Monde

Un complotiste pro-Trump s’excuse d’avoir propagé la théorie du Pizzagate

Repéré par Grégor Brandy, mis à jour le 27.03.2017 à 11 h 35

Repéré sur The Hill, The Washington Post

Alex Jones, chef d'InfoWars, a finalement fait marche arrière dans l'affaire de cette pizzeria de Washington accusée d'être un repère pédophile Démocrate, pile au moment où des poursuites judiciaires auraient pu être entamées.

Alex Jones | Sean P. Anderson via Flickr CC License by

Alex Jones | Sean P. Anderson via Flickr CC License by

C'est assez rare pour le souligner: un conspirationniste notoire, Alex Jones, fondateur du site InfoWars, s'est excusé pour avoir propagé une théorie complotiste.

On ne parle pas du fait qu'il a assuré qu'aucun enfant n'était mort dans le massacre de l'école élémentaire de Sandy Hook, que l'attentat du marathon de Boston était une fausse attaque, qu'Hillary Clinton était possédée par un démon, ou que des briques de jus d'orange rendent les enfants homosexuels. Alex Jones, «le complotiste qui parle à l'oreille de Donald Trump», et dont Donald Trump se fait parfois l'écho, s'est excusé d'avoir propagé le Pizzagate: une théorie selon laquelle une pizzeria de Washington, le Comet Ping Pong, abritait un réseau pédophile impliquant plusieurs cadres du parti démocrate, dont l'ancien directeur de campagne d'Hillary Clinton, John Podesta.

«Dans notre commentaire sur ce qui est ensuite devenu le Pizzagate, j'ai fait des remarques sur M. Alefantis qu'avec le recul, je regrette, et pour lesquels je souhaite m'excuser auprès de lui. [...] De ce que je sais aujourd'hui, ni M. Alefantis, ni son restaurant, le Comet Ping Ping, n'étaient impliqués dans un quelconque trafic d'êtres humains comme le voulaient les théories sur le Pizzagate qui étaient écrites dans plusieurs médias à l'époque, et que nous avons commentées.»

 

Pour se justifier, Alex Jones explique qu'il s'appuyait alors sur des sources tierces et des reporters qui ne font plus partie aujourd'hui de son équipe. Jones assure s'être distancé de cette théorie dès décembre 2016 et avoir supprimé les articles et extraits de son émission de son site, mais ce n'est qu'aujourd'hui qu'il s'est excusé publiquement pour son rôle dans cette affaire.

Pression judiciaire

Il faut dire que James Alefantis, le propriétaire du restaurant, avait exigé des excuses et une rétractions des faits avancés dans une lettre envoyée à Jones un mois plus tôt, et que la loi texane (où réside Jones) aurait pu l'amener à être poursuivi pour diffamation (et aurait pu exposer InfoWars à des dommages financiers s'il était reconnu coupable), s'il n'avait pas fait marche arrière ou s'était excusé avant vendredi 24 mars, note le Washington Post.

Reste que le propriétaire du restaurant a fait savoir via un porte-parole qu'il considérait toujours ses options judiciaires. En décembre dernier, un homme venu de Caroline du nord était entré dans le restaurant avec un fusil d'assaut armé et une arme de poing pour vérifier de lui-même les théories émises sur internet, et avait tiré à plusieurs reprises dans le restaurant, avant de se rendre, et de plaider coupable, vendredi 24 mars, continue le quotidien américain.

Pas sûr que cela ne calme même les plus grands fans de cette théorie complotiste. Même les plus fervents admirateurs du travail d'Alex Jones n'ont pas été dissuadés par ses excuses et ont choisi de manifester ce week-end pour que toute la lumière soit faite sur cette affaire.

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