Le Vatican sans gouvernail
Le bilan de la tempête provoquée par les évêques intégristes est catastrophique - Par Henri Tincq
- La pape Benoît XVI durant une audience au Vatican le 28 janvier 2009 Tony Gentile/ reuters -
Le Vatican ressemble à un bateau ivre. La levée des excommunications de quatre évêques intégristes, les propos négationnistes tenus par l'un d'entre eux, Richard Williamson, ont non seulement suscité des réactions d'une violence rare au sein de l'Eglise catholique et dans la plupart des capitales politiques. Ils ont aussi atterré le monde juif et révélé, outre une fébrilité rare à ce niveau de l'Eglise, des divisions et des erreurs graves de communication et de gouvernement.
Benoît XVI paraît accablé, isolé au sein de la Curie. Ses talents de théologien et d'enseignant ne sont pas contestés. Son retour à un exercice plus modeste de la papauté (moins de voyages à grand spectacle) ravit ceux que la théâtralisation de l'action politique de Jean Paul II agaçait. Mais il est décrié pour son absence de sens politique, sa faible capacité à faire face à une tempête, à anticiper sur le retentissement d'une déclaration ou d'une décision.
Déjà, ces faiblesses avaient été éclatantes dans son discours de Ratisbonne, en septembre 2006 quand, en exergue d'un discours philosophique sur les rapports de la foi et de la raison, il s'en était pris à la tentation de la violence dans l'islam. Des excuses avaient été exigées du monde musulman et il avait obtempéré. En mai 2007, il récidivait à Aparecida au Brésil, créant une nouvelle polémique avec ce contre-sens historique: «L'évangélisation de l'Amérique n'a comporté, à aucun moment, une aliénation des cultures précolombiennes».
Lui seul a pris la décision, au nom de sa mission de «pasteur universel», de faire acte de bienveillance envers les «brebis égarées» de la Tradition. Ce geste n'a pas surpris ceux qui connaissent son goût pour les liturgies à l'ancienne, venues de ce catholicisme bavarois et baroque qui le forma. Ni ceux qui se souviennent que, comme préfet de la doctrine à Rome, il avait déjà tenté l'impossible, en 1988, pour ramener à la raison les «lefévristes» (disciples de Mgr Lefebvre, évêque français dissident du dernier concile) et éviter le schisme. Sans doute ruminait-il depuis son échec, mais, pour les rallier, fallait-il leur faire une telle concession? La crise vient de montrer qu'il n'a exigé des évêques excommuniés aucune contrepartie en échange de leur réhabilitation. D'où les accusations, qui pleuvent, de naïveté, de faiblesse, de complaisance avec les milieux catholiques les plus réactionnaires.
La débâcle est double. Primo, le pape n'a pas obtenu la trêve espérée dans la guerre de tranchée, menée depuis quarante ans, contre la «Rome moderne» par les intégristes, pourtant sommés de «reconnaître le magistère et l'autorité du pape et du concile Vatican II». Les évêques réhabilités n'ont pas cédé un pouce de terrain à leur opposition aux acquis de Vatican II (1962-1965), pourtant jugés par Benoît XVI comme étant non-négociables: la reconnaissance de la liberté de religion pour tout homme; le dialogue œcuménique avec les autres confessions chrétiennes; le dialogue avec l'islam, le judaïsme, le bouddhisme. Ils rejettent, avec la même violence, le dernier concile dont «les fruits ont été de vider les séminaires, les noviciats et les églises», tranchait encore, le 25 février, Mgr Bernard Fellay, supérieur de la Fraternité intégriste Saint-Pie-X, au journal suisse Le nouvelliste. Et rien n'autorise à penser qu'il s'agit d'une posture tactique avant négociation.
Secundo, Benoît XVI n'a pas davantage obtenu la rétractation «publique et sans équivoque» exigée de l'évêque négationniste Williamson. Expulsé d'Argentine où il avait quelques ouailles, celui-ci a remis, le 24 février, à une simple agence de presse du Vatican - et non au pape lui-même - une demande de pardon, dans laquelle il ne revient même pas sur sa négation de l'existence des chambres à gaz. Il prend acte seulement que ses «remarques» à la télévision suédoise ont été «imprudentes» et ont créé au pape «des problèmes». S'agissant d'une infraction qui ne relève pas du dogme ou de la discipline ecclésiastique, le droit canon ne permet pas au pape de revenir sur la récente levée de son excommunication. A moins que Benoît XVI ne décide de faire un article de foi du respect de la mémoire des six millions de juifs exterminés par les nazis.
Toutes les rumeurs qui courent à Rome témoignent d'une incroyable succession de faux pas et d'un vide sidéral au sommet de l'Eglise. On murmure que c'est un prélat du Vatican qui, par désaccord avec la décision du pape, aurait fait sortir le 21 janvier, veille de la réhabilitation de Williamson, l'entretien que le négationniste avait enregistré, trois mois plus tôt, à la télévision suédoise. Deux hommes ont aussi joué un rôle de boutefeu: le cardinal colombien Castrillon-Hoyos, responsable de la commission en charge de la réintégration des traditionalistes, qui ne pouvait ignorer - à moins de complaisance coupable ou d'une incompétence rare -, la biographie et les positions antisémites de Williamson. Castrillon-Hoyos devrait être sanctionné et remplacé par le cardinal français Jean-Pierre Ricard qui, lui, a su, avec talent, gérer le casse-tête intégriste dans son diocèse de Bordeaux.
L'autre coupable désigné est le cardinal Giovanni-Battista Ré, préfet de la congrégation des évêques, signataire du décret du 24 janvier réhabilitant les quatre prélats intégristes. Homme intelligent, proche de Jean Paul II dont il fut longtemps le substitut (ministre de l'intérieur, numéro trois de la Curie), il n'aurait rien fait pour décourager le pape de prendre une décision aussi catastrophique. Rien fait pour la communication et la bonne réception de ce décret, distribué sans explication, ni mode d'emploi à la salle de presse du Vatican, alors même que des fuites de presse l'avaient précédé et que la tempête commençait de gronder.
De même, aura t-il fallu quatre jours, en marge d'un colloque privé où il était invité, pour que le cardinal secrétaire d'Etat Tarcisio Bertone, intime du pape et numéro deux de l'Eglise catholique, intervienne dans la polémique devenue mondiale. Homme dynamique et à poigne, omniprésent à Rome, celui qu'on appelle le «vice-pape» n'y a pas que des amis. Son tort serait qu'il n'est pas sorti du sérail de la Curie dont il est le patron, une Curie où la mort de Jean Paul II a éloigné le «clan polonais» et qui se trouve, de nouveau, en proie à des luttes sourdes entre clans italiens.
Dès son élection en avril 2005, Benoît XVI, 81 ans, avait marqué son intention de réformer la Curie. Mais il y a renoncé, se heurtant aux pesanteurs d'un système replié sur lui-même, arc-bouté sur ses méthodes, ses certitudes, ses rivalités. «Le dévouement personnel du cardinal Bertone à Benoît XVI ne fait aucun doute. Mais il n'en est pas de même pour les autres responsables de la Curie, qui continuent à avoir les mains libres», commente l'un des meilleurs «vaticanistes» italiens, Sandro Magister. Ajoutant cruellement: «Peut-être certains d'entre eux s'opposent-ils consciemment à ce pontificat. Ce qui est sûr, c'est qu'en majorité, ils ne comprennent tout simplement pas qu'ils ne sont pas à la hauteur ».
L'ombre tutélaire de Jean Paul II (1978-2005) s'est effacée et tout indique que son successeur entend ramener l'exercice de sa fonction à ce qui est, pour lui, l'essentiel: la spiritualité, l'intériorité, l'enseignement de la foi. Aussi gouverne t-il sans vraie stratégie politique ou de communication, veillant d'abord à l'unité et enseignant la foi, comme le montrent ses «catéchèses» de théologien très courues chaque mercredi sur la place Saint-Pierre. Mais le pape, chef spirituel de plus d'un milliard de catholiques, a aussi un rôle politique mondial à jouer et ses priorités ne devraient pas le dispenser de s'entourer d'un personnel moins déficient.
Henri Tincq
Mis à jour le 05/03/2009 à 14h02








































"Mais le pape, chef spirituel de plus d'un milliard de catholiques, a aussi un rôle politique mondial à jouer"
Je trouve, pour ma part, votre conclusion, Henri Tincq, plus que stupéfiante dans la négation pure et simple de la notion de laïcité, négation pourtant contraire aux Evangiles-mêmes dans le fameux "rendre à César et à Dieu"...
C'est justement parce que le pape est le chef spirituel d'un milliard de catholiques qu'il n'a aucun rôle politique mondial à jouer.
Henri Tincq se permet ici des propos qu'il ne signerait pas dans le Monde, et comme d'habitude, les erreurs factuelles sont légions. Commençons par le commencement:
"Mais il est décrié pour son absence de sens politique, sa faible capacité à faire face à une tempête, à anticiper sur le retentissement d'une déclaration ou d'une décision."
Par qui ? On le sait qu'il est décrié par les progressistes, qui sont effectivement en perte de vitesse au Vatican, et c'est heureux. Mais sinon, il me semble que les autres courants à la Curie sont loin d'être aussi hostiles.
"Déjà, ces faiblesses avaient été éclatantes dans son discours de Ratisbonne, en septembre 2006 quand, en exergue d'un discours philosophique sur les rapports de la foi et de la raison, il s'en était pris à la tentation de la violence dans l'islam."
Votre mauvaise foi est patente. Je rappellerais à l'auteur de cet article, que le pape citait le propos d'un islamophobe, dans un contexte de discussion intellectuelle de haute volée, afin de souligner les arguments qui lui étaient opposés.
"La crise vient de montrer qu'il n'a exigé des évêques excommuniés aucune contrepartie en échange de leur réhabilitation."
Faux, vous oubliez la lettre du 15 Décembre que Mgr Fellay a signée, qui n'a pas été rendue publique et à laquelle le pape fait référence dans son décret. Lettre qui reconnait probablement l'autorité du pape.
"disciples de Mgr Lefebvre, évêque français dissident du dernier concile"
Faux, Mgr Lefebvre a signé tous les actes du concile. Il s'y est opposé que bien des années plus tard, lors de la promulgation du nouveau rite.
"Expulsé d'Argentine où il avait quelques ouailles, celui-ci a remis, le 24 février, à une simple agence de presse du Vatican - et non au pape lui-même - une demande de pardon, dans laquelle il ne revient même pas sur sa négation de l'existence des chambres à gaz."
Faux. Mgr Williamson a envoyé son courrier au cardinal Castrillon Hoyos, le chef de la commission Ecclesia Dei qui s'occupe de la FSSPX, cardinal qui a préféré s'adresser à Zenit en court-circuitant le père Lombardi, porte-parole du Vatican, mais connu comme un proche des milieux progressistes. Vous devriez lire vos confrères. http://www.lefigaro.fr/international/2009/02/27/01003-20090227ARTFIG00011-williamson-demande-pardon-apres-ses-propos-negationnistes-.php
"La débâcle est double. Primo, le pape n'a pas obtenu la trêve espérée dans la guerre de tranchée, menée depuis quarante ans, contre la «Rome moderne» par les intégristes, pourtant sommés de «reconnaître le magistère et l'autorité du pape et du concile Vatican II»."
Oh, que si, les intégristes ont déjà baissé d'un ton leurs remarques.
"Il prend acte seulement que ses «remarques» à la télévision suédoise ont été «imprudentes» et ont créé au pape «des problèmes». "
On va quand même essayer de lire ce qu'il a écrit, non ?
Extrait:
ependant, les événements de ces dernières semaines et les conseils de membres plus anciens de la Société Saint-Pie X, m'ont persuadé de ma responsabilité pour la grande détresse causée. A tous ceux qui ont été honnêtement scandalisés par ce que j'ai dit, devant Dieu, je demande pardon.
"A moins que Benoît XVI ne décide de faire un article de foi du respect de la mémoire des six millions de juifs exterminés par les nazis."
C'est ce que vous souhaiteriez ?
"Deux hommes ont aussi joué un rôle de boutefeu: le cardinal colombien Castrillon-Hoyos, responsable de la commission en charge de la réintégration des traditionalistes, qui ne pouvait ignorer - à moins de complaisance coupable ou d'une incompétence rare -, la biographie et les positions antisémites de Williamson"
Faux. Comme le disait quelques intervenants sur cette remarquable émission, les opinions de Williamson étaient très peu connues. Or, que je sache, le système de renseignement du Vatican n'a rien à voir avec la CIA, on n'est pas dans Da Vinci Code, ici.
"remplacé par le cardinal français Jean-Pierre Ricard qui, lui, a su, avec talent, gérer le casse-tête intégriste dans son diocèse de Bordeaux."
Oui, en se faisant doubler par Alain Juppé, qui a décidé de confier l'église St Eloi, à l'abbé Laguérie, contre l'avis du cardinal Ricard.
"L'autre coupable désigné est le cardinal Giovanni-Battista Ré, préfet de la congrégation des évêques, signataire du décret du 24 janvier réhabilitant les quatre prélats intégristes."
Ah, c'est clair que signer le décret de levée des excommunications a du lui donner des cauchemars, aucun doute sur la question, mais vous savez quand le grand patron donne un ordre....
"Homme dynamique et à poigne, omniprésent à Rome, celui qu'on appelle le «vice-pape» n'y a pas que des amis."
Oui, chez les progressistes. Mais chez les conservateurs qui sont désormais les plus nombreux, il s'agit d'une autre paire de manche, je crois qu'il est beaucoup mieux vu.
"Mais il y a renoncé, se heurtant aux pesanteurs d'un système replié sur lui-même, arc-bouté sur ses méthodes, ses certitudes, ses rivalités."
Comment ? Vous n'êtes pas au courant ? Mais beaucoup de cardinaux seront remplacés l'année prochaine du fait de la limite d'age, lors du prochain consistoire publique. Et il semble que les plus progressistes soient visés, dont Re et d'autres....
"Aussi gouverne t-il sans vraie stratégie politique ou de communication,"
Foutaises. Foutaises.
Pas de stratégies ? Alors qu'il fait des pas envers la FSSPX, il s'est également tourné vers l'Eglise de Chine pour entamer le rapprochement, a proposé à une frange des anglicans de revenir chez les catholiques, et envoyé de très bons signaux envers nos amis orthodoxes.
Alors, effectivement, si pour vous, la stratégie de l'unité n'est pas une stratégie. Quant à la communication, vous savez comme moi que l'Eglise est signe de contradiction dans une société. Quoi qu'elle fasse, il y aura toujours des problèmes. C'est ce que se dit le pape, et le convainc d'avancer. Même si il doit choquer des gens qui pour la plupart ne sont pas même catholiques.
"Mais le pape, chef spirituel de plus d'un milliard de catholiques, a aussi un rôle politique mondial à jouer et ses priorités ne devraient pas le dispenser de s'entourer d'un personnel moins déficient."
Je suis bien d'accord avec vous, si on pouvait virer toutes les brebis galeuses du Vatican, ça permettrait d'y voir plus clair et d'avoir une unité de communication plus efficace, ce qui n'est pas possible tant que des cardinaux progressistes tendent des pièges au pape.
Enfin, je remercie Slate de mon intervention, et les prierait de ne pas me censurer, on est ici pour discuter, pour que des arguments soient posés.
Vous commencez votre article en parlant de "la levée des excommunications" plus loin vous parlez de la "réhabilitation de Williamson".
J'avais cru comprendre qu'entre ces deux termes, c'est-à-dire, pour arriver de la levée de l'excommunication à la réintégration dans l'Eglise, toute une procédure devait se mettre en place au terme de laquelle les évêques seraient réintégrés ou pas.
Une des conditions sine qua non, à ce que j'ai compris, était la reconnaissance par les évêques du concile Vatican II.
Donc il n'y a eu, pour l'instant, à ma connaissance, ni "réintégration" ni encore moins "réhabilitation".
Bonjour,
Comment peut-on oser dire que le pape est chef politique mondial ? Il a une multitude d'ouailles, certes, mais faut-il rappeler que ces ouailles, quel que soit leur nombre, sont d'abord et avant tout sous l'autorité des lois civiles et laïques ?
amicalement, Agnès
Même si, comme dit Dralach, les erreurs sont peut être légions, il reste vrai que le Vatican, le pape et son cortège sont en train de perdre une multitude de fidèles avec leur série de mauvais coups dont le dernier, hallucinant, de l’excommunication des médecins brésiliens qui ont fait avorter une fille de 9 ans violée par son beau père.
En tant qu’italienne, je peux vous dire que, comme moi, de plus en plus de catholiques dans mon pays sont choques (il suffit de voir les blogs des vaticanistes) par les derniers exploits du Vatican, et cette armée de fidèles, qui semblait être inamovible se divise et se fissure.
Entre Berlusconi et Benedetto le pays risque fort de tourner au fascisme, que mes compatriotes se réveillent avant de payer encore plus lourd que la facture de l'après 1945.
Le discernement n'est pas compatible avec le ressentiment. C'est bien ce qui traverse différentes interventions et le thème de l'article. Le discernement du Sens ou des esprits est affaire personnelle même si est légitime le témoignage de leaders ou autorités chargées de donner des repères d'orientation à toutes les échelles.
D'un côté on confond l'autorité spirituelle avec la distribution des autorisations et des interdictions qui consisterait à faire la loi, de l'autre on revendique l'exclusivité de ce droit.
Ne pourrait-on pas dire que le pape est un leader qui a une influence politique mondiale au sens non pas de pouvoir faire la loi mais de donner des repères à la cité des hommes que chacun juge avec son discernement. Il y a d'autre leaders politiques qui répondent à cette définition, cf l'engouement lors de l'élection de Barak OBAMA. On pourrait même parler de charisme politique comme de celui d'un Mandela, à ne pas confondre avec un pouvoir politique qui lui dépend des règles de chaque pays. Quant au cap de la laïcité on pourrait comprendre ici que des critères de la république française s'imposeraient au monde entier ce qui est loin d'être le cas et ne serait que le reflet en miroir de ce qui est dénoncé pour le pape. Intégrisme contre intégrisme?
La confusion qui vient des positions vaticanes et de ses relais semblerait naitre de la manisfestation de la loi sans l'esprit ou à la place de l'esprit, ce qui scandalise un grand nombre et provoque en miroir des positions réactionnelles et du ressentiment.
Pour une fois, il me faut défendre Henri Tincq, ce qui m'arrive peu souvent, c'est vrai... :)
Mais non, pour tout croyant qui se respecte un minimum, la foi est plus importante que la laïcité. Donc, on est d'abord croyant, ensuite on se soumet aux lois laïques. La laïcité n'est absolument pas prioritaire. En ce sens, Henri Tincq a raison de dire que le pape représente un chef d'état de premier plan. D'ailleurs l'ONU ne s'y est pas trompé, puisque le Vatican y possède un siège d'observateur permanent.
@ Marie Ludovica:
Looooooooooooooooooooooooool
Du fascisme, rien de moins, allons-y, n'ayons pas peur des gros mots. Que je sache, Berlusconi a déjà été au pouvoir, l'Italie n'est pas devenue fasciste.
Quant aux fidèles que l'Eglise perd, je doute que ce soit une grande perte, les gens qui s'en vont parce qu'ils ne sont pas d'accord avec la politique du pape, ne sont pas ceux qui fournissent le plus grand nombre de prêtres à l'Eglise. Quant aux blogs vaticanistes, ils sont comme la Curie, divisés...
Bien que le sujet ne soit pas encore arrivé sur Slate.fr, mais qu'il occupe déjà journaux et radios, je voudrais dire l'indignation d'une catholique non pratiquante mais très concernée par l'Evangile, pour cette excommunication, au Brésil, de la mère d'une fillette de neuf ans violée par son beau-père et enceinte de jumeaux ainsi que de l'équipe médicale qui a procédé à son avortement.
Je voudrais rappeler à cet évêque, l'épisode du manteau de Noé. Noé s'était enivré, il divaguait, nu, sous la tente. Deux de ses fils se moquaient de lui, le troisième jeta sur son père un manteau pour cacher sa nudité, et Dieu bénit ce comportement.
Je voudrais également lui rappeler la très belle figure du Bon Pasteur. L'évêque est le Bon Pasteur des fidèles de son église. Cet évêque-là de qui a-t-il été le Bon Pasteur ? Pas de cette fillette, pas de cette mère, pas de l'équipe médicale. Il n'a été le Bon Pasteur que de deux embryons qui ont été "inoculés" à cette enfant de manière criminelle, qui non seulement n'avaient aucune chance de survivre mais encore avaient toutes les chances d'entraîner leur "mère" dans la mort.
Et, pour finir je voudrais rappeler à cet évêque ce que Jésus a dit quelque part dans l'Evangile, je cite de mémoire :
Malheur à celui par qui le scandale arrive. Il vaudrait mieux, pour lui, qu'on lui attache une meule de pierre au cou et qu'on le précipite dans la mer.
Ainsi soit-il.