Monde

Depuis les attentats de 2005, la Grande-Bretagne a fait de très gros efforts pour contrer la menace terroriste

Repéré par Grégor Brandy, mis à jour le 22.03.2017 à 19 h 01

Repéré sur The Guardian

Le pays a su tirer les leçons des attaques qui avaient coûté la vie à 56 personnes.

À Londres, près du Parlement, le 22 mars 2017. DANIEL LEAL-OLIVAS / AFP

À Londres, près du Parlement, le 22 mars 2017. DANIEL LEAL-OLIVAS / AFP

Au moins une personne a été tuée et plusieurs autres blessées, ce mercredi 22 mars, à Londres, en Angleterre, près du Parlement après une attaque à Londres. Un homme a fait irruption dans l'enceinte du Palais de Westminster, et poignardé un policier, avant d'être été tué par balles. Peu avant, un conducteur –peut-être le même homme– a renversé plusieurs personnes sur le pont de Westminster, dont des lycéens français originaires de Concarneau.

La police britannique a annoncé qu'elle traite cette attaque come «un acte terroriste jusqu'à preuve du contraire».

Depuis 2005, et les attentats qui avaient coûté la vie à 52 personnes (en plus des quatre kamikazes) et en avaient blessé près de 700 autres, la Grande-Bretagne a connu plusieurs attaques isolées. En 2013, deux extrémistes islamistes ont poignardé et tué un soldat britannique à Londres.

La même année, un étudiant suprémaciste blanc avait tenté de lancer une «guerre des races» en tuant un homme à Birmingham. En 2016, un autre homme a tué une membre du Parlement, aux cris de «Britain First»

Par ailleurs, en 2015, un homme a blessé trois personnes dans le métro londonien, en tentant de les poignarder, dans ce qui a depuis été qualifié «d'incident terroriste».

Comme l'explique Ewan MacAskill dans le Guardian, ce bilan reste peu élevé, quand on le compare à celui qu'ont connu des pays voisins comme la France, l'Allemagne ou la Belgique. Les services de renseignements britanniques assuraient au début du mois de mars 2017 avoir empêché l'exécution de treize attentats, en l'espace de quatre ans (dont une entre octobre et mars), et que 500 enquêtes anti-terrorisme étaient menées.

Tirer les leçons du passé et coopérer

Le journaliste spécialiste des questions de défense et de renseignements a plusieurs explications à cela. Tout d'abord, les services de renseignements britanniques ont beaucoup appris des attaques à la bombe perpétrées par l'IRA dans les années 1970, 1980 et 1990, et les services ont montré qu'ils étaient capables d'infiltrer des mouvements et de placer des gens aux plus hauts rangs.

Il existe également des raisons géographiques. Selon lui, il est également plus compliqué pour des djihadistes de rejoindre la Grande-Bretagne que l'Europe continentale, où il y a une plus grande liberté de mouvement.

Mais surtout après 2005, les services de renseignements britanniques ont été complètement réorganisés, leur rivalité a commencé à s'effacer et ils ont ainsi pu commencer à travailler ensemble de façon bien plus efficace. Ils ont arrêté de se concentrer tant sur Londres, et ont ainsi pu développer des réseaux d'informateurs un peu partout dans le pays.

Les trois principales agences ont par ailleurs vu leurs effectifs considérablement augmenter, et bénéficient de leurs liens avec les services de renseignements américains, et la NSA.

«Le MI6 laisse aussi entendre qu'il a infiltré l'État islamique. Alex Younger, le patron du service de renseignements, a expliqué qu'il allait porter le combat contre l'ennemi “en amont”.»

Toujours une menace

Par ailleurs, le Royaume-Uni a depuis voté certaines des lois les plus poussées en matière de surveillance. Des lois parfois contestées par les associations de défense des libertés.

Reste que malgré tout cela, le MI6 et son patron, Alex Younger, continuaient de considérer le terrorisme comme «la menace la plus immédiate pour le Royaume-Uni», et que cette menace n'avait jamais été aussi forte, rapportait la BBC en décembre 2016.

«Il a ajouté que l'EI possédait une “structure de planification externe d'attaques très organisée”, qui préparait des attentats contre le Royaume-Uni et ses alliés “sans jamais avoir à quitter la Syrie”.»

Deux mois plus tôt, en octobre 2016, le patron du MI5 expliquait, lui, que si les services de renseignements empêcheraient la plupart des actes terroristes, «il y aura des attentats terroristes dans le pays. Le niveau de menace est sévère, ce qui veut dire que c'est probable».

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