Parents & enfants

Une mère et deux pères, ou comment grandir dans une famille polyamoureuse?

Temps de lecture : 2 min

Une simple question d’organisation et beaucoup de communication. 

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On the road, capture d'écran YouTube.

Un jour, en visite chez une de ses amies, Ani, 4 ans, regarde les photos de famille et pose une bien étrange question: «Où habite ton autre père?» L'incident ne fera pas trop de vagues mais force sa mère à lui expliquer que, non, toutes les familles ne vivent pas comme eux. Car la mère d'Ani est polyandre. Elle a deux maris, Bapak, le père biologique de la jeune fille, et Papi. Ani raconte à Vice son enfance et adolescence dans une famille polyamoureuse.

Ils ont vécu une grande partie de leur vie en Indonésie, où la polyandrie est «extrêmement rare et tabou, la plupart des relations et des familles [étant] enracinées dans la monogamie au sexe opposé». Toute petite, Ani a appris à garder secrète l’existence de ses deux pères. Elle présentait ainsi Bapak comme son oncle pour éviter les questions embarrassantes. Depuis que sa mère et Bapak ont divorcé alors qu’elle était adolescente, Ani en parle plus librement: «Depuis que tu as rompu avec maman, je peux dire à tout le monde à propos de notre famille [rires]. Je m’en fous».

«Pendant que j'étais en Indonésie, je vivais avec Bapak, mais je restais avec Papi les week-ends»

Petite, la situation était pour Ani vécue comme un fardeau. Afin qu'elle puisse voir ses deux «pères», la famille était obligée d’organiser des visites, tel un couple divorcé. «Pendant que j'étais en Indonésie, je vivais avec Bapak, mais je restais avec Papi les week-ends.» Tout devient plus compliqué quand Papi a dû déménager à l’étranger pour son travail. À 6 ans, Ani décide de le suivre tout en s’engageant auprès de Bapak à revenir vivre avec lui en Indonésie quand elle aura 13 ans.

>> Ecoutez notre podcast sur une famille en trouple:


La mère d’Ani a toujours été convaincue que sa famille pouvait surpasser les «stigmates». Ani explique à Vice que sa mère était franche sur le sujet, annonçant directement au père de sa fille qu’elle ne pouvait s’engager qu’à un seul homme. À l’époque, ils ne sont pas mariés, lui étant catholique et elle musulmane. Ces parents s’y opposaient et la loi n’autorisait pas le mariage sans que l’un se convertisse à la religion de l’autre. Elle se marie avec Papi tout en étant avec Bapak. Ce n’est que des années plus tard qu’elle s’est mariée avec Bapak.

«Je ne connais pas les détails techniques, mais ils ont dit qu'ils avaient des certificats de mariage, un certificat les déclarait catholiques et un autre disait qu'ils étaient musulmans, peut-être que c'était possible à l'époque, c'est ce qu'on m'a dit», raconte Ani.

De l’organisation et beaucoup de communication

Quel est le secret de cette famille pas comme les autres? De l’organisation et beaucoup de communication. Ani se rappelle que, contrairement aux familles monogames, une discussion avait toujours lieu avant que la famille ne décide de quoi que ce soit, note le magazine américain, toutes décisions impliquant sa mère et ses deux pères.

Elle se souvient que pour vivre en «harmonie», ses pères étaient autorisés à voir d’autres femmes à la condition d’en parler ouvertement, rapporte Vice. «Quand Bapak a déménagé à l’étranger, il a commencé à sortir avec d’autres femmes, mais il en parlait librement. Cependant, Papi a toujours été juste avec ma mère.»

«Quand il s’agit de relation, sens-toi libre de sortir avec plus d’une personne à la fois. C’est bien, car tu as plus d’options. Une fois que tu es avec quelqu’un, tu peux décider qui est mieux pour toi», lui a toujours dit sa dire sa mère, la femme la plus ouverte d’esprit qu’elle a rencontrée fait savoir Vice.

Sans cet heureux trio, elle n’est pas sûre que sa famille aurait survécu confie-t-elle au magazine.

Slate.fr

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