L'arnaque grecque
La zone euro peut faire face au surendettement grec, mais gare à l'Irlande ou pire l'Espagne.
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La Commission européenne a finalement approuvé mercredi 3 février le plan d'économies de la Grèce, mais va mettre le pays sous une surveillance d'une ampleur sans précédent afin de s'assurer qu'il prendra les mesures qui s'imposent pour résoudre sa crise budgétaire. Bruxelles a en parallèle annoncé l'ouverture d'une procédure d'infraction contre Athènes pour ses statistiques de déficits et de dettes truquées, pouvant déboucher sur à une amende ou une saisie de la Cour de justice européenne.
«Nous appuyons le programme» grec de stabilité, dans lequel Athènes a détaillé les mesures prévues pour réduire son déficit, a déclaré le commissaire européen aux Affaires économiques, Joaquin Almunia. Mais, «la façon d'aider, ce n'est pas seulement d'applaudir, c'est de mettre en place un instrument de surveillance et de suivi de l'application de ce programme», a ajouté M. Almunia, en expliquant que le plan grec serait soumis à une surveillance inédite. «C'est la première fois que nous mettons en place un système de surveillance aussi intense et quasi-permanent, mais c'est nécessaire», a-t-il ajouté.
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Si quelqu'un doit 1 000 euros à sa banque, il a un problème. Si quelqu'un a une dette de 270 milliards d'euros, c'est la banque qui a un problème. Et la banque, c'est l'Europe. La blague s'applique aujourd'hui à la Grèce, mère patrie de la déesse Europe, entrée en 2006 dans l'euro, au grand désespoir de beaucoup.
Avant de se qualifier à l'euro, Athènes a fait subir à ses comptes publics tous les bains et jets possibles de la thalasso comptable. Pour faire mincir la proportion de dette à des niveaux acceptables pour Maastricht, les Grecs ont gonflé le PIB (Produit intérieur brut) en lui intégrant le marché noir et les recettes estimées des prostituées. Dans l'autre sens, beaucoup de dépenses ont été mises sous les tapis d'Orient. Résultat? Un PIB «remonté» de 25%. Gagné: les Grecs ont eu l'euro et ont continué de recevoir les milliards d'aides de Bruxelles pour percer des autoroutes et subventionner les cultivateurs d'oliviers.
Le subterfuge n'a été découvert que plus tard, complètement par hasard. Les autres Européens ont alors fermé les yeux, moitié parce qu'ils se sont trouvés benêts d'avoir été grugés aussi facilement, moitié parce que la Grèce, c'est l'ancêtre Europe. On pardonne tout à sa grand-mère.
Mais quand, en octobre dernier, à l'occasion de l'entrée du nouveau gouvernement Georges Papandréou, les statistiques de dette ont été révisées, d'un coup, de 6,5% du PIB à 12%, les européens ont mal supporté. Dans leur gorge, le noyau d'olive s'est bloqué. Déjà, Francfort toussait de voir les gouvernements successifs ne rien faire contre des déficits doubles des règles maastrichiennes (6,8% du PIB en moyenne de 1991 à 2007 au lieu des fameux 3%) mais voilà que les chiffres étaient encore truqués! Et cela ne semblait pas plus émouvoir M. Papandréou que ses prédécesseurs puisqu'il a repoussé ces dernières semaines les demandes de Bruxelles de présenter un «plan de redressement».
Aujourd'hui, le gouvernement affiche un déficit de 12% et une dette qui atteint 100% du PIB mais peut-on le croire? Pas les marchés. La mauvaise ambiance qui y plane après Dubaï et face aux perspectives médiocres de la reprise mondiale, les ont poussés à reconsidérer, un à un, tous les comptes des Etats. Et la Grèce, bien que dans l'euro, a été montrée du doigt. Les taux d'intérêt sur les bons du trésor grecs ont grimpé et plus encore le coût des garanties sur un «défaut» du gouvernement sur sa dette. Standard & Poors a mis le pays sous surveillance, lundi 7 décembre. L'agence de notation Fitch a annoncé, mardi 8 décembre, abaisser la note des emprunts publics grecs de A- à BBB+.
Dubaï a Abou Dhabi, la Grèce a Bruxelles. Le risque reste modéré. Pas de panique. En février dernier, on avait déjà craint un danger grec ou italien, qui aurait menacé l'existence même de l'euro. Mais l'incendie avait été vite éteint par les déclarations de Jean-Claude Juncker, président de l'Euro groupe, confirmées par celle de Peer Steinbrück, le ministre allemand des finances de l'époque : «nous ne laisserons pas tomber un membre de la zone euro». Les marchés avaient retrouvé leur calme.
La nervosité retrouvée aujourd'hui reste relative. Le scénario d'une «défaillance» d'Athènes est exclu. Au sein de la Banque centrale européenne (BCE), le débat ne semble pas définitivement clos sur l'automaticité du secours porté aux Etats surendettés, en tout cas sur les modalités et les conditions, puisque rien n'est prévu dans les traités, comme le rappelle Laurence Boone de Barclays Capital, mais les déclarations Junker-Steinbrück semblent néanmoins faire jurisprudence.
Pour autant, les risques de tempête ne sont pas évacués. Le premier ministre Papandréou s'est cette fois engagé, mercredi 9 décembre, à prendre «toutes les mesures en notre pouvoir pour maîtriser l'énorme déficit et restaurer la stabilité des finances publiques». Mais Bruxelles et les créanciers attendent un plan détaillé crédible et ils seront désormais moins naïfs sur la qualité des statistiques. Papandréou a dit que la souveraineté de l'Etat grec était menacée pour la première fois depuis le retour à la démocratie en 1974 mais il est trop tard, il s'agit bien de ça. On peut dire qu'Athènes est mise sous contrôle. Les Européens vont exiger des mesures d'austérité drastiques, comme le FMI en a imposées à la Lettonie: réduction des pensions de retraites de 10%, relèvement des impôts, TVA sur les revenus de capitaux, etc...
Dans l'immédiat, deux autres dangers occupent les esprits, ajoute Laurence Boone. Que les banques grecques n'arrivent plus à se financer auprès de la BCE et que les autres banques européennes qui servaient d'intermédiaire se retrouvent surchargées (beaucoup d'Allemandes seraient dans ce cas, dit-on). La prochaine réunion de la BCE, le 17 décembre, aura un menu grec. Et qu'un autre pays défaille de la même manière, l'Irlande ou, pire l'Espagne. Car les sommes en jeu seraient alors nettement supérieures et la jurisprudence Junker-Steinbrück pourrait être remise en cause. La zone euro n'est pas complètement à l'abri. En automne soufflait dans la Grèce antique un mauvais vent d'est, il avait nom Euros.
Eric Le Boucher
Lire également: En Grèce, le pouvoir politique est aux mains de trois familles et Dubaï, le Lehman brothers du Golfe persique.
Image de Une: Le siège de la banque centrale de Grèce à Athènes Yiorgos Karahalis / Reuters
Mis à jour le 03/02/2010 à 16h15












































La Grèce n'est pas entrée dans l'euro en 2006 mais en 2002!!!!!
En fait, ni en 2006, ni en 2002 mais le 1er janvier 2001 : http://en.wikipedia.org/wiki/Eurozone#Members
Entièrement d'accord sur la fin de l'avant-dernier paragraphe. Plutôt que les sanctions financières actuellement prévues, les pays mal gérés devraient voir leur économie mise sous tutelle. Les dirigeants "potentophiles" ne devraient pas apprécier, et c'est le but.
Ou est DSK ????????????????
Il s'agit d'un pays qui a quand même besoin de l'aide du FMI compte tenu qu'il est presque en faillite.
La GRECE c'est l'Europe et au lieu de donner de l'argent à des pays comme la Palestine dont les sommes sont détournées nous devrions aider ce pays européen à se sortir de cette mauvaise passe.
L'Espagne n'a rien a voir avec l'Irlande ce sont deux cultures économiques différentes
L'Irlande à servi de porte avion à toutes les entreprises internationales pour deverser leurs produit en Europe et en plus l'Irlande était subventionné.
Aujourd'hui le modèle libérale subventionné par les européens à fait faillite en Irlande
Les Espagnols sont propriétaire à 90% et compte tenu que ce pays à quand même le tourisme comme valeur ajouté et de plus en plus de français passe un week-end en Espagne pour faire la fête et faire leur course car les prix sont beaucoup moins chere qu'en France
Pour l'Italie,il faut sortir des clichés véhiculés par TF1 car ce n'est pas la vrai Italie
J'ai connu l'Italie en 1979 et en 2008 et je peux dire que c'est un pays moderne et créatif et que la dette c'est l'investissement qui apportera des rentrées demain dans les caisses
Vous pouvez être inquiet pour l'Irlande car à pars U2 ils n'ont rien de créatif et n'ont R.I.E.N
Je vis en Grèce depuis des années. Je suis bien placé donc pour commenter les changements qui ont eu lieu dans ce pays depuis son entrée dans l’UE.
Côté positif on peut dire que la Grèce a progressé économiquement depuis son entrée, comme l’Irlande et le Portugal. Les Jeux Olympiques ont vu eux aussi apporté des progrès dans le domaine des équipements – aéroport d’Athènes, stades, tramway. Le PIB a progressé depuis des années plus vite qu’ailleurs en UE – partant bien sûr d’une base plus basse.
Côté négatif, de l’avis des Grecs eux-mêmes et les étrangers qui y habitent, la Grèce n’est plus ce pays charmant et accueillant d’antan où il était inutile de fermer sa porte à clef le soir et où la vie se déroulait à vitesse d’âne en ce qui concerne les mentalités du moins.
Bref, la Grèce est devenue un pays comme les autres !
Sauf dans le domaine politique et économique. Les politiciens et souvent les administrateurs mal payés de tous bords sont corrompus et ont détourné pas mal de l’argent fourni par l’UE.
40% du PIB provient des activités non déclarées !
Exemple : quand on achète une maison il y a le prix officiel déclaré au fisc et le prix réel. Ce système est institutionnalisé à un tel point que les banques vous prêtent à un taux plus bas pour la partie déclarée, et donc hypothécable, et un taux plus élevé pour le reste ! J’imagine bien la stupeur d’un banquier français si l’on lui demandait la même chose.
On a le système qu’on mérite et les grecs, stoïques peut-être, vivent en complicité avec leur état car ‘s’ils eux ils peuvent tricher alors moi aussi ! ‘
Dans l’île ou j’habite on assiste à de drôles de choses. On construit des belles routes avec l’argent de l’UE que personne n’utilise car elles commencent et finissent nulle part, ou presque. On souffre de fréquentes coupures de l’électricité et un nouvel apport en électricité avec des massifs pilons partout a été mis en place – mais sans fils. La dernière merveille est un système d’apport en eau douce avec réservoirs et canalisations en profondeur – qui n’a jamais vu passé un litre d’eau. Les bateaux d’approvisionnement en eau potable auront encore du travail en 2010 !
Si l’UE a été bon pour la Grèce, on ne peut pas dire autant pour l’Euro. Il est communément accepté aujourd’hui par tout le monde que le gouvernement grec a falsifié les chiffres pour rentrer dans l’Euro. Le mystère est pourquoi !
Depuis son arrivée les prix n’ont cesse de s’aligner sur ceux des autres pays de l’Euro. Mais les salaires non. Contrairement à des idées reçues, le Grec n’est pas fainéant (même si il donne parfois l’air !). Souvent le Grec moyen a deux ou trois emplois : typiquement le matin (07h00 à 14h00) il est fonctionnaire (45% de la population salariée), l’après-midi il est bricoleur (au noir) et le soir barman (pareil). D’où de vastes sommes en argent liquide dans économie.
Par contre on ne paie pas beaucoup d’impôts par rapport à d’autres pays. Je dis bien ‘on ne paie pas’. Les taux d’imposition sont similaires à ceux de la France mais avec 40% du PIB au noir la recette est évidemment moindre. Le Grec ne paie rien, ou peu, et il ne reçoit rien ou peu !
C’est leur pays et c’est comme ça. Et ils s’en sortaient pas si mal jusqu’à maintenant.
Aujourd’hui leur problème, comme pour nous tous, c’est qu’on ne vit pas en autarchie mais dans un contexte européen. Il y a des comptes à rendre et aucun gouvernement grec n’aura le courage de le faire honnêtement. Les récentes émeutes ne sont qu’un présage.
Mais j’adore ce pays et à mon âge (un peu avancé) je ne vivrais nulle part ailleurs quitte à voir mes impôts doubler ou tripler ! Dans tous les cas c’est ce qui va se passer.
Espérons que pour une fois l’argent collecté ira là où il en faut – dans le système éducatif (aujourd’hui à 3.9% du PIB seulement), dans les retraites et dans l’infrastructure.
Une vraie révolution des mœurs quoi !
Beau témoignage.
Un commentaire affirme qu'il vaut mieux donner à la Grèce qu'à la Palestine où une partie de l'argent est détourné!! bien sûr les Grecs sont des enfants de choeur, plus honnêtes qu'eux il n'y a pas, ils se sont simplement trompés dans leurs calculs de déficit, et ils sont en guerre aussi avec, avec,.... ah oui peut-être les Turcs! pauvres gens!
Et bien sûr, l'Italie est un pays plein d'avenir, grâce à la Mafia sans doute et l'Espagne à tout détruit avec son immobilier dément, mais c'était pour le bien des Français! je rêve, enfin, façon de parler, c'est plutôt un cauchemar§