France

VIDEO. Nicole Ferroni s'interroge sur le sens d'un ralliement à Emmanuel Macron

Repéré par Emeline Amétis, mis à jour le 29.03.2017 à 13 h 49

Repéré sur France Inter

Et notamment celui de François Bayrou.

Si Nicole Ferroni a commencé sa chronique matinale sur France Inter en s’amusant avec ironie d’une camaraderie qu’elle entretiendrait avec François Bayrou, le récit de l’humoriste a rapidement basculé dans le tacle à l’homme politique centriste: le «fils de paysan béarnais» soutient depuis le candidat à la présidentielle Emmanuel Macron, un homme qu’il avait un jour qualifié de «candidat de la banque Goldman Sachs».

Une annonce qui a visiblement surpris la chroniqueuse qui s’en est émue à l’antenne:  

«Alors monsieur Bayrou, comme ça on soutient Macron?! Mais permettez moi de m’esclaffer quand je vois que vous donnez votre soutien à un conseiller financier, une espèce de banquier, pour sauver notre pays. Mais comme si les banquiers pouvaient sauver autre chose que leurs fesses… Est-ce que l’Argentine en 2001 vous a paru sauvée par le FMI? Est-ce que la Grèce depuis 2010 vous paraît sauvée par le FMI? Si c’est ça que vous appelez des sauvetages, ce ne sont pas des sauvetages en mer mais des sauvetages emmerdes. Des sauvetages qui créent plus d’emmerdes que ce qu’ils ne parviennent à en régler», débite l’humoriste.

Et elle continue en expliquant pourquoi François Bayrou doit dire non à Macron.

«Donc non, il faut dire non à Macron, comme l'Equateur au FMI, non merci monsieur le banquier, retournez derrière votre guichet, car si quelque chose a de l'intérêt, c'est notre futur et pas la dette. Et de retour à la maison, vous me direz: “Nicole, mais vous êtes folle par votre vision naïve, vous coulez la France. En critiquant Macron, c'est vous la maquerelle”. Et je vous répondrai: “quoi François, mais comment osez-vous? Si seulement, vous pouviez mettre à votre cœur aussi peu d'austérité que la politique en Equateur, vous sauriez que ce petit pays a vu son taux de croissance grimper de 4%, là où la France, nous peinons à en avoir deux, que son taux de chômage est passé sous la barre des 5 quand le nôtre a passé la barre des 10.” Alors oui, aujourd'hui l'Equateur est en crise, mais n'est-ce pas aussi le cas de nos sentiments? Et ainsi Macron de notre histoire en pâtirait, voire en partirait. Nous n'aurions pas d'autre choix Monsieur Bayrou que de quitter la France.»

Avant de soumettre l'idée qu'il faut que ce soit Emmanuel Macron qui parte, car Nicole Ferroni et François Bayrou «aiment la France», souligne l'humoriste:

«Ce serait à lui de partir. Pour ne pas être complètement en porte-à-faux avec le soutien que vous avez apporté à monsieur Macron, il faudrait ruser et donc le mettre de façon diplomate dehors. Alors vous l'amèneriez chez vous au bord des Pyrénées, vous le tourneriez vers le sud et vous lui diriez: "Écoute Emmanuel, je trouve que cette histoire d'En Marche est une merveilleuse trouvaille, je n'ai jamais été autant convaincu par un programme que par le tien, donc surtout, vas-y mets toi en marche tout droit vers l'Espagne, à la frontière ne t'arrête pas et va donc manger des tortillas.»

Macron est-il vraiment le candidat du renouveau, s'interroge-t-elle. 

«Ne vous inquiétez pas pour le renouveau, c’est aussi un terme utilisé par M. Fillon au Trocadéro ou par Madame Le Pen lors de sa première conférence présidentielle, alors que tous deux sont maintenant inquiétés par la justice pour emplois fictif. Donc le vrai renouveau du renouveau, n’est-ce pas le mettre en marche lui aussi mais en marche loin de nous, loin de vous. Et ainsi, je ne vous promets pas une histoire plus belle mais une histoire plus saine», conclut-elle.

Ce, alors que Manuel Valls vient aussi de se rallier aux candidats d'En Marche!. Et que l'ancien ministre avait critiqué le manque de «loyauté» d'Emmanuel Macron, l'avait accusé de «populisme», et estimé qu'il «serait absurde» de vouloir effacer les différences entre droite et gauche. «Je prends mes responsabilités, a-t-il expliqué sur BFM-TV et RMC ce mercredi 29 mars. Ce n’est pas une question de cœur, mais une question de raison.»  Provoquant de nombreuses critiques dans son camp qui redoute l'implosion du parti.

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