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En Suède, de jeunes réfugiés en voie d'expulsion tombent mystérieusement dans le coma

Temps de lecture : 2 min

Les médecins suédois qualifient cette étrange maladie –qui touche les enfants– de «syndrome de résignation».

Un enfant réfugié russe malade après avoir appris que sa famille pourrait être expulsée, à Stockholm en avril 2004. JAN D. SING/AFP.
Un enfant réfugié russe malade après avoir appris que sa famille pourrait être expulsée, à Stockholm en avril 2004. JAN D. SING/AFP.

Depuis le début des années 2000 en Suède, environ quatre cent enfants sont tombés dans un étrange coma de longue durée après avoir appris que la demande d'asile de leur famille était refusée. Les médecins parlent de «syndrome de résignation», une maladie qui n'existe apparemment qu'en Suède chez les réfugiés.

«Les patients n'ont aucune maladie physique ou neurologique sous-jacente, mais ils semblent avoir perdu la volonté de vivre», écrit la journaliste Rachel Aviv dans The New Yorker.

Presque tous ces enfants –âgés entre 8 et 15 ans– sont originaires de l'ex-URSS et de l'ex-Yougoslavie, et beaucoup sont Roms ou Ouïgours. L'article du New Yorker suit notamment l'histoire de Georgi, qui avait vécu en Suède pendant plus de six ans avant d'apprendre que sa famille devrait repartir en Russie. Après avoir appris la nouvelle, il a cessé de parler, de bouger et de s'alimenter.

L'asile pour traitement

En 2005, plusieurs enfants ont été expulsés du pays alors qu'ils étaient encore dans le coma. Après des vagues de protestation, le ministère des Migrations a cessé les expulsions de ces enfants apathiques. Un manuel écrit par un comité officiel de médecins explique que le traitement le plus efficace pour ces enfants est l'obtention de l'asile. Ils s'appuient notamment sur le travail du sociologue Aaron Antonovsky qui explique que la santé mentale dépend d'un certain «sentiment de cohérence», soit l'impression que votre vie est prévisible et ordonnée.

Deux semaines après avoir appris que sa famille pouvait rester, Georgi a progressivement commencé à revenir à la vie, une guérison qui est arrivé à de nombreux autres enfants réfugiés.

«Effrayés à mort»

Ce n'est pas la première fois que de telles maladies touchent des groupes de réfugiés traumatisés, explique Rachel Aviv:

«Dans les années 1980 aux États-Unis, des réfugiés laotiens en bonne santé allaient se coucher, pleuraient au lit et ne se réveillaient pas. Les docteurs avaient conclu que leurs cauchemars les avaient en quelque sorte effrayés à mort. Au même moment, en Californie, 150 femmes cambodgiennes qui avaient vu des membres de leurs familles torturés sous le régime de Pol Pot, sont devenues aveugles. Les enfants apathiques incarnent des blessures psychiques de manière également littérale: ils se sentent complètement impuissants, et ils deviennent complètement impuissants.»

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