France

La parole des favoris contre le silence des «petits»

Temps de lecture : 2 min

Le débat réunissant les cinq candidats à la présidentielle les mieux placés dans les sondages a laissé les twittos sur leur faim. Et a fait ressortir l’inégalité de traitement vis-à-vis des autres prétendants.

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Fill via Pixabay

CONTENU PARTENAIRE - Cinq candidats déclarés pour l’élection présidentielle ont pris la parole mardi 21 mars sur TF1. L’émission a été regardée par 9,8 millions de téléspectateurs. Une audience très significative, témoignage d’une attente incontestable.

L’absence des candidats ne dépassant pas 10% dans les sondages actuels est d’emblée soulignée par trois des prétendants sur les cinq présents. Pour le regretter. Le constat réveille la twittosphère qui s’en empare pour stigmatiser un débat marqué par le silence des absents.

Le fait que « jamais un débat, réunissant les "favoris", n'avait été organisé avant le premier tour », en l’absence de ceux que l’on définit comme les petits candidats, a mobilisé un grand nombre de twittos. Ces derniers fustigent un « débat inégalitaire qui ne donne la parole qu'à 5 candidats sur 11 ».

Une forme de fronde numérique s’organise autour de la tendance #BoycottTF1, qui pousse un internaute à remarquer : « on ne connait même pas la voix des 6 autres ». Tentative de boycott infructueuse à en juger par l’audimat.

Le casse-tête du temps de parole

D’aucuns soulignent, ainsi que l’ont titré Le Monde ou Public Sénat, que le temps de parole «vire au casse-tête». Comment aurait-il été possible d’organiser avec 11 candidats un débat offrant « 10 min de temps de parole à chacun sur 2h d'émission ? »

L’ironie, mode coutumier d’expression sur twitter, reprend ses droits. Il en résulte un live-tweet où l’on disserte sur la gestion de son temps de parole par chacun. C’est l’occasion de commenter la progression du compteur des cinq favoris.

Souvent, François Fillon est en retard mais «croit peut-être qu'il en va du temps de parole comme des RTT et qu'il va pouvoir se faire payer les minutes non utilisées». Marine Le Pen, en avance, se «croit en meeting» et il est même suggéré à TF1 de «comptabiliser le sourire narquois».

Benoît Hamon gaspillerait son temps de parole «avec ses blancs interminables». Emmanuel Macron, lui, aurait «en supprimant ses "Je suis d'accord avec" et "Je partage cela", gagné 50% de temps de parole». Impossible de comptabiliser le temps de parole de Jean-Luc Mélenchon : «il lâche des punchline en vif»

Pas de débat de fond

Quant aux absents sur le plateau, ils demeurent néanmoins présents à l’esprit des twittos: «Petit point sur les temps de parole: #DupontAignan #Lassalle #Arthaud #Asselineau #Cheminade = 0 min c'est vrai il y a du retard…»

La twittosphère, qui attendait un débat de fond, ne se montre pas satisfaite. Les commentaires deviennent acides : «Si ils gèrent aussi bien le budget que leurs temps de parole on est pas sorti de l'auberge... » ; « en fait, c'est la pub qui a eu le plus long temps de parole, et qui a conclu. Spectateurs- consommateurs avant d'être électeurs! »

La parole accordée aux candidats s’est réduite à une norme comptable : le temps de parole. Comme si la parole donnée, l’engagement, avait perdu toute valeur.

Paroles, paroles, paroles… « le printemps, les promesses fleurissent. On verra si elles garderont leurs pétales une fois l'hiver passé ».

Fillon coaché par SMS

Seules émergeront les saillies de Jean-Luc Mélenchon : «j’admire votre pudeur de gazelle, la phrase de la soirée. Merci Mélenchon» ou encore: « " Laissez le PS débattre " lorsqu’Hamon et Macron discutent. Seul moment sympa du débat ». Elles n’acquerront cependant pas la force du fameux «Moi, Président de la République» de François Hollande cinq ans auparavant.

Le relatif mutisme de François Fillon agite la twittosphère. Découvrant le 22 mars qu’il était dû à sa lecture de SMS, envoyés par sa conseillère en communication, les twittos se déchaînent :

« Fillon a écrit durant les 3h30 de débat à sa communicante par SMS pour le conseiller » ; « Fillon s’est placé dans la position de la marionnette, actionnée via SMS par un ventriloque ». Et de s’interroger : «a-t-on le droit d’être coaché lors d’un grand oral ou d’un entretien d’embauche ? »

Slate.fr

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