Monde

Réforme du système de santé: Donald Trump serait-il un piètre négociateur?

Repéré par Grégor Brandy, mis à jour le 24.03.2017 à 13 h 18

Repéré sur Quartz, The New York Times

Dos au mur, le président américain doit désormais lancer un ultimatum aux élus républicains pour qu'ils approuvent son projet.

Donald Trump dans un camion, devant la Maison Blanche, le 23 mars 2017. JIM WATSON / AFP

Donald Trump dans un camion, devant la Maison Blanche, le 23 mars 2017. JIM WATSON / AFP

Ce devait devenir une date symbolique. Ce jeudi 23 mars, sept ans après la promulgation de l'Affordable Care Act –plus connu sous le nom d'Obamacare, la réforme du système de santé américain, qui crée notamment une assurance santé universelle au niveau fédéral–, les Républicains devaient abroger la mesure honnie en introduisant à la place leur bébé, l'American Healthcare Act.

«Devaient», puisque le vote prévu a finalement été reporté, le parti n'ayant pas réussi à convaincre assez de parlementaires pour voter une loi, qui aurait dû être la première grande réforme de Donald Trump, explique Quartz.

«Ce projet de loi était la première législation majeure à être soutenue par la Maison-Blanche de Donald Trump, et le président a passé les deux dernières semaines à essayer de la vendre aux membres républicains du Congrès. Il a rencontré des élus individuellement, et en groupes, a organisé des soirées bowling à la Maison-Blanche, menacé et amadoué différentes personnes, et jusqu'à aujourd'hui, il semblait confiant sur le fait que ça allait passer.»

C'est peu dire que le report du vote n'arrange pas Donald Trump, qui comme le rappelle le New York Times, se vante régulièrement de sa capacité à négocier pour parvenir à ses fins.

L'ultimatum

Pour faire passer la loi, les Républicains ont besoin de 216 voix favorables. Or, ils comptent aujourd'hui 239 députés ayant le droit de voter. Mais selon Quartz, il en manquerait cinq à dix pour que le projet de loi soit adopté par la Chambre des représentants, et ça risque d'être compliqué tant il déplaît aux Américains, et au sein même de la majorité républicaine.

«Le parti est divisé entre les politiciens du Tea Party (le Freedom Caucus) qui veulent voir le projet de loi complètement abrogé, parce qu'ils veulent baisser les impôts et un gouvernement moins intrusif, et les Républicains plus traditionnels, inquiets que leur base électorale âgée voie sa situation se dégrader si le projet de loi est adopté.»

Résultat, Donald Trump leur a lancé un ultimatum. Soit ils regagnent le rang et votent son projet de loi de réforme de la santé, soit cette opportunité de se débarrasser de l'Obamacare disparaît, explique le quotidien new-yorkais. Le président de la Chambre des représentants, Paul Ryan a annoncé que Donald Trump aurait son vote, ce vendredi.

«Mais il a refusé de répondre aux questions des journalistes sur la façon dont il s'attendait à voir le projet de loi être adopté.»

Et comme l'explique le New York Times, même s'il venait à être adopté par la Chambre en l'état, le projet de loi sur la réforme de la santé aura encore du chemin à parcourir avant que Donald Trump ne puisse y apposer sa signature.

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