Johnny Hallyday, grand corps malade livré en pâture
L'exposition publique des souffrances d'un chanteur est sans précédent en France.
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Johnny Hallyday, hospitalisé à Los Angeles et plongé dans un coma artificiel, «va mieux» et «est hors de danger», a affirmé samedi 12 décembre le fils du chanteur, David Hallyday, au site parismatch.com. «Mon père va mieux, il se réveille doucement. J'ai vu son médecin, il est hors de danger», a déclaré David Hallyday qui venait de rendre visite à son père à l'hôpital de Cedars-Sinaï.
Un peu plus tôt, le chanteur Patrick Bruel, qui s'était lui même rendu au chevet du rocker, avait déclaré que les nouvelles étaient «bonnes». Autre proche à avoir fait le déplacement à Los Angeles, Line Renaud s'était dite «extrêmement confiante».
Combien de temps le nouveau spectacle donné par Johnny Hallyday pourra-t-il durer? L'exposition publique des souffrances d'un chanteur devenu, au fil du temps, à la fois héros et mythe national est, en France, un phénomène sans précédent; un phénomène qui, brutalement, s'accélère.
Il y avait eu, on s'en souvient, la révélation d'une intervention chirurgicale pratiquée cet été après la découverte d'un cancer du côlon alors qualifié de « petit ». L'affection avait été découverte à l'occasion d'un bilan de santé demandé par les assureurs des spectacles du chanteur. Cette intervention faisait elle-même suite à une précédente hospitalisation due, avait-on expliqué, à une chute du rocker sur son yacht. Autant d'éléments dramaturgiques pimentant alors à souhait «Tour 66», longue et monumentale tournée de ses adieux à la scène.
Puis nouvel épisode en date du 29 septembre: une «extinction de voix» conduit à l'annulation en urgence du concert programmé à Bruxelles. Fans et observateurs croient déceler les difficultés grandissantes du chanteur à se déplacer sur scène. De fait, le 26 novembre, il faut intervenir chirurgicalement sur, dit-on, une hernie discale. L'opération neurochirurgicale est pratiquée à la Clinique Internationale du Parc Monceau de Paris. L'heure est encore, pour l'entourage omniprésent, aux communiqués de presse rassurants; un peu sur le mode des bulletins de santé des chefs d'Etat quand ils sont hospitalisés. Un grand classique de la communication en temps de crise. Tout est toujours normal, jusqu'au moment où rien ne l'est plus. Aucune crainte à avoir, donc. Dans un cas: le président est pleinement en état de remplir ses fonctions. Dans l'autre: Johnny, 66 ans, assurera comme prévu la totalité de ses prestations scéniques.
Or voici qu'aujourd'hui commence le troisième acte avec une nouvelle hospitalisation à Los Angeles. L'évolution de la situation, les enjeux financiers et la grande contagiosité émotionnelle font que le temps est venu de la tragédie ; ainsi, déjà, que celui des premiers règlements de compte. C'est sans doute là un éclairant symptôme de l'affolement des membres de l'entourage du héros. Avec deux formules violentes : « massacre » et « coma artificiel ».
«Massacre».
Le terme a été prononcé vendredi 26 novembre sur RTL par Jean-Claude Camus, producteur du chanteur. M. Camus se fonde sur les termes d'un communiqué publié la veille; un communiqué du service de presse du chanteur indiquant que les médecins de l'hôpital Cedars-Sinai de Los Angeles avaient observé des lésions résultant de l'opération subie le 26 novembre et qui imposaient «une opération réparatrice». Pour M. Camus la chose est entendue: les médecins américains «ont constaté qu'il y avait des séquelles et des choses pas du tout normales», que l'infection «était en train d'attaquer sa moelle épinière» et qu'«il aurait pu y avoir des suites fâcheuses».Pour le producteur le responsable de ce «massacre» est le Dr Stéphane Delajoux, neurochirurgien exerçant la Clinique Internationale du Parc Monceau à qui il serait notamment reproché de ne pas avoir posé de drain après l'opération.
«On me dit que l'opération était un massacre» a rapporté Jean-Claude Camus qui affirme d'ores et déjà que le chanteur n'a pas pris de risques particuliers en prenant l'avion pour Los Angeles quelques jours seulement après l'intervention chirurgicale: «J'ai eu personnellement son chirurgien au téléphone il y a une semaine. Il m'a dit: «C'est rien du tout, il peut partir à Los Angeles». Johnny n'a pas fait d'imprudence.»
«Il m'avait appelé juste avant de partir pour Los Angeles, et je lui ai dit que c'était une connerie parce que faire douze heures d'avion après une telle opération, ce n'est pas jouable» a pour sa part déclaré Eddy Mitchell, ami de Johnny.
Le Dr Delajoux est tout sauf un inconnu dans les milieux du spectacle au point d'être surnommé le «neurochirurgien des stars». Spécialiste généralement peu apprécié par ses confrères hospitalo-universitaires il avait attiré l'attention sur lui en juillet 2003 lorsqu'il avait pris en charge à la clinique Hartmann de Paris l'actrice Marie Trintignant alors dans un profond coma à la suite d'un violent traumatisme crânien.
Le Dr Delajoux aurait aussi -mais il n'est sans doute pas le seul neurochirurgien libéral dans ce cas- été condamné à verser de lourdes indemnités après plusieurs interventions suivies de complications et de séquelles. Pourquoi avoir choisi ce chirurgien? Jean-Claude Camus, en spécialiste, répond : «Les artistes sont très sensibles à la camaraderie, aux relations mondaines».
«Coma artificiel»
Selon une information non démentie, donnée par RTL, les médecins de l'hôpital Cedars-Sinai ont dû avoir recours à cette technique. Il s'agit ici de provoquer, grâce à des médicaments sédatifs ou hypnotiques un coma (pendant quelques heures ou quelques jours) afin de faciliter la pratique de l'intervention chirurgicale. Il semble désormais, toujours selon le service de presse que la situation soit «sous contrôle», le chanteur étant resté un temps éveillé et conscient avec son épouse à son chevet. Cette dernière explique (dans un entretien réalisé avant la dernière hospitalisation à paraître dans le magazine Elle) que le cancer du côlon pour lequel Johnny a été opéré cet été «n'était pas grave en soi puisqu'il a été dépisté très tôt». «Mais les suites opératoires ont été compliquées, ajoute-t-elle. Pendant quarante-huit heures, il a été en danger.»
Et alors, dira-t-on. S'émouvoir d'une telle exhibition des maux d'un chanteur? S'en indigner? Mais à quel titre? Force est bien ici de constater que les règles du secret médical (destinées à protéger les patients) n'ont pas été ici violées: toutes les informations émanent de ses proches et non pas des médecins qui ont été amenés à le prendre en charge. De ce point de vue Johnny est dans une situation similaire à celle d''un chef d'Etat et de gouvernement dont les services officiels publient, lorsque la situation l'impose, des «bulletins de santé». Il y a toutefois une différence de taille. Dans un cas il s'agit d'informer (véritablement ou pas) les citoyens sur la question de la vacance (ou non) du pouvoir. Dans l'autre il s'agit de la mise en scène, à des fins plus ou moins marchandes, des pathologies et des souffrances d'un citoyen-chanteur.
Artistes et autres «stars» ont depuis longtemps appris à goûter aux joies de la mise en scène des différents aspects de leur vie privée. On leur a aussi peut-être parfois volé des joies et des souffrances qu'ils auraient aimé garder secrètes. Avec Johnny on entre dans une nouvelle dimension. Il ne s'agit plus, comme il y a peu avec Michael Jackson, d'enquêter après la mort sur les causes de cette dernière. Il s'agit de dire une vérité biologique et médicale avant qu'elle ne soit découverte. Mais il s'agit aussi et de faire participer le plus grand nombre au chemin de croix du héros inoxydable avant, bien sûr, de le retrouver -une dernière fois - sur scène.
Jean-Yves Nau
Lire également sur Johnny Hallyday: Johnny est mortel
Image de Une: Johnny Hallyday au Stade de France Philippe Wojazer / Reuters
Mis à jour le 13/12/2009 à 10h34












































"Artistes et autres stars ont depuis longtemps appris à goûter aux joies de la mise en scène des différents aspects de leur vie privée... Avec Johnny on entre dans une nouvelle dimension... Mais il s'agit aussi de faire participer le plus grand nombre au chemin de croix du héros..."
Après le coma artificiel, au réveil.
Et après le réveil, au grand sommeil.
Mais s'il ressuscitait, que de déceptions il susciterait !
L'entourage de Johnny semble peu doué en communication. Quand on est malade on se soigne et on se tait. Ces détails sur son état qui n'en sont pas ne méritent pas d'intérêt. Que les journalistes la mettent en sourdine.
"... il s'agit de la mise en scène, à des fins plus ou moins marchandes, des pathologies et des souffrances d'un citoyen-chanteur"
Stop : pas de citoyen chanteur. Johnny Halliday est un chanteur et plus, un homme célèbre. Gardez les citoyens pour d'autres discours vaguement politiques.
Johnny est un homme malade et libre à vous de ne pas en parler si vraiment cela vous semble si idiot. Tout le monde est prêt à accepter la mort éventuelle de ce chanteur, sans doute avec tristesse, mais sans besoin de l'annoncer avec brio de comptes à rebours avec tous les détails comme vous le faites. Vous mettez en scène sa mort, celle d'un homme qui n'est qu'un homme malade. Vous l'annoncez comme un chemin de croix. Mais au nom de quoi? Comment pouvez-vous employer ces termes pour lui? Vous choisissez ces termes. Pas lui, ni sa famille.
Vous vous faites un film et le lui reprochez. Incroyable. Un homme est dans le comas et vous riez à sa face en le traitant de citoyen chanteur?
Avec un peu de chance, comme un bébé perturbé par sa digestion, il vous fera un petit renvoi sur l'épaule pour vous dire : ça va papa, je suis grand, fous moi la paix.
il serait temps :un peu de silence. Peut-être que cet homme se meurt. Laissez-le souffrir et mieux : guérir avec les siens.
Ce n'est pas vous qui l'aiderez, car vous n'y êtes pour rien. Restez modeste. Calme.
Je ne suis pas un fan. Mais pitiié pour celui que l'on appelle Johnny? Laissons le avec ses proches, ses véritables amis, le corps médical qui l'a pris en charge, laissons le. Arrêtons aussi ces polémiques certainement idiotes et ridicules. Je crois que cet homme est un homme simple et généreux. Il mérite le respect comme tout malade qui souffre, anxieux à pleurer de douleur de son devenir. Laissons le vivre encore et si possible en paix. Arrêtons ce bruit infernal et médiatique. C'est le plus grand service que l'on peut actuellement lui rendre. Allez Johnny, courage et longue vie.
Consciencieusement évoquée par Cali dans une des chansons de son premier album « l’amour parfait », la question mérite plus que jamais d’être re-posée aujourd’hui où, d’opérations bénignes en coma artificiel, le chanteur et son entourage semblent être en train de découper le sapin.
« Approche, il y a cette question qui hante mes nuits, combien de jours de deuil à la mort de Johnny », la phrase est de Cali, dans « Il y a une question » chanson pertinente de son disque « L’amour parfait » seule réussite du catalan tombé depuis dans une démagogie gauchiste assez ... limitée.
Combien de jours de deuil, oui, à la mort de notre jojo national, le seul encore capable de faire acheter des manteaux de cuir à franges, avec dans le dos une tête de loup cousue et aux pieds des santiags avec bout en fer, au cou la grosse chaîne en or, et sur la tête ce qu’il faut de décoloration ratée pour ressembler à une petite frappe de quartier.
Johnny Hallyday, chanteur belge, adopté français, depuis le temps, que plus personne n’appelle Jean Philippe, et qui, depuis aussi longtemps que Michel Drucker, fait partie du paysage cathodique français.
Hallyday, c’est un peu le Benny Hill du show biz, le Davy Crockett du rock, quelque chose entre la grosse farce et la légende pour enfant, quelque part entre le mythe Presley et le business Claude François.
Hallyday, c’est pas le gendre idéal, c’est un nom, presque une marque, qui survit, malgré l’ère moderne, malgré Internet, malgré la vieillesse, une sorte de sparadrap du capitaine Haddock dont la modeste mythologie culturelle française ne peut se défaire.
Incontournable, disent certains, le boss disent les autres, un gros blaireau répondent les troisièmes.
Tous sont nombreux, d’un camp comme de l’autre, mais les admirateurs sont variés, disparates, éclectiques, parfois savants, doués, cultivés, parfois beaufs, sans qu’il soit possible d’en catégoriser plus que d’autres, dans une famille ou dans l’autre.
Johnny, c’est des millions de disques vendus, mais pas beaucoup d’argent pour autant, trop pillé par des producteurs malins, pas assez malin lui-même pour finir milliardaire.
Sinon, y’a longtemps qu’il aurait fini de chanter.
Alors, Hallyday mort, qu’est-ce qu’il nous reste ? Tout.
Mais malheureusement des heures et des jours d’hommage, sans doute, des coffrets collector, des raretés, des compils, des obsèques en direct sur TF1, un beau discours de Sarko/Guaino, des larmichettes chiraquiennes, et des photographes aux basques de Laetitia, sa dernière femme.
Johnny mort, ce serait pas une mauvaise nouvelle pour l’industrie du disque, surtout en cette période de fêtes.
Par anticipation d’ailleurs, les sorties se sont multipliées ces dernières semaines.
Johnny mort, encore un Vivement Dimanche à faire chialer les chaumières, avec des images, des Que je t’aime, des Qu’est ce qu’elle a ma gueule, des Quelque chose de Tennessee et j’en passe.
Johnny mort, on aura un spectacle à la hauteur de Johnny vivant : efficace et puissant, comme sa voix et lourd et indigeste, comme tout le reste.
Mais l’homme a joué avec Godard, diront les autres, il a même eu une fille avec Nathalie Baye, il doit pas être si con que ça !
Oui, peut-être, mais en attendant, on se retient de dire que si le bonhomme disparaîtrait, d’un coup, on perdrait peu culturellement.
Mais la culture, c’est quoi ?
Pas de quoi en tout cas sortir son revolver, non, juste sa cuiller : c’est de la confiture, en pot.
Et dans ce domaine là, à cette aune là, notre Jojo national mériterait bien en effet, quelques mois de deuil.
Quelques mois, au moins !!!
Avant d’être repris par tous les merdeux de la Star Ac, avant d’entrer dans la Pléiade, peut-être qui sait, au point où on en est.
Ou à l’académie française, qui n’intéresse personne, et qui aurait là l’occasion, rare depuis au moins 40 ans, de faire l’évènement :
Johnny en habit vert posthume !
Mais Johnny n’est pas encore mort, même si Jean Claude Camus, fidèle rémora, ne maîtrise plus trop l’affaire, en ce moment.
On passe du bénin au coma, comme Johnny passe de Goldman à Benabar pour lui écrire des textes.
On passe du banal au sérieux comme Laurence Ferrari passe de l’Irak à la météo.
Il va faire froid...
Johnny toujours vivant donc, et peut-être même toujours chantant.
On nous dit que sorti de son coma, il a « reconnu Laeticia », ce qui est déjà pas mal.
A 66 ans, reconnaître sa femme, c’est un début.
Mais certains débuts, c’est bien connu, sont de la fin.
Et moi qui m'imaginais que dans un système à 2 vitesses la richesse permettait d'être soigné, plus vite, mieux et dans de meilleurs conditions qu'avec la bonne vielle sécu.
Jusqu'au Conseil de l'Ordre qui accable le médecin de Johnny. Si seulement la moitié de ce que l'on peut lire dans la presse sur ses erreurs passées est vrai, puisse Dieu sauver les riches et leur médecine. :~)