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Les Québécois sont-ils «une grosse gang de malades»?

Repéré par Jean-Laurent Cassely, mis à jour le 29.03.2017 à 15 h 51

Repéré sur McLean's, La Presse, Huffington Post Québec

Un universitaire a été contraint de démissionner après une tribune accusée de Québec-bashing.

Une tempête de neige à Montréal, décembre 2015. AFP PHOTO / Marc BRAIBANT

Une tempête de neige à Montréal, décembre 2015. AFP PHOTO / Marc BRAIBANT

C’est l’histoire d’une tribune sur les conséquences d’une tempête de neige au Québec qui s’est rapidement transformée en ce qu’en bon français de l'internet on qualifie de «shitstorm» (ou encore «tempête de caca»). Professeur à l’université McGill de Montréal, Andrew Potter a dû platement s’excuser et même démissionner de la direction de l’Institut d'études canadiennes de McGill après une tribune parue dans la presse canadienne anglophone sur les conséquences d'une tempête de neige qui s'est abattue sur la province à la mi-mars.

Dans l’article, l’universitaire revenait sur les cafouillages qui ont abouti au blocage de 300 voitures sur l'autoroute 13 de Montréal. Durant la nuit de mardi 14 à mercredi 15 mars, des automobilistes sont restés coincés sur l’autoroute faute d’une organisation des secours à la mesure de l’événement. Des camionneurs sont accusés d'avoir refusé qu’on remorque leur camion, obstruant la chaussée.

Le gouvernement a depuis présenté ses excuses, et la Sûreté du Québec a lancé une enquête. C’est dans ce contexte houleux qu’Andrew Potter a publié sa tribune en anglais dans le magazine McLean’s, intitulée: «Comment une tempête a exposé le vrai problème québécois: le malaise social».

Québécophobie

Pour l’auteur, les dysfonctionnements des autorités expliquent une partie de la situation, mais «le plus inquiétant demeure qu'elle révèle un malaise social qui ronge les fondations de la société québécoise.» Selon lui, la manière dont les automobilistes et les policiers ont agi illustre l’absence de solidarité au sein de la société québécoise, qu’il oppose au reste du Canada:

«Comparativement au reste du pays, la société québécoise est presque aliénée pathologiquement, démontre un faible niveau de confiance et est déficiente dans plusieurs formes d'interaction sociale que d'autres Canadiens tiennent pour acquis.»

Le texte a récolté la colère des Québécois. Les parlementaires du Bloc québécois dénonçant un «Québec bashing» et une «québécophobie», se plaignant que les Québécois soient dépeints dans le texte comme «une gang de fous». Un ancien député du Parti québécois, Bernard Drainville, a publié un texte ironique sur Facebook se demandant si «Les Québécois [étaient] une grosse gang de malades?» Même le Premier ministre du Québec, qui avait dû s’excuser pour la gestion des conséquences de la tempête de neige, a condamné la tribune.

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