France / Monde

Des unions en désunion

Temps de lecture : 3 min

Lassée des affaires, lassée des dénonciations, la twittosphère se concentre, cette semaine, sur les faits. Rassurant au moment où nombre de médias dissertent sur les fake news. Sur la transformation des faits en opinions. Heureusement, les faits finissent toujours par l’emporter.

CONTENU PARTENAIRE - Le 29 mars, Theresa May enclenche le processus du Brexit. L’Union Européenne se voit désormais amputée d’«une étoile» sur son drapeau. Manifestation de colère ou non, ce qui a été voté devient réel.

«So long pals, on était bien ensemble», expriment ceux qui regrettent ce «triste moment dans l’histoire de l’Europe». L’Europe se mue en «famille éclatée». Pour beaucoup, cela ne présage rien de bon: «après le mariage à l'italienne, le divorce à l'anglaise... en attendant la douche écossaise».

Certains internautes alertent le Royaume-Uni. Ce dernier va découvrir «son poids réel face à l’Union Européenne», elle-même affaiblie. À l’annonce du référendum écossais la twittosphère craint l’«onde de choc qui va vraiment frapper le Royaume "désuni"».

On s’interroge. Après une union commune de 44 ans , le Brexit signe-t-il «la fin de #UE ou la chute de l'Angleterre» ?

Le «peuple anglais enfin libéré»

Certains d’entre eux appellent à prendre exemple sur les Anglais qui «ne se sont jamais aussi bien portés que depuis qu'ils ont voté pour le Brexit!». Même s'il n'est pas entré dans les faits!

Les partisans de la séparation accusent ceux qui «auraient souhaité que les élites britanniques s'asseyent sur le vote du Brexit comme les nôtres l'ont fait avec Lisbonne». Ils usent et abusent de termes qui font écho à la résistance et à la libération, évoquant le «peuple anglais enfin libéré».

Ils restent minoritaires. En dépit des critiques, le sentiment européen existe encore en France. Cet «événement» semble vécu comme un séisme maintenant qu’il entre dans le réel, mais c’est le mode de fonctionnement de l’Union Européenne qui est visé: «si elle veut survivre, elle va devoir apprendre la discipline démocratique ou la liberté se vengera».

La revanche n’est pas non plus le remède: «Ceux qui veulent "Faire payer le #UK"... Continuez les gars, ça a tellement bien marché avec le traité de Versailles... ».

Vu de la twittospère le Brexit fait éclore une attente d’union. Celle-ci s’étend à la visite d’Emmanuel Macron en Guyane. Ce dernier s’insurge, la Guyane n’est pas une île, elle est et reste unie à la France.

La Guyane unie à la France

Si les tensions sociales sont vives lors du déplacement du candidat, si l’emploi du terme «île» suscite de la colère, les réseaux sociaux réagissent mais demandent l’union et expriment leur soutien à ce «territoire "relégué" de la République, aujourd'hui comme hier».

Ils vont jusqu’à préconiser que cette union s’étende à l’ensemble des territoires d’outre-mer, et critiquent l’attitude des «Antillais qui rabaissent la Guyane au lieu de les soutenir face au mépris de l'État français».

Dans ce contexte, le terme indépendance revêt un caractère particulier. Et si finalement c’était à une véritable union que l’on aspire: «la Guyane et tout l'outre mer dont la Nouvelle Calédonie ont besoin de développement et non pas d'autonomie ou d'indépendance ».

Triste spectacle politique

Dans le domaine politique, la twittosphère ne cesse d’exprimer son attente d’un projet pour la France et la désunion de la gauche atterre. Le revirement de Manuel Valls décrivant, il y a peu, la primaire, comme «un formidable moyen pour recréer l’unité» désespère. Un parallèle s’installe alors avec les «reniements de Saint-Pierre».

Les twittos «pensaient voter pour l'union avant de se faire trahir à leur tour». Ils en déduisent que l’unité était factice et ne valait que «si c’était lui le candidat», et d’en conclure: «la primaire n'a fait qu'éveiller les instincts primaires des politiques et rendre "l'unité" secondaire».

Les soutiens de Benoît Hamon en prennent pour leur grade. Les «leçons d'unité et de loyauté des frondeurs qui ont cherché à renverser un gouvernement socialiste» sont disqualifiées. On souligne qu’«être incapable d'union en ce moment c'est se discréditer dans sa capacité à gouverner la France».

Quand la twittosphère aspire à la promesse d’un futur commun, les candidats français offrent en retour le triste spectacle des unions de circonstances. Pour les twittos, la désunion généralisée ne profitera «certainement pas à ceux qui veulent un futur désirable et l'avenir en commun».

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