France

Voici ce que j'ai retenu pour vous du programme de Nicolas Dupont-Aignan

Titiou Lecoq, mis à jour le 31.03.2017 à 18 h 52

Sortie de la monnaie unique, abrogation d'hadopi et pet-sitting.

FRED TANNEAU / AFP

FRED TANNEAU / AFP

Foutue élection. On hésite, on change d’avis, mais pour bien choisir, il faut envisager toutes les possibilités. Cette semaine, j’aimerais vous soumettre une proposition un peu audacieuse: et si on votait Nicolas Dupont-Aignan? 

Ne vous gaussez pas. Il y a des citoyens non drogués qui vont faire ce choix. (J’essaie d’imaginer ce que ça donne, se déplacer jusqu’au bureau de vote et glisser un bulletin Nicolas Dupont-Aignan dans l’enveloppe.) Je pense même qu’ils seront plus nombreux qu’en 2012 (il avait fait 1,8%, là il serait autour de 5% –certes, il y a la marge d’erreur, et le fait qu’en vrai, la plupart d’entre nous ne savent pas ce qu’ils vont faire.)

Mais c’est quand même remarquable qu’on en soit à un tel niveau de déliquescence de l’élection que Nicolas Dupont-Aignan passerait presque pour un candidat crédible. Il enchaîne les sous-entendus complotistes (voir la récurrence de l’emploi de «comme par hasard» dans ses interviews ou ses délires sur le grand remplacement) mais il n’est pas fou à lier comme Jean Lassalle, et sachant que le candidat officiel de la droite s’appelle toujours François Fillon, ça permet à n’importe qui d’autre d’avoir l’air présidentiable.

«NDA» pour les intimes

Mais avant de le choisir comme nouveau président de la République, faisons le point sur ce que l’on sait de «NDA» comme disent les intimes. Son vrai nom, c’est Nicolas Dupont. Oui. Un peu comme s’il s’appelait Thomas Dubois. Le Aignan ajouté à son nom d’usage est le patronyme de sa mère –c’est donc le seul candidat qui porte le nom de sa mère et son père.

S’il se la joue «électron libre»«petit jeune symbole de renouveau», hors système et compagnie, Nicolas Dupont a quand même fait l’ENA (dans la même promotion que Jean-François Copé) (rires) puis il est devenu administrateur civil, autrement dit haut-fonctionnaire qui fait tourner l’État français. Il a bossé pour des gens totalement punks comme François Bayrou et Michel Barnier.

Sur le fond, il a une analyse assez tranchée: il dit que c’est pas bien maintenant et que lui, il pense qu’il faudrait que ça soit mieux. Et il affirme des positions fortes: «Moi, je dis on peut créer de l’emploi avec un programme de bon sens». Ou encore qu’il faut rendre le pouvoir aux Français. Aux mauvaises langues qui pensent que tout ça, c’est pas bien clair, et qui ne sont pas convaincus par son programme économique (il fait des investissements pour relancer la croissance et il finance ces investissements par la croissance), je ferais remarquer que NDA, il sait mettre des chiffres dans des tableaux pour faire un programme. Regardez donc: 


Hadopi et pet-sitters

Ce qui est drôle, c’est que dans ses mesures, on retrouve celles des autres candidats mais patouillées différemment. Il y a du Macron, du Fillon, du Le Pen, on mélange tout ça, et hop, on a du NDA. Comparé aux autres, son programme ne semble donc pas spécialement délirant, ni nouveau (hormis ce petit problème de financement, mais il n’est pas le seul). Il veut exonérer les entreprises de charges, réformer l’Europe, sortir de la monnaie unique, aider les élèves en difficulté et empêcher les Arabes et les Chinois de nous manger (les premiers voulant donc nous remplacer et les seconds nous asservir).

À mon grand étonnement, ce n’est pas non plus une copie pasteurisée du Front national. Certes, il est contre le voile à l’université parce qu’il refuse les «prisons de textile» mais il est pour la défense du planning familial, le droit à l’IVG et il a dit que les affiches avec des hommes qui s’embrassent, ça ne le dérangeait pas. En fait, ses plus grosses particularités: il est pour l’abrogation de l’Hadopi et la mise en place de la licence globale, pour le boulier à l’école pour apprendre à compter et il semble très sensible à la question du «bien-être animal». (Il est membre de la fondation Brigitte Bardot.) Il propose donc la vidéosurveillance obligatoire dans les abattoirs, l’interdiction de la viande de cheval mais surtout «organiser la profession de pet-sitter qui se développe sans garde fou» (terrible drame des dérives des pets-sitters).

Voilà. J'espère que vous y voyez plus clair.

Ce texte est paru dans la newsletter hebdomadaire de Titiou Lecoq. Pour vous abonner c'est ici. Pour la lire en entier:

 
Titiou Lecoq
Titiou Lecoq (177 articles)
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte