Monde

Qui faut-il blâmer pour l'échec de la réforme de la santé de Trump?

Temps de lecture : 2 min

Les Républicains cherchent des responsables après l'incroyable échec qui était censé enterrer l'Obamacare.

Paul Ryan et Donald Trump, le 16 mars 2017, à Washington. SAUL LOEB / AFP
Paul Ryan et Donald Trump, le 16 mars 2017, à Washington. SAUL LOEB / AFP

Donald Trump avait adressé vendredi un ultimatum aux parlementaires pour faire passer sa réforme de la santé, mais ça n'a pas suffi. Trois jours après que les Républicains ont préféré retirer leur projet de loi plutôt que de le voir rejeter, les doigts pointent vers différentes directions.

Le parti de Donal Trump dispose d'une confortable majorité à la Chambre des représentants et au Sénat. De quoi normalement faire aisément passer la première réforme majeure, qui aurait démantelé l'Obamacare. Une loi contre laquelle les Républicains se battent depuis sept ans déjà. Mais ça n'a pas suffi.

L'heure est donc à la recherche des fautifs, «une tradition» à Washington, selon le New York Times. Et visiblement, explique le quotidien new-yorkais dans son infographie, chacun semble avoir sa petite idée de qui est responsable publiquement, mais aussi en privé.

Donald Trump, par exemple, blâme les Démocrates qui n'ont rien fait pour l'aider, et plusieurs groupes conservateurs, dont l'House Freedom Caucus, l'aile la plus conservatrice du parti. En privé, Donald Trump s'en prend à Paul Ryan, président de la Chambre des représentants, qui n'a pas réussi à unifier le parti.

«En privé, le président a dit qu'il regrettait d'avoir suivi le plan de Paul Ryan qui consistait à mener la réforme de la santé avant une refonte fiscale, une autre de ses priorités législatives.»

Paul Ryan, lui, s'en prend en privé au Freedom Caucus, qui attaque publiquement le président de la Chambre. Pour eux, le projet de loi n'allait pas assez loin, et ils expliquent qu'ils auraient préféré avoir été consultés plus tôt lors de l'élaboration du projet de loi.

Une galaxie républicaine éclatée

Les Républicains les plus modérés, qui n'ont pas souhaité voter pour ce projet de loi (car eux estimaient qu'il était trop à droite afin de séduire le Freedom Caucus) s'en prennent publiquement au groupe parlementaire issu du Tea Party, mais aussi en privé à Donald Trump.

Enfin, et c'est assez important pour comprendre l'atmosphère qui règne en ce moment dans le milieu conservateur, les médias s'en prennent eux à Paul Ryan. Ils avaient d'ailleurs très vite surnommé le projet de loi «Ryancare», et certains comme Breitbart s'étaient vite prononcés contre. Mais Breitbart est loin d'être seul dans ce combat.

The Hill soulignait avant le vote (tout comme le Guardian) que la presse conservatrice était vent debout contre ce projet. Il faut dire que comme l'explique Vox, «s'en prendre à Ryan est facile» quand on est Breitbart, puisque Steve Bannon ne l'a jamais vraiment aimé. D'ailleurs, Breitbart a vite publié un article affirmant que le Parti républicain cherchait à remplacer Ryan en tant que président de la Chambre des représentants.


Le signe ne trompe pas: Jeanine Pirro, proche de Trump, a appelé à la démission de Paul Ryan. Quelques heures plus tôt, Trump avait appelé ses abonnés à suivre son émission.

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