France

Le résumé du grand débat, en graphiques

Sophie Gindensperger, mis à jour le 05.04.2017 à 14 h 07

Ce qu'il faut retenir du débat qui a confronté mardi soir pendant quatre heures les 11 candidats à la présidentielle.

C’était une première en France: à 19 jours du premier tour, les 11 candidats qui ont obtenu leurs 500 parrainages pour l’élection présidentielle se sont affrontés dans un même débat, diffusé sur BFMTV et CNews. Une configuration inédite, que TF1 avait soigneusement choisi d’éviter le 20 mars dernier, en n’invitant que les cinq «grands» candidats, et laissant les «petits» de côté. Rien à voir avec la taille: ce classement est avant tout un résultat des sondages d’opinion. 

C'était donc leur grand soir, à ces «petits» candidats. Les Français ont pu redécouvrir François Asselineau, candidat de l'Union populaire républicaine, Nathalie Arthaud, de Lutte ouvrière, Jacques Cheminade, fondateur du parti Solidarité et progrès, Nicolas Dupont-Aignan,  président de Debout la France, Philippe Poutou, candidat investi par le Nouveau Parti anticapitaliste (NPA),  et enfin le «berger» Jean Lassalle.  

Parfois un peu folklorique, le débat a permis à ces candidats de se faire connaître, sur un ton inhabituel à une heure de grande écoute: tandis que Jean Lassalle ne cessait de dire «mes chers compatriotes», Jacques Cheminade devait penser à la lune et François Asselineau citait sans arrêt des articles de la Constitution française ou des traités européens. Mais les classiques du genre ont été respectés: petite foire d'empoigne et réponses qui commencent par «mais d'abord» étaient au rendez-vous. Même si on en était encore à compter les articles d'Asselineau.

Mais que ce soit les petits ou les grand candidats, tous devaient faire face à la contrainte du temps limité, soit environ 17 minutes au total sur les plus de trois heures trente d'émission (Marine Le Pen a fini à 19 minutes, Jacques Cheminade à 15). Calme au début, la discussion s'est enflammée sur les thématiques «moralisation de la vie publique» et «sécurité» ou encore de la laicité –notament avec cette passe d'arme sur les crèches entre Mélenchon et Le Pen. Là, les interruptions ont augmenté la densité du débat.

Pas de quoi rivaliser avec le débit de Philippe Poutou, qui, après avoir refusé de prendre la pose pour la photo-souvenir avec les autres candidats, semblait oublier de respirer pour placer un maximum de mots dans le temps imparti. Pas étonnant qu'avec le nombre de «punchlines» à la minute, il soit l'auteur du scud de la soirée: «Nous on n’a pas d’immunité ouvrière», balance-t-il à Marine Le Pen, après une charge virulente à l'encontre de François Fillon, tous deux suspectés d’avoir eu recours à des emplois fictifs dans le cadre de leur travail de député, respectivement à l'Assemblée nationale et au Parlement européen. Plus tard, François Fillon menace le candidat NPA, qui en remet une couche, de lui faire un procès.

Une des autres répliques de la soirée qui restera, c'est Asselineau qui lance à Macron: «Vous, vous êtes toujours d'accord avec tout le monde», suscitant les rires de l'assemblée et particulièrement de Marine Le Pen. Le candidat d'En marche!, qui se place en deuxième position derrière la candidate FN dans les sondages, est resté en relatif retrait durant le débat, il faut le dire plutôt bousculé par le caractère parfois atypique des interventions des candidats moins connus. Mis en cause par ses adversaires pour des décisions prises sous Hollande, il s'est disculpé plusieurs fois en précisant qu'il «n'était pas ministre» à ce moment-là (il a en effet d'abord été secrétaire général adjoint à l'Elysée). 

Sophie Gindensperger
Sophie Gindensperger (13 articles)
Journaliste indépendante, elle a travaillé à arretsurimages.net et à Libération, où elle a notamment cofondé le P'tit Libé.
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