Monde

Au Japon, la folle recherche du fruit parfait laisse des notes très salées

Repéré par Vincent Manilève, mis à jour le 28.03.2017 à 12 h 25

Repéré sur Roads & Kingdoms

Un melon peut ainsi coûter aussi cher qu’une voiture.

Des melons japonais de luxe. | Bobak Ha'Eri via Wikimédia CC License by

Des melons japonais de luxe. | Bobak Ha'Eri via Wikimédia CC License by

Il y a quelques jours, l'une de nos collègues rentrait du Japon. Au milieu de son émerveillement pour la culture japonaise, elle a notamment été interpellée par une étale de fruits. Elle y a remarqué un melon, parfaitement rond certes, mais dont le prix atteignait 3.980 yens, soit 33 euros environ. Un prix surréaliste pour nous autres Français, mais qui est tout à fait normal au Japon.

Comme le raconte le site Roads & Kingdoms, en collaboration avec Slate.com, le fruit peut atteindre là-bas aux enchères 25.000 euros la paire, soit le prix d'une voiture. Mais pourquoi de tels tarifs? Bianca Bosker, auteure du papier de R&K, a décidé d'enquêter sur le sujet et s'est tournée immédiatement vers Sembikiya, producteur de fruits de luxe dont les fruits peuvent coûter une vingtaine de dollars à l'unité (19 dollars pour une pêche et 24 dollars pour une pomme Sekai-ichi).

Meilleur goût

80% des clients de la boutique offrent ces fruits à des proches; il faut dire que ces fruits, pour beaucoup importés, sont d'une incroyable qualité, aussi bien esthétique que gustative. Au-delà du prix de l'import, un responsable de Sembikiya a expliqué à Bosker que les Japonais sont très exigeants sur la qualité et que son entreprise ne faisait que répondre à cette demande en produisant les fruits, et les melons en premier lieu, dans des conditions exceptionnelles. «Seulement 3% d'une récolte peuvent être qualifiés», écrit la journaliste.

Une explication intéressante mais qui ne lui suffit pas. Pour mieux comprendre ce culte voué aux fruits parfaits, il faut regarder en arrière et fouiller dans la culture japonaise, période Tokugawa. «Les marchands riches étaient en concurrence pour acheter avant l'autre les premiers produits de la saison, hashiri. Se jeter sur le thon inaugural de l'année ou sur quelques raisins ne donnait alors pas seulement le droit de se vanter: la première récolte de la saison était aussi réputée pour avoir meilleur goût que la nourriture qui a suivi.» Les melons coûtant plusieurs dizaines de milliers de yens s'inscrivent parfaitement dans la lignée hashiri.

Après sa visite de Sembikiya, l'auteure de l'article s'est offert une mini dégustation de fruits de luxe à 22 dollars. Et force est de constater que, bien longtemps après son retour aux États-Unis, elle repense encore à ces fruits à la beauté et au goût divin.

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