'air de pionniers aux yeux de leurs concitoyens, mais d'insupportables perturbateurs du contrat social:

«La plupart des autres voyageurs n'ont probablement pas lu les recherches sur l'efficacité des escalators. À leurs yeux, vous ne ressemblez pas à une personne instruite qui utilise des recherches en sciences sociales comme boussole de vie: vous ressemblez à un abruti qui se met en travers de leur chemin.»

Et les fabriquants d'escalators là-dedans? Au moment de l'annonce du métro de Washington, la société Otis avait expliqué qu'il valait mieux que les passants restent immobiles, mais pour des raisons de sécurité, pas pour ne pas endommager l'équipement. Mais au-delà de cela, ces fabriquants n'ont pas beaucoup de marge de manœuvre, souligne le site FastCoDesign, car pour optimiser un escalator, il faut optimiser la psychologie de ses utilisateurs, et cela est «pratiquement impossible».

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