Monde

Une partie de la «taxe tampon» va dans les poches d'un groupe anti-avortement

Repéré par Grégor Brandy, mis à jour le 03.04.2017 à 13 h 27

Repéré sur The Guardian, BBC, The Independent

L'association a reçu 250.000 livres de la part du gouvernement.

Tampon und Menstruationstasse | Menstruationstasse.com via Flickr CC License by

Tampon und Menstruationstasse | Menstruationstasse.com via Flickr CC License by

Les réactions indignées se poursuivent au Royaume-Uni, quelques heures après avoir découvert que l'une des associations financées par la «taxe tampon» est un groupe anti-avortement.

De l'autre côté de la Manche, la «taxe tampon», –à savoir celle sur les produits hygiéniques féminins– est de 5%. Le Guardian raconte que l'ancien chancelier de l'Échiquier –l'équivalent de notre ministre des Finances– avait dû renoncer en 2015 à annuler cette taxe en raison des règles européennes en vigueur, et que «sous la pression de militants, il avait indiqué que plus de dix millions de livres récoltées chaque année seraient redistribuées à des organisations caritatives qui œuvrent en faveur des femmes».

Mais le quotidien britannique explique que le 1er avril, on a appris que 250.000 livres sur un total de 12 millions (soit 2%) allaient être reversées à Life, «une organisation caritative qui milite contre l'avortement et qui a été au centre d'une controverse sur les renseignements fournis par un réseau de centres non-régulées de conseils sur la grossesse». 

«Tristement ironique»

Le ministère en charge de cette affaire a expliqué que cet argent devait servir à la construction d'un centre dans l'ouest de Londres pour aider les femmes enceintes sans-abris, ainsi que celles en danger, raconte la BBC.

La pilule passe d'autant plus mal que le montant reversé à l'association est l'un des plus élevés de la liste. Plusieurs élues et responsables d'associations s'en sont plaint.

«Ces fonds étaient censés auder les femmes, pas encourager ces organisations qui veulent les contrôler. C'est complètement inacceptable, et il faut y mettre un terme.»

Une autre élue de la Chambre des Communes, Paula Sherriff, à l'avant-garde du combat contre la «taxe tampon» a critiqué ce choix du ministère de la Culture, des médias et du sport.

«Pour de nombreuses femmes, ce sera tristement ironique d'être taxée en raison de sa biologie, pour que le gouvernement reverse ensuite cet argent à des organisations qui ne croient même pas que nous devrions avoir le contrôle de nos corps, surtout quand tant de femmes vivent sans ces protections sanitaires basiques.»

«Nos services ne sont pas un luxe»

The Independent rapport de son côté, qu'une organisation caritative, Brook, s'était intéressée aux activités de Life et avait notamment découvert qu'elle désinformait intentionnellement les personnes qui venaient la contacter, et distribuait des prospectus qui faisaient un lien entre avortement et cancer du sein.

«Life a fait de faux liens entre l'avortement et une augmentation de problèmes de santé mentale, une hausse du risque de suicide, le cancer du sein, de localisation anormale du placenta pendant la grossesse, et de grossesse extra-utérine (tout cela a été écarté par les lignes directrices professionnelles du Royal College des obstétriciens et gynécologues sur l'avortement).»

De son côté, Life a annoncé qu'elle était reconnaissante envers le gouvernement pour ce «geste positif», et qu'elle allait utiliser cet argent pour développer ses services, explique la BBC.

«Nous sommes persuadés que nos services de soutien envers les femmes ne sont pas un luxe, mais essentiels pour elles, pour qu'elles aient l'espace pour envisager les options pour poursuivre leur grossesse en étant soutenues.»

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