France

Evasion fiscale: Eric Woerth aurait menti

Slate.fr, mis à jour le 09.12.2009 à 12 h 07

Eric Woerth, le ministre du budget, a-t-il menti en août sur la provenance d'une liste de 3 000 Français soupçonnés d'évasion fiscale. Il leur avait donné alors quatre mois pour déclarer les sommes d'argent qu'ils avaient placé sur un compte en Suisse à l'insu du fisc français.

Eric Woerth assurait alors avoir obtenu ces informations «de manière anonyme et sans contrepartie financière, par des déclarations d'établissements bancaires». Mais Le Parisien met en doute la véracité des propos du ministre: la liste proviendrait en fait d'un vol. Une partie de la liste des fraudeurs du fisc détenue par le ministère de l'Economie proviendrait d'un vol commis en août 2008 par un cadre de l'agence bancaire HSBC de Genève par Antoine, un cadre du service informatique de la banque. Celui-ci est aujourd'hui réfugié en France.

La banque a porté plainte. La Suisse a ouvert une enquête. La France, qui fait la sourde oreille, refuse pour l'instant de rendre aux Helvètes leurs données bancaires. Mieux, elle a mis en place une cellule d'enquête, composée pour partie d'agents des douanes, chargée d'analyser «plusieurs milliers de comptes» provenant du vol de l'ex-employé de la HSBC de Genève.

Le procureur de Nice est venu compliquer la donne. Eric de Montgolfier a ouvert cet été une enquête préliminaire alors secrète. Il soupçonne certains résidants de son ressort territorial d'avoir ouvert des comptes dans la banque genevoise pour blanchir de l'argent. Il réclame, à la cellule, les informations les concernant.

Contactée hier, la HSBC Private Bank de Genève confirme le vol mais assure, «en l'état de nos connaissances», qu'il ne concerne «pas plus de 10 clients» et que «les données concernées sont anciennes et pas de nature sensible». Du côté de Bercy, on se veut irréprochable. «On n'achète pas d'informations et l'on ne communique pas sur nos sources», assure-t-on.

Le procureur de Nice se refuse, lui, à tout commentaire «à ce stade de l'enquête». L'ex-employé de la HSBC, qui vit sous protection, se terre du côté de Nice.

Après les grands engagements pris dans la lutte contre les paradis fiscaux, les services fiscaux du monde ont les yeux tournés vers la France et les données potentiellement explosives que détient Bercy et veulent savoir si Paris les utilisera. Un pareil bras de fer a opposé il y a quelques mois le gouvernement américain aux banques suisses... qui ont fini par céder.

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Image de Une: HSBC, par Andrevruas sur Wikipedia

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