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Google Maps est-il en train de nous abrutir?

Temps de lecture : 2 min

À en croire des neuroscientifiques britanniques, il est temps de ranger nos téléphones et de se laisser porter par les panneaux de signalisation pour entretenir notre cerveau.

Avant l'arrivée du GPS et de Google Maps dans nos vies, les déplacements et la déambulation dans des lieux inconnus n'avaient rien à voir avec ce que nous vivons aujourd'hui. Avant tout ça, on se débrouillait, avec une carte que l'on embarquait ou un itinéraire que l'on l'apprenait par cœur; on demandait un coup de main aux locaux; on faisait marcher notre sens de l'orientation, à l'aide des panneaux de signalisation Aujourd'hui, c'est bien plus simple. Il suffit de rentrer notre adresse de destination et de laisser la machine réfléchir. Celle-ci vous indique l'itinéraire à suivre.

Et le tour est joué.

S'il l'on peut voir dans cette facilité de déplacement l'achèvement d'un romantisme de la mobilité –le plaisir de s'égarer, de perdre ses repères dans un lieu inconnu– ou des interactions sociales –demander à un commerçant ou à un passant son chemin–, des chercheurs de l'University College de Londres se sont, eux, plutôt intéressés à l'influence de cette paresse sur notre activité neurologique. Et leurs observations sont sans appel: les applications GPS, à l'image de Google Maps, sont certainement très pratiques au quotidien, mais elles ont le don de ramollir nos cerveaux.

Les chercheurs ont mené une étude sur vingt-quatre participants dans le quartier de Soho à Londres et ont analysé l'activité du cerveau de ces derniers dans deux situations. D'abord, les sujets ont été amenés à déambuler dans le quartier et ont dû trouver leur chemin par eux-même. Puis, dans un second excercice avec un autre itinéraire, ces derniers ont été équipés d'une application de géolocalisation en temps réel et ont bénéficié d'indications GPS. Résultat? L'activité du cerveau –notamment dans la zone de l'hippocampe– des participants était largement supérieure lorsqu'ils faisaient appel à leur mémoire et à leur sens de l'orientation que lorsqu'ils se laissaient guider par leur téléphone.

Autre constat, plus les rues et les itinéraires étaient alambiqués, plus l'activité du cerveau augmentait. Dans le cas d'une orientation à partir d'une application GPS, qu'importe l'itinéraire, aucune augmentation de l'activité du cerveau n'a été observée. À Vocativ, Hugo Spiers, l'un des auteurs de l'étude, alerte sur les dangers d'une atrophie cérébrale dans un scénario où nous n'utiliserions plus que des applications comme Google Maps ou Waze pour nous déplacer et cesserions de stimuler notre cerveau.

Une théorie déjà défendue, en 2015, par des chercheurs américains en neurologie. Quelques années plus tôt, en 2007, des chercheurs avaient quant à eux établi un lien entre atrophie cérébrale, «démence» et maladie d'Alzheimer.

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