Monde

Ce moment surréaliste où le directeur du FBI est interrogé par le Congrès sur ce que Trump vient de tweeter

Temps de lecture : 2 min

L'audience de James Comey sur les liens potentiels entre la Russie et le camp Trump a pris sans surprise une tournure surréaliste.

Impression écran de l'audience de James Comey au Congrès, le 20 mars 2017.
Impression écran de l'audience de James Comey au Congrès, le 20 mars 2017.

Alors que la France s'ennuyait devant les 3h30 du débat présidentiel, les États-Unis scrutaient avec attention le Congrès et l'audience de James Comey, directeur du FBI. Pendant plus de cinq heures, souligne le Washington Post, il a notamment confirmé que «son agence mène actuellement une enquête sur une possible coordination entre le Kremlin et la campagne Trump» qui pourrait «remonter jusqu'au sommet de la Maison-Blanche et durer plusieurs mois». Pour le New Yorker, cette seule révélation a placé l'audience au-delà des autres exercices du même genre et a «pétrifié le monde politique».

Mais cette audience diffusée en direct à la télévision arrivait dans un contexte particulier, celui des accusations de Donald Trump, qui a affirmé sur Twitter il y a quelques jours que Barack Obama l'avait fait placer sur écoute pendant la campagne. Interrogé par un membre du comité, Comey a simplement répondu:

«Avec tout le respect que je dois aux tweets du président, qui affirmaient qu'il avait été mis sur écoute par l'administration précédente, je n'ai pas d'information qui confirmerait ces tweets. Nous avons regardé avec attention à l'intérieur du FBI. Le département de Justice m'a demandé de partager avec vous sa réponse, il n'a pas d'information qui confirmerait ces tweets.»

Donald Trump, qui surveillait évidemment de près ce qu'il se disait au Congrès, n'a pas tenu en place. Via le compte officiel de la Présidence @POTUS, ce qui est étonnant étant donné que Trump préfère parler avec son compte personnel, plusieurs messages déforment les propos tenus par Comey.


«C'est difficile d'y réagir»

«En réalité, écrit le site Mother Jones, Comey a dit qu'il n'avait pas découvert de preuve montrant que les efforts de la Russie pour interférer dans l'élection présidentielle ont influencé les votes dans les états clefs.» Le Républicain Jim Himes, du comité, a vu passer le tweet et a ainsi demandé à James Comey de réagir. «Grâce à la technologie moderne qui est juste devant moi, explique Himes, j'ai un tweet du président daté d'il y a une heure. Le tweet est visible par des millions d'Américains, 16,1 millions pour être exact [il semble oublier ici que @POTUS n'a pas que des abonnés américains, ndlr]. Est-ce que le tweet, tel que je vous le lis, est exact?»

«C'est difficile d'y réagir, nous n'avons pas apporté d'opinion, n'avons pas eu d'avis, ni eu d'information sur un impact potentiel parce que c'est quelque chose que nous n'avons jamais regardé, a répondu le patron du FBI. Ce n'était certainement pas notre intention de dire ça aujourd'hui, car nous n'avons pas d'information sur le sujet.»

«Et maintenant ,nous allons nous taire et travailler pour voir si l'on peut répondre à ces questions, a conclut Comey. Parce que les réponses sont importantes.»

Slate.fr

Newsletters

 Loi électorale et manipulation, Erdogan aura tout fait pour gagner

Loi électorale et manipulation, Erdogan aura tout fait pour gagner

[Interview] À l'approche de l'élection présidentielle du 24 juin, la sociologue Élise Massicard explique que les fraudes électorales n'ont pas commencé avec Erdogan et l'AKP, même si elles ont pris une nouvelle ampleur ces dernières années.

Trump et le décret qui ne servait à rien

Trump et le décret qui ne servait à rien

Donald Trump voudrait passer pour un bienfaiteur sauveur d’enfants. En réalité, son décret n’empêchera pas la détention de mineurs et mineures, ni les traumatismes qui en découlent. Certains enfants ne reverront jamais leurs parents.

Les meurtres de Noirs par la police compromettent la santé mentale des communautés afro-américaines

Les meurtres de Noirs par la police compromettent la santé mentale des communautés afro-américaines

Un quart des personnes noires tuées par la police n'était pas armé.

Newsletters