Culture

L'héritage de Chuck Berry survivra à la fin du monde

Temps de lecture : 2 min

Et il deviendra peut-être un jour le rockeur préféré des extraterrestres.

Chuck Berry
Chuck Berry

Chuck Berry n'est plus. Le guitariste, chanteur, auteur-compositeur américain s'est éteint, le 18 mars, dans sa maison dans le Missouri aux États-Unis, à l'âge de 90 ans. Considéré comme l'une des plus grandes légendes du rock, et même parfois comme l'un des pères fondateurs de ce genre musical, Chuck Berry laisse derrière lui une œuvre musicale immense et des classiques –«Maybellene», «Roll Over Beethoven», «Johnny B. Goode», «School Days»...– qui ont influencé plusieurs générations de musiciens.

Si, aujourd'hui, son œuvre semble assez éloquente pour que les générations futures puissent garder un souvenir de son empreinte sur le rock, Chuck Berry peut compter sur quelque chose d'encore plus conséquent pour rester dans l'histoire à tout jamais: l'envoi de l'un de ses tubes, «Johnny B. Goode», dans l'espace. Oui, dans l'espace. Sur une idée de l'astrophysicien Carl Sagan, la Nasa embarquait, en 1977, dans ses deux sondes spatiales Voyager (I et II) un disque contenant des images et de la musique, afin de témoigner de la diversité de la vie et de la culture sur la planète Terre et destiné (pourquoi pas) à d'éventuels extraterrestres. Parmi les artistes sélectionnés, Chuck Berry.

Si son succès et la qualité de son œuvre pouvaient justifier à eux seuls sa sélection dans la compilation finale, l'artiste n'a pour autant pas toujours fait l'unanimité auprès du comité de sélection, nommé par la Nasa et dirigé par Carl Sagan. Comme le racontait Chuck Klosterman, critique rock et écrivain américain, dans le New York Times, certains membres ont désapprouvé ce choix, jugeant ce genre musical trop «puéril» pour représenter les plus grands accomplissements de notre planète.

Ambassadeur du rock dans l'espace

Après tergiversations, il sera finalement retenu dans la sélection finale, mais il s'agira du seul et unique titre de rock à s'envoler dans l'espace aux côtés de compositions de Bach, Armstrong, Mozart, Stravinski ou Beethoven. Les Beatles, qui auraient également faire partie du voyage avec «Here Comes The Sun», n'ont finalement jamais quitté la Terre. La faute aux copyrights et à une bataille juridique de laquelle la Nasa a préféré se détourner.

Pour le critique et écrivain Chuck Klosterman, s'orienter vers Chuck Berry était non seulement un choix justifié, mais un excellent compromis:

«Je suspecte que "Johnny B. Goode" a été choisie parce qu'elle semblait être un choix raisonnable de musique à choisir. Mais c'était encore plus que raisonnable. Elle était, de manière délibérée ou accidentelle, la meilleure chanson possible à choisir par la Nasa. [En 1977], il y avait de grandes chances que Chuck Berry devienne l'artiste vers laquelle la société se tourne alors que la musique vient à être reconsidérée de manière rétroactive par les petits-fils de nos petits-fils.»

Alors voilà, Chuck Berry nous a quittés. Mais, rassurons-nous. Chuck Berry et son œuvre ne seront jamais oubliés. Ni sur Terre, ni dans le système solaire.

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