Histoire / Monde

L'incroyable histoire de l'ermite qui vécut seul vingt-sept ans dans la forêt

Temps de lecture : 2 min

Un fort récit de solitude et de survie.

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100 Mile Wilderness | John Hayes via Flickr CC License by

C'est un récit extraordinaire que nous propose le Guardian. L'histoire de Christopher Knight, un Américain qui a tout plaqué à l'âge de 20 ans pour aller vivre en ermite dans la forêt. Au milieu des années 1980, ce spécialiste des alarmes installé à Boston décide brutalement de prendre la route. Il laisse toute sa vie derrière lui du jour au lendemain pour descendre jusqu'en Floride avant de remonter tout au Nord vers sa terre natale: le Maine. «Je n'avais personne à qui en parler», confie-t-il.

Il continue à bord de son véhicule au cœur de la nature sauvage jusqu'à ce qu'il soit obligé de l'abandonner et de poursuivre seul, équipé de quelques vêtements, un peu de nourriture et de quelques ustensiles de camping. «Pour le reste du monde, j'avais cessé d'exister.»

Comment se nourrir?

Christopher Knight n'avait rien d'un ermite comme les autres. Il n'avait pas décidé de s'isoler pour se rapprocher de dieu, fuir un monde qu'il détestait, ou pour vivre une expérience artistique ou scientifique. Non, lui qui avait tant de mal à intéragir avec les autres, c'était simplement laissé porter d'un jour à l'autre. «Je ne peux pas expliquer pourquoi j'ai fait ça, indique-t-il aujourd'hui. Je n'avais pas de plan particulier quand je suis parti. Je ne pensais à rien. Je l'ai simplement fait.»

Peu préparé, il rencontre très vite quelques difficultés pour se nourrir et s'abriter. Cette forêt sauvage accueille en son sein peu de fruits ou d'animaux. Un jour, il croise une perdrix écrasée sur un chemin routier et se résout à la manger cru. Il occupe brièvement une cabine laissée inoccupée mais se retrouve vite dévoré par la peur et la culpabilité. Il décide alors que quel que soit le temps, il dormira dehors.

Une discipline incroyable

Très vite, il développe quelques capacités à chasser, trouver de l'eau potable, survivre, mais la désolation des lieux rend les choses très compliquées. Hanté par la faim, il se décide à voler. Des légumes dans les jardins d'abord puis dans la centaine de petites cabines qui bordent un grand lac. Il observe alors attentivement les habitudes de chacun pour ne pas se faire prendre et au fur à mesure de la plus grande sophistication des systèmes de sécurité manque plusieurs fois de se faire prendre.

«La discipline dont il faisait preuve pour entrer par effraction dans ses maisons dépasse tout ce que l'on peut imaginer, témoigne un policier. La préparation, la reconnaissance, son talent avec les serrures, sa capacité à entrer et sortir sans que personne ne le voit.»

«Je ne me suis jamais senti seul»

Christopher Knight confie qu'il n'y prenait aucun plaisir, effrayé à chaque fois de se faire arrêter, honteux de devoir s'y résoudre. C'est d'ailleurs ce qui lui arrivera après vingt-sept années passées seul dans ces bois. À l'été 2013, le voilà arrêté pour vol et cambriolage, envoyé en prison comme un phénomène de foire. Il n'acceptera de confier son histoire qu'à un seul journaliste.

«La solitude a accru mes capacités de perception, analyse-t-il. Mais si je devais appliquer celle-ci à moi-même, je dois reconnaître que j'avais perdu toute identité. Je n'avais pas de public, personne pour me regarder. Je n'avais pas besoin de définir qui j'étais. Ça n'avait pas d'importance.»

«Je ne me suis jamais senti seul, ajoute-t-il. J'étais complètement centré sur la complètude de ma présence plutôt que sur l'absence des autres. Si tu aimes la solitude, tu ne te sens jamais seul.»

Pour finir, le journaliste lui demande quelle est la grande leçon qu'il a appris de son séjour prolongé dans la nature. Christopher Knight réfléchit longuement en silence puis répond: «Dormez suffisamment longtemps.»

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