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Après les «fake news», les «fake ads» détruisent la crédibilité des sites d'information

Repéré par Galaad Wilgos, mis à jour le 10.04.2017 à 9 h 50

Repéré sur Wired

A la base censées simplement relayer du contenu de sites web moins connus sur des sites web reconnus, les suggestions de liens sont devenues avec le temps de vrais repères à fausses publicités.

Un wagon couvert d’un grand graffiti «Mensonges» à côté d'une inscription «construit l'Amérique»  | Jaroh via Flickr CC License by

Un wagon couvert d’un grand graffiti «Mensonges» à côté d'une inscription «construit l'Amérique» | Jaroh via Flickr CC License by

«Des astuces de smartphone qui vont vous sauver la vie!», «Laurent Baffie raconte avoir eu une aventure avec la femme d’Antoine Duléry, celui-ci quitte le plateau», «Ces parents malins qui logent leurs enfants étudiants grâce au fisc», «Marion Cotillard : les lèvres gonflées, vous n’allez pas la reconnaître», etc. Qui n’a jamais vu de telles news apparaître à la fin d’un article d’un des nombreux sites d’information en ligne –tel que Slate.fr? Nous en parlions déjà en 2014, ces liens pourraient vous faire perdre de l’argent, certains s’avérant être des arnaques.

A la base, un simple outil permettant à des petits diffuseurs d’informations d’avoir un relais parmi les mastodontes du net –ces derniers recevant une sympathique somme de la part de l’intermédiaire pour diffuser du contenu pertinent – le magazine Wired nous explique que c’est devenu désormais un havre de fausses publicités. Attirer le chaland d’un clic n’est pas nouveau, mais la quête au clic et au revenu a éloigné de plus en plus la vérité de ces informations. A l’ère de la «post-vérité» et des fake news, les «histoires promues» par les sites ayant recourt à ce système tendent de plus en plus à tordre la vérité.

Fonctionnement

Outbrain gagne par exemple 500 millions de dollars par an avec un clic en moyenne sur 10.000 vues. «Il y a plus de chance de survivre à un crash d’avion que de cliquer volontairement sur une bannière» observe Gilad de Vries, vice-president responsable de la stratégie de l'entreprise. Elle fait pourtant partie du top 3 des sources de revenu des clients avec lesquels elle travaille, selon Gilad de Vries. L’entreprise génère plus de 250 milliards de recommandations par mois, qui se retrouvent désormais partout sur internet. Seulement, d’après une étude ChangeAdvertisting en septembre 2016, 26% des liens desservis par les Outbrain et autres Taboola sont des «clickbaits» (des «attrape-clics»), quand 89% des sites vers lesquels ils redirigent sont enregistrés de manière anonyme. Ce système n’est pas au goût de bien des lecteurs:

«Je me demande si les éditeurs concernés par les fake news par exemple le @guardian vérifient parfois la véracité du contenu de “recommandé par @Outbrain”», a tweeté un lecteur du Guardian.

Un autre conseille carrément de les laisser tomber pour éviter de renvoyer sur des faux contenus affichés automatiquement.

L’attrait d’un revenu stable dans une économie précaire est difficile à ignorer pour les compagnies de médias. Mais si la publicité en ligne est profitable pour ceux qui la délivrent, force est de constater qu’elle est très inefficace pour les sites d'info qui ne peuvent générer le trafic permettant de compenser le faible taux de clics –un taux qui n’a eu de cesse de chuter depuis la première publicité internet en octobre 1994.

Un modèle économique qui se cherche, et pourtant…

 

Certains sites webs pèsent cependant le pour et le contre, et vont jusqu’à abandonner ce type de revenu. Slate.com a ainsi décidé de ne plus afficher de contenu Outbrain. En effet, il n’est pas difficile de trouver des erreurs grossières voire des articles mensongers diffusés par ces entreprises. Chandler Riggs, le jeune acteur de The Walking dead, en a fait les frais, en apprenant, rigolard, sa mort parmi d’autres jeunes acteurs décédés:

Il est malheureusement impossible de bloquer toute forme d’information mensongère d’après de Vries: «Il n’y a aucun moyen pour Facebook de valider chaque partage que l’on fait, et c’est la même chose pour Outbrain. Il n’y a aucun moyen pour nous de vérifier la validité de chaque article recommandé». Mais la moindre erreur peut coûter cher aux sites d’information sérieux.

Pour résoudre cela, Outbrain a notamment réalisé une liste de sites webs à ne plus partager, mais le risque zéro n’existant pas, ce genre d'erreurs est voué à se répéter.

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