Monde

Les cinq bonnes nouvelles de l'année 2009

Foreign Policy, mis à jour le 11.12.2009 à 17 h 09

Retour sur ce qu'il y a eu de positif cette année. Avec quelques petits bémols malgré tout.

Les émissions de carbone baissent enfin


La bonne nouvelle: La terre vient de prolonger son sursis. En septembre, l'International Energy Agency (IEA) a annoncé que les émissions de carbone avaient chuté de 2,6% en 2009, et ce dans le monde entier; la baisse la plus importante de ces 40 dernières années. Bien entendu, la crise économique en est la principale cause : cette dernière a ralenti l'activité industrielle. Mais l'IEA a également souligné l'effet positif des politiques d'efficacité énergétique mises en place par les Etats-Unis, l'Europe et la Chine. Depuis 2007, les émissions américaines ont chuté de 9% -la première baisse depuis un siècle; ces bons chiffres sont pour une large part dus à la diminution de l'utilisation du charbon. L'IEA estime que la récession nous permettra d'atteindre les objectifs de réduction des émissions avec beaucoup plus de facilité. Les effets les plus néfastes du changement climatique nous serons ainsi épargnés.

Oui, mais: quand l'économie repartira, les émissions de carbone leur emboîteront sans doute le pas, surtout dans deux puissances économiques en plein essor: l'Inde et la Chine. Le Sommet de Copenhague n'étant guère plus qu'un pétard mouillé, les dirigeants du monde ne semblent pas disposés à passer les régulations internationales permettant de prolonger cette embellie.

Al-Qaïda est fauchée


La bonne nouvelle: En juin dernier, Mustafa Abu al-Yazid, numéro 3 d'Al-Qaïda, a mis en circulation une cassette audio de son cru. Au lieu de prêcher pour le jihad international ou pour la propagation de leur idéologie, ce dernier choisit de consacrer la majeure partie de son discours à la préoccupation constante de toute organisation digne de ce nom: l'argent. «Nous qui sommes sur le champ de bataille en Afghanistan, nous avons de gros problème d'argent et nos opérations manquent d'efficacité à cause du manque d'argent. Beaucoup de moudjahidines ne peuvent pas prendre part au jihad à cause du manque ou de l'absence d'argent», explique-t-il. Les autorités ont appris à remonter les financements terroristes jusqu'à leur source; elles les interrompent avec de plus en plus de facilité. Par ailleurs, la crise financière à mis à mal certains des mécènes d'Al-Qaïda, notamment dans le Golf Persique.

Oui, mais: David Cohen est sous-secrétaire d'Etat adjoint au Trésor américain pour les questions liées au financement terroriste. Il a récemment déclaré que si Al-Qaïda semble effectivement traverser «une mauvaise passe financière, la pire depuis des années», les alliés talibans de l'organisation s'en tirent en revanche beaucoup mieux. Leurs activités illégales (ainsi que divers financements venus de l'international) leurs permettent de lancer de plus en plus d'attaques terroristes contre les forces américaines.

La récession n'a pas plongé le monde dans le chaos


La bonne nouvelle: Certes, les effets de la récession économique mondiale ont été des plus dévastateurs. Dans les pays développés, des millions de personnes ont perdu leur emploi; dans les pays en développement, des millions d'autre ont été plongés dans la misère, ont connu la famine. Mais ceux qui pensaient que la crise nous plongerait dans l'instabilité politique, qu'elle occasionnerait un renouveau de l'extrémisme, s'étaient — fort heureusement — trompés. Certes, les gouvernements islandais et letton (ainsi que ceux d'autres petits pays) ne s'en sont pas relevés; mais la démocratie elle-même n'a jamais été sérieusement menacée. Et même si la popularité grandissante des partis d'extrême-droite (comme le BNP britannique) est inquiétante, les centristes n'en ont pas moins dominé les dernières élections européennes. En Inde, le parti du Congrès a remporté les élections législatives face au BJP (parti nationaliste hindou). Le Brésil, pays en pleine expansion économique, va sans doute reconduire un gouvernement de centre-gauche lors des prochaines élections.

Oui, mais: En Russie, en Iran et au Venezuela (pays dépendants des ressources), on pouvait espérer que la crise affaiblisse l'autorité du régime autoritariste en place. Il n'en a rien été : Vlad, Mahmoud et Hugo font toujours les 400 coups.

La grippe A(H1N1) atteint son pic épidémique


La bonne nouvelle: La pire épidémie de grippe de la décennie (si l'on en croit les chiffres, du moins: plus de 6.000 morts dans le monde) semble être entrée dans sa phase descendante. Nous avons donc évité le scénario catastrophe. Selon l'Organisation Mondiale de la Santé, 700 personnes sont mortes de l'épidémie durant la dernière semaine d'octobre; pour la semaine du 8 novembre, le nombre de victimes étaient de 179. Le pic semble avoir été atteint à l'épicentre de l'épidémie (Amérique du Nord); elle paraît se stabiliser en Europe de l'Ouest. Les experts pensent que l'épidémie recule dans l'hémisphère Sud. Les traitements antiviraux sont efficaces, et permettent de sauver de nombreuses vies.

Oui, mais: Malgré cette phase descendante, l'épidémie est néanmoins en train de s'étendre à d'autres pays; elle semble même s'aggraver au Moyen-Orient et en Asie de l'Est. Par ailleurs, d'autres épidémies pourraient bientôt émerger...

Sarah Palin n'est pas vice-présidente


La bonne nouvelle: Certes, Joe Biden a pris pour habitude d'accumuler les gaffes lors de ses apparitions publiques, ce qui a fait de lui la cible favorite des humoristes et des bloggeurs. Mais au final, nous l'avons échappé belle; le tsunami médiatique qu'a soulevé la sortie des mémoires de Sarah Palin (Going Rogue: An American Life , Virer rebelle : Une vie américaine) vient d'ailleurs de nous le rappeler. Pensez donc: si McCain avait été élu, les Etats-Unis se seraient retrouvés avec une vice-présidente — et donc une présidente potentielle — totalement ignorante en matière de politique étrangère.

Dans son livre, Palin explique à nouveau en quoi la proximité de l'Alaska et de la Russie est un gage d'expérience en matière de politique internationale. Elle se plaint des difficultés occasionnées par le processus de sélection de la campagne McCain. Et prétend qu'elle n'était tout simplement pas prête pour la désormais — tristement — célèbre série d'interviews accordées à Katie Couric (aux Nations Unies, pendant la campagne de 2008); que l'agressivité de la journaliste l'a prise de court. Quoi que vous puissiez penser de Joe Biden et de son avis sur la conduite de la guerre en Afghanistan (moins d'aide à l'édification de l'Etat afghan, plus de drones), gardez une chose en tête: quand ces décisions seront prises, Sarah Palin n'aura pas son mot à dire. Ce qui demeure, en soi, un indéniable motif de satisfaction.

Oui, mais: Palin semble préparer le terrain pour une éventuelle candidature en 2012. Elle n'a quasiment aucune chance de l'emporter, mais son influence grandit chez les Républicains. Une chose est sûre : on entendra encore parler de l'outsider venu de Wasilla, Alaksa.

Foreign Policy

Traduit par Jean-Clément Nau

Image de Une: Des personnes posent pour la photo alors qu'ils célèbrent  la journée mondiale d'action pour le climat au Szechenyi à Budapest. REUTERS/Karoly Arvai. Images suivantes: REUTERS

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