Les suppressions de poste détruisent l'école
Les suppressions de poste sans discrimination de lieux ni de besoins spécifiques désorganisent chaque jour un peu plus l'éducation nationale.
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En 2007, le gouvernement a supprimé 8 700 postes dans l'Education nationale; en 2008, 11 200 postes disparaissaient; en 2009, 13 500; en 2010, on annonce la suppression de 16 000 postes. Un total de 49 400 postes sur trois ans, suivant de surcroît une courbe nettement ascendante.
Le 18 novembre 2009, le recteur de l'académie de Créteil a envoyé une lettre aux chefs d'établissements, où l'on peut lire: «Bien que mes services alimentent en permanence un vivier d'enseignants «recrutables», ce dernier ne suffit pas toujours à résoudre la totalité des problématiques rencontrées. Aussi, dans le souci de rendre plus efficient le remplacement, j'attire à nouveau votre attention sur le fait que votre contribution à la constitution de ce vivier est nécessaire. Vous avez peut-être dans votre entourage personnel ou parmi votre population de vie scolaire, des étudiants ou des personnes titulaires au minimum d'une licence ou ayant des compétences avérées qui pourraient venir valablement alimenter le vivier de contractuels ou de vacataires.» Il ajoute un peu plus loin: «J'ai également décidé qu'en cas d'urgence, vous pourriez installer immédiatement la personne que vous aurez choisie, la validation par les inspecteurs venant ultérieurement.»
Depuis plusieurs années, les cassandres de l'Education nationale crient à «la casse du service public d'éducation». Il est peut-être temps de les écouter. Ce qui se passe aujourd'hui est lourd de conséquences. On voit dans quelle contradiction l'administration s'est, toute seule, placée. En supprimant les postes au bulldozer, sans discrimination de lieux ni de besoins spécifiques, elle se retrouve dans une situation ubuesque où, en panne d'enseignants remplaçants, indispensables à la continuité du service public d'éducation, elle refuse de remettre en question sa propre politique, mais demande aux chefs d'établissement de recruter des personnels non formés pour faire bonne figure aux yeux des familles.
Les guillemets avec lesquels le recteur a cru bon envelopper le terme «recrutables» en disent d'ailleurs long sur sa propre foi dans la qualité d'enseignement que ces remplaçants seront en mesure de fournir aux élèves, indépendamment de leur bonne volonté. Mais la qualité n'est justement pas ici en question. Ce qui importe, c'est de «rendre plus efficient» le remplacement. Et cette efficacité se résume, aux yeux de l'administration, à une chose: un adulte devant des élèves. Si possible à moindre coût. D'où l'idée de «recruter», donc, des contractuels et des vacataires, autrement dit des personnels précaires, malléables à merci, payés au lance pierre, souvent avec plusieurs mois de retard, pour combler à la va-vite le gouffre creusé par des suppressions de postes dont les conséquences, catastrophiques, touchent non seulement les élèves, mais aussi, finalement, le projet éducatif français tout entier.
La question de la formation des enseignants est devenue, ces deux dernières années, un des points névralgiques les plus douloureux de la politique d'éducation. Malgré les discours généreux qu'on nous tient sur le sujet, elle est, cette formation, de facto en train de disparaître. La professionnalisation accrue proposée par le gouvernement dans sa réforme contestée est un miroir aux alouettes. Tout le monde le dit, personne n'écoute. Pourtant ce qui se passe dès à présent, avec le «recrutement» d'un «vivier» de remplaçants choisis dans «l'entourage personnel» des chefs d'établissement, le confirme de la manière la plus inquiétante.
La dérive qui se met en place ouvre la porte à tous les népotismes, à un recrutement sauvage de véritables mercenaires de l'éducation venant faire concurrence aux fonctionnaires réellement formés, expérimentés, en un mot légitimes. Les inspecteurs eux-mêmes, pourtant seuls garants de la validation pédagogique d'un enseignant, perdent leurs prérogatives, puisque les chefs d'établissement sont autorisés à «installer immédiatement la personne qu'[ils] auront choisie». Sur ce point, il ne faut pas se leurrer: les inspecteurs sont déjà débordés, et n'auront pas le temps de rendre visite à ces personnels sortis de nulle part.
Autant dire que les principaux de collège et les proviseurs de lycée sont promus directeurs des ressources humaines aux pleins pouvoirs, sans garde-fou, dans un domaine qui en exigerait pourtant beaucoup. Nous avons donc d'un côté des enseignants à part entière, qui ont passé un concours professionnel et suivi une formation, que les inspecteurs connaissent, et de l'autre une nébuleuse (ou un «vivier», si l'on préfère) de gens, proclamés enseignants parce qu'ils connaissent un chef d'établissement, dont personne ne pourra véritablement contrôler le travail. Mais qu'on se rassure, ces nouveaux «enseignants» se fondront vite dans la masse des jeunes certifiés et agrégés qui nous arriveront bientôt après avoir effectué, tant bien que mal, en même temps qu'ils auront passé le concours, quelques pauvres heures de stage apparemment suffisantes pour leur confier dix-huit ou quinze heures de cours dès la première année.
Notre gouvernement ne semble pas prendre la mesure, quoi qu'il en dise, de la difficulté du métier d'enseignant, encore moins de son importance pour l'avenir d'une société. Il ne semble pas, à vrai dire, considérer qu'il s'agisse même d'un métier, puisqu'il n'est pas besoin de s'y former pour l'exercer. Sa seule ambition éducative pour notre pays: que chaque classe ait, devant elle, un adulte. Ce qui se passe ensuite, une fois fermée la porte de la salle de cours, n'importe guère.
Fermons les yeux sur la souffrance de ceux qui se trouveront inévitablement en grande difficulté devant leurs élèves; fermons les yeux sur les générations d'enfants sacrifiées parce qu'on n'aura pas donné à l'adulte qu'on se sera contenté de poser devant eux, les moyens de penser une pédagogie qui seule lui permettrait de transmettre quoi que ce soit. Fermons les yeux enfin sur les inégalités scolaires qui ne feront que s'aggraver. La seule chance - pourtant déjà bien mince, on ne le sait que trop - des enfants de familles défavorisées de saisir au vol un ascenseur social qui leur échappe trop souvent, c'est d'avoir devant eux des enseignants qui savent ce qu'ils font. Les autres, les bien-nés, ne connaissent pas cette angoisse car ils trouvent au sein de leur foyer de quoi suppléer les défauts éventuels de l'école.
Est-on en droit d'accepter en silence une telle atteinte au processus de démocratisation scolaire? Croit-on résoudre les problèmes, réels et nombreux, de notre système éducatif, en ôtant aux enseignants toute légitimité professionnelle, en privant l'école du temps et des moyens de penser? Notre gouvernement est-il à ce point aveuglé par la pensée magique pour sincèrement croire qu'il suffit aux élèves de notre pays de bénéficier d'un «temps optimal d'exposition à l'enseignement», comme l'écrit ailleurs le recteur de l'académie de Créteil? Accéder au savoir, ce n'est pas prendre un bain de soleil.
On parle beaucoup, ces derniers temps, d'identité nationale. L'identité que je vois se dessiner à travers ces mesures est celle d'une société qui ne croit plus en la valeur humanisante, fondamentale, de la chose intellectuelle et de la pensée. Celle d'une société qui ne croit plus qu'en la valeur économique, y compris à l'école. Je terminerai alors par cette citation d'Abraham Lincoln qui éveille l'attention: «Si vous trouvez que l'éducation coûte cher, essayez l'ignorance.» Nous en prenons le chemin.
Sophie Audoubert
Lire également: Enseigner n'est pas un travail social
Image de Une: La Cour d'un Collège Reuters
Mis à jour le 08/12/2009 à 9h32







































En préalable 2 questions. Quels sont les effectifs de l'éducation nationale? Quel pourcentage d'enseignants pour quel pourcentage de non professeurs? Il est très difficile d’obtenir ces informations.
5 axes de réflexion pour réformer l'éducation nationale dans le but d'améliorer le service fourni aux élèves:
- Rétablir l'égalité des chances en mettant les meilleurs professeurs dans les quartiers difficiles.
- Supprimer les postes de support, à l'arrière des troupes combattantes et augmenter les effectifs de profs, ceux qui sont au front.
- Former des professeurs à double compétence. Il existe des profs d'Histoire & Géographie. Il pourrait exister des professeurs ayant plusieurs cordes à leur arc. Ceci aurait le double avantage de simplifier la gestion des enseignants et de varier leur métier.
- Redonner le pouvoir aux directeurs des écoles afin de d'accélérer la réactivité des écoles aux problématiques qui se posent en termes d'organisation et de discipline. Sans avoir à passer par une longue, pesante et coûteuse procédure hiérarchique.
- Ouvrir le recrutement aux immigrés dans le but d’avoir le plus vite possible une population de professeurs représentative de celle des élèves.
Enfin, les enseignants étant dévoués à la défense du service publique et de l'intérêt collectif, la nation pourrait leur demander d'accroitre leur effort, en termes de nombre d'heures de cours, de support peri-scolaire, de formation pendant les vacances scolaires... C'est un effort important, mais le bien collectif est une valeur essentiel pour la communauté enseignante, valeur qui mérite bien de donner un petit coup de collier pour sauver le système éducatif français.
mais, au delà d'une réflexion sur la qualité des formations d'enseignants, c'est la marque d'une société qui préfère choyer ses bistrotiers et ses gargotiers que ses enseignants;les résultats de la France aux études PISA de l'OCDE sur le niveau des élèves français en Sciences et en Maths sont affligeants! et ce n'est pas la suppression de l'enseignement de l'histoire en terminales S qui va redresser la barre (idée saugrenue d'un ministre spécialiste des RH)
Le type de discours de Sophie Audoubert devient fatiguant. Il y a presque 1 million d'enseignants de tous genres en France pour quelques 12 millions d'élèves.
46 mille suppressions de postes sur 4-5 ans représenteraient donc 4.9% pour une population d’élèves décroissante du même ordre.
Quand j'ai attiré l'attention d'un ami démographe à ces chiffres, il ne voulait pas les croire...
En sus ces enseignants (et leurs étudiants) travaillent moins d'heures par an que la moyenne européenne.
Je suis tout à fait d'accord avec les propos de Contructif. Supposons qu'on doit accepter qu’un élève ne travaille pas 47 semaines par an comme un adulte. Ca ne veut pas dire qu’un enseignant adulte ne doit pas travailler 45-47 semaines comme tout le monde.
Pourquoi les stages de formation (nécessaires évidemment pour rester à jour dans l'enseignement) n'ont-ils pas lieu pendant les vacances scolaires?
Pourquoi considère-t-on 18 heures par semaine face aux élèves comme une « semaine pleine »? Ça fait 3.6 heures par jour. Que font-ils du reste?
Les enseignants, paraît-il, ne sont pas bien payés. Soit. Mais si l'on ramène leur salaire au nombre d’heures d'enseignement par an (la préparation de cours inclus) ils sont payés comme des banquiers! Je n'ai rien contre en soit mais de là aller se plaindre!
Pourquoi les enseignants, des experts après tout dans leur domaine, ne sont-ils pas appelés à utiliser leurs compétences à former les retardataires, les immigrés sans éducation, les prisonniers pendant ces 20 semaines de 'chômage technique'?
Pourquoi le patrimoine immobilier scolastique reste-il vide le weekend et parmi ces longs vacances ?
Les parents d'aujourd'hui sont moins gênés par ces plaintes corporatistes que par les grèves et l'absentéisme des professeurs.
Mme Sophie Audoubert n'a évidemment pas lu l'article récent dans 'Le Monde' qui mettait en évidence le taux très élevé d’absentéisme non seulement parmi les enseignants mais celui encore plus élevé de leurs supposés remplaçants.
Surtout juste avant et juste après le weekend !
L’éducation est un droit et un privilège qui nécessairement coûte très cher. Elle mérite un meilleur débat que l’éternel tollé du corps d’enseignants qu’on entend aujourd’hui.
On ne sait pas précisément pourquoi le mammouth laineux, Mammuthus primigenius, a disparu. Certains scientifiques pensent que c'est à cause du réchauffement du climat. D'autres pensent que c'est à cause des chasseurs de la préhistoire. Les deux raisons conjuguées sont sans doute à l'origine de sa disparition. Une petite population de mammouths survivait encore dans l'île de Wrangel en Sibérie 3 700 ans avant Jésus-Christ, c'est-à-dire à l'époque des pharaons égyptiens.
Par contre, on voit assez bien qui pourrait finir de flinguer l'espèce actuelle, Mammuthus educator. Le nombre de mammouths - pardon de profs - est en diminution certes mais ce n'est pas forcément le plus grave même si on ne peut qu'être d'accord avec Sophie Audoubert sur la nécessité de protéger les populations quand on vit la situation réelle de l'intérieur. Les discours à la limite du poujadisme qu'on peut lire ici (Slate) ou partout ailleurs sont très révélateurs d'un désamour de la nation pour les profs. Pas nouveau certes mais parfois lassant pour celles et ceux qui font ce métier avec professionnalisme et conviction, c'est à dire la plupart d'entre nous. Pourquoi tant de haine ? se demandait en son temps le regretté Desproges. Personnellement je ne passe pas mes nerfs à chaque dîner en ville sur les garagistes, les charcutiers, les agriculteurs, les journalistes, les chirurgiens ou les agents de police ... Je suis convaincu que chacun a ses contraintes professionnelles et on aimerait parfois, nous les profs, que ceux qui ignorent les nôtres essaient de les comprendre ou bien plus simplement la bouclent un peu. Fatigant d'entendre parler quelqu'un avec aplomb d'un domaine qu'il ne connaît que par ses propres souvenirs d'élèves. Rien que le fait d'avoir dû supporter ça toute ma carrière me fait dire que je n'ai pas volé ces fameuses vacances que tout le monde m'envie ;-))
Je suis actuellement en poste comme formateur de formateurs dans un pays d'Afrique et je travaille avec des profs, dont beaucoup sont recrutés locaux sans formation. Je mesure donc tous les jours l'écart qu'il y a entre des professionnels formés et des personnels qui font ce qu'ils peuvent. La plupart découvrent que ce métier est exigeant et qu'il faut travailler dur pour produire quelque chose, que les conditions d'exercice peuvent être usantes. Ah tiens ! Etre prof ne se réduit pas à effectuer ses heures ? Eternel naïf, je ne m' étonne que d'une chose : que ce soit une découverte à chaque fois renouvelée pour ceux qui croient qu'on paye les profs à ne rien foutre.
Je vois donc assez clairement comment une espèce menacée disparaît peu à peu : incapable de s'adapter à un environnement changeant (augmentation de la dette publique), porteuse de ses propres carences comme tout être vivant issu de l'évolution biologique *, soumise à la compétition inter-spécifique (profs au rabais) et chassée à outrance par les ministres en raison de sa grande valeur nutritive (combien d'économies par poste de prof supprimé ?) ... L'espèce est remplacée peu à peu dans sa niche écologique par des espèces mieux adaptées, moins exigeantes : contrats précaires, absence de formation, désorganisation de la formation continue par manque de remplaçants deviennent la norme.
On a la biodiversité qu'on mérite. Ils devaient pourtant être beaux les mammouths quand ils marchaient dans la neige !
* Ce n'est pas parce que la profession est constituée d'êtres forcément imparfaits qu'il faut augmenter de manière insupportable la pression de sélection sur l'espèce. D'autant que les chefs du troupeau soumis à une dérive génétique importante ont tendance à faire n'importe quoi ...
L'image des enseignants est dévalorisée. Peut-être cela vient-il d'un manque de cohérence entre les discours et les actes, d'un manque de rigueur et d'exemplarité vis à vis des élèves :
- Les enseignant évaluent en permanence les élèves mais sont réticents à être eux-mêmes évalués.
- Les enseignants sanctionnent toute absence d'élève non justifiée mais ne se gênent pas pour être eux-mêmes régulièrement absents lorsqu'ils font grève.
- Les enseignants valorisent les capacités d'adaptation des élèves mais donnent l'image de toujours refuser tout changement, toute adaptation.
Les français dans leur grande majorité soutiennent les grèves enseignantes. Dans le même temps les français constatent au quotidien ces incohérences.
Les enseignants se plaignent de ne pas être respectés, mais se soucient-ils d'être respectables?
Et des semaines faites de 30 heures de travail à tout rompre! Aussi, bénéficient-ils d'un ratio salaire/nbre d'heures effectives travaillées très élevé, 25€ en moyenne par heure travaillée.
En somme, des gens qui s'auto-adressent x vertus mais qui sont, en réalité, plutôt fainéants, peu courageux et tricheurs, de surcroit (se mettre en AT, sans risquer aucune conséquence et sans motif, est bien de la triche éhontée comme celle de l'élève qui manque les cours ou arrive systématiquement en retard sans motif valable à présenter)
Bref, tout cela est tout-à-fait normal puisque ce sont des gens qui ont décidé d'être prof non par vocation mais uniquement pour être protégés par le système public.
Aussi, forcément, ils trouvent ce job dur, car combien ont un réel talent à la pédagogie, au goût de transmettre, d'animer un groupe, ou tout simplement d'aimer les enfants ou les ados ?
Très peu. Il suffit d'écouter, dans les facs ou les cafés, les étudiants en fin de second cycle universitaire d'histoire-géo, de langues étrangères, etc. Ils ont aucun autre débouché, de toute façon, que devenir/finir professeur des collèges et autres. Une mentalité de perdants qui doivent enseigner, soi-disants, à des gamins comment réussir demain ?!
Les professeurs étant mieux payés que les traders, à en croire Peter Wright, ne bossant que 36 semaines par an et encore, en séchant le vendredi et le lundi à en croire Fabb, on pourrait s'imaginer que c'est un boulot réservé à la nomenklatura française. Mais alors, qu'allait faire Jean Sarkozy à la présidence de l'EPAD ? La rolex chromée, c'est à l'éducation nationale qu'il aurait pu se l'offrir. Et s'il avait demandé à son papa un poste d'enseignant en Histoire Géo à Neuilly, je suppose que l'on aurait pu lui arranger ça sans manifestations gênantes. Il est vrai que je ne le connais pas suffisamment pour savoir s'il répondait parfaitement au profil selon Fabb (plutôt fainéant, peu courageux et tricheur), mais en élevant un poil le débat, je ne comprends pas pourquoi avec une description de poste aussi alléchante, on ne soit pas obligé de faire donner la troupe à chaque passage de CAPES pour ramener le calme parmi les impétrants !
On lit périodiquement des articles de ce type, assez dérisoires en fait. Je suis bac + 5, j'ai 4 enfants dont l'aîné a eu le bac en 2009 et j'observe l'éducation nationale avec du recul et dépit depuis 15 ans. Il y manque 2 choses essentielles :
1/ la connaissance des enfants. Leur processus de développement n'est pas pris en compte par les programmes et les enseignants. Un enfant ne s'intéresse pas à l'histoire quand il a 15 ans. cela ne veut pas dire que ce n'est pas important mais il ne s'y intéresse pas. Pour lui et sauf pour les 5% d'élèves qui aiment apprendre, apprendre l'histoire demande un effort particulier, un gros effort d'abstraction. Cela est valable aussi pour de nombreuses autres matières. Fuyant l'adaptation aux enfants, les prof et l'administration se réfugient dans les programmes et l'académisme. Sans parler du non-intérêt des profs pour les personnes auxquelles il sont chargés d'enseigner. Combien de fois ai-je constaté que les profs ne savent même pas si un enfant est orphelin ou si ses parents sont divorcés ou s'il a des problèmes de santé. En primaire et secondaire les élèves devraient apprendre les bases mais surtout être préparés à pouvoir s'investir dans des études. pour la masse, le déclic vient assez tard. Le système actuel est académique, construit pour les meilleurs, ceux qui ne font pas d'effort pour étudier.
2/ l'évaluation des enseignants. L'éducation nationale ne leur demande RIEN, même pas une présence en contrepartie de leur salaire. Nos enfants sont donc condamnés à supporter des profs inutiles, des profs exaspérés, des profs qui font grève, des profs qui ne sont jamais là mais que quelques profs qui font vraiment leur métier. Pourquoi n'impose-t-on pas à chaque enseignant de parler 1 ou 2 langues étrangères, ce doit être un pré-requis. Pourquoi n'enseigneraient-ils pas plusieurs matières (même en terminale je peux largement suivre malgré mon age en maths, physique, anglais, espagnol, SVT et je ne suis pas un génie) ? Pourquoi ne pas encourager les recrutements de personnes de la vie civile ? Mais non, le statut et sa défense mobilisent toutes les énergies.
Face à cela, Sarkozy a choisi l'évitement. La haine du fonctionnaire et la craintes des manifestations guide ses "choix"; il ne fait donc rien. Entre des enseignants résignés et un pouvoir lâche, malgré un coût exorbitant, nos enfants n'ont plus que leurs parents pour compenser. Et ceux dont les parents ne peuvent pas compenser ? Pauvre France.
Ce qui devient vraiment fatiguant en lisant certains post, c'est de constater que bon nombre de nos concitoyens ne font toujours pas l'effort de voir plus loin que le bout de leur nez. Sous couvert d'une relative et illusoire qualité rhétorique, les idées que certains véhiculent ne font que s'apparenter à de vulgaires considérations de comptoir, et ce sans la moindre argumentation qui puisse véritablement tenir la route. Est-ce à dire que toutes les conversations de comptoir sont vaines et infondées? Bien sur que non, et ce surtout quand leurs auteurs n'ont pas la prétention de détenir la réalité sur tout et n'importe quoi, sur n'importe quoi et sur tout. Or le problème est toujours le même, il ne suffit pas de lancer des affirmations, aussi bien tournées, aussi bien roulées soient-elles pour faire avancer et évoluer les choses. Ceux qui agissent de la sorte ne font que fermer des portes, alors que le débat se doit d'être ouvert et élargi. Prétendre que tous les enseignants sont des fainéants pour ce sujet, ou que tous les paysans sont des pollueurs pour un thème sur l'agriculture par exemple, sont des positions qui ne font que traduire une méconnaissance totale sur bien des sujets. Ce n'est vraiment pas avec ce type d'attitude que notre société pourra évoluer de manière positive. Triste France^^
Mais vous qui critiquez ceux qui ne proposent rien, que proposez-vous ?
Je crois que Sophie Audoubert représente très bien ces lobbys de l'administration qui partent de grands principes, et oublient la logique comptable. Ah, elle n'a pas bonne presse la logique comptable. Mais si seulement on regardait ce que dépense nos voisins, et leurs résultats. En effet, en France il y a beaucoup d'échecs, mais on est aussi l'un des pays qui dépense le plus en éducation, avec le plus d'agents éducatifs.
Je ne sais pas si les réformes du ministre sont les bonnes, mais pour l'instant on en a pas pour notre argent, donc autant économiser, on a rien a perdre.
Je ne sais pas si les réformes du ministre sont les bonnes, mais pour l'instant on en a pas pour notre argent, donc autant économiser, on a rien a perdre.
Soyez heureux, l'Etat vous écoute depuis un bon moment.
S'il est un domaine où l'on a pas attendu Sarkozy pour réformer, c'est bien celui de l'éducation nationale. A chaque nouveau Ministre, sa réforme, petite ou grande. Et à chaque fois, est-ce une composante de l'identité française, pas d'évaluation qui permettrait de comprendre ce qui marche, ce qui ne marche pas et pourquoi.
Alors je veux bien croire que de multiplier les enseignants devant les élèves et les conseillers d'éducation dans les couloirs ne soit pas nécessairement la bonne réponse, mais pour faire quoi ? En fait lorsque l'on voit que certaines classes peuvent rester plusieurs mois sans enseignant faute de remplaçant, on peut même se demander si l'on aurait pas intérêt à supprimer purement et simplement les enseignants !
La tendance lourde de ces réformes, c'est tout de même de supprimer ce que l'on considère comme superflu, pour se recentrer sur l'essentiel, c'est à dire en fait de supprimer des postes. Ca a d'abord été la suppression de l'offre de langues mortes, puis de l'offre des LV3, puis la réduction de l'offre des LV2. Maintenant, à défaut de trouver comment mieux former les élèves, on réduit le contenu des cours ce qui permet tout à la fois de diminuer le nombre d'enseignants et, pense-t-on, de remonter le niveau des élèves sur les savoirs que l'on dit fondamentaux.
Ca peut sembler relever du bon sens: Demandons en moins aux élèves, pour qu'au moins ils maîtrisent les fameux savoirs fondamentaux. Sauf que dans la pratique, ce n'est pas vraiment ce que l'on constate. Encore que là encore un bilan serait le bienvenue. Tout ce passe comme si moins on en demandait aux élèves, et moins ils travaillaient....
Dans la pratique, on met en place une école à deux vitesses. Pour l'élite, quelques lycées républicains d'excellence et de nombreux établissements privés qui sélectionnent sur dossier leurs élèves, et puis des établissements parking pour les autres.
C'est un double gâchis. Des élèves qui auraient pu prétendre à l'école d'excellence, ne seront pas identifiés parce qu'il ne sont pas nés dans le bon quartier et que leurs parents ne disposent ni du bagage culturel, ni des moyens financiers qui auraient pu leur permettre de bénéficier des bonnes stratégies. Le coût de la formation parking pour les autres élèves sera toujours trop élevé au regard du bénéfice pour les élèves comme pour la Société d'un tel gâchis humain et financier.
Une idée : Pour éviter de mettre les élèves "mal nés" dans des établissements parking transformons ces établissements parking en établissements d'excellence.
C'est simple : Il suffit de nommer les enseignants les plus expérimentés et les plus compétents dans ces établissements parking.
Une solution alternative serait de faire en sorte que ces enseignants d'excellence soit à mi-temps dans ces établissements défavorisés. Ils pourraient faire bénéficier les élèves et les professeurs débutants de leur expérience et de leur compétence.
‘Slate’ permet rapidement de juger le degré d’intérêt d’un sujet – plus le nombre de commentaires est élevé, plus le sujet peut être jugé d’avoir de l’importance pour les citoyens.
C’est le cas de l’Education Nationale suite à l’article de Mme Andoubert. Un vrai tollé parfois, mais aussi quelques commentaires, pour et contre, très raisonnables.
On parle de ‘poujadisme’ (de ma part), de ‘mammouths’ (une espèce corporatiste à regretter parait-il - c’est un vrai connaisseur qui utilise le terme), de la montre de Jean Sarkozy (on se demande pourquoi), de conversations de comptoir (du genre ‘des profs inutiles, des profs exaspérés, des profs qui font grève, des profs qui ne sont jamais là’ - le type de remarque à interdire) et de vacances bien méritées (c’est encore l’expert en mammouths qui parle…).
Plus positivement on parle de l'évaluation des enseignants, de leur formation pendant les vacances scolaires, des résultats, d’un budget nécessairement élevé pour l’Education National, de l’année scolaire trop courte qu’ailleurs. Ceux-ci demandent en résumé un peu plus de rigueur dans le système, une demande bien justifié il me semble.
Le débat est loin d’être terminé. Pour ma part j’accepte volontiers les appels au dialogue.
Mais entre ceux qui prétendent que « être prof ne se réduit pas à effectuer ses heures … » (comme un curé de campagne?), et nous autres pauvres crétins pour qui l’heure, la rigueur, et le résultat a un sens, il y a un gouffre.
Aux éducateurs peut-être à nous apprendre comment le franchir.
Votre remarque semble marquée par le bon sens.
Mais celà n'est pas aussi sûr qu'il y parait, à première vue.
Prenons par exemple le record absolu des commentaires : la main de notre Bleu bien aimé. Il ne peut y avoir de sujet moins important pour les citoyens. Mais on est dans l'émotionnel , la passion du jeu, et aussi dans le café du commerce puisque tout le monde peut émettre un commentaire sur le foot sans risquer de se montrer ridicule. Idem pour les commentaires sur Jean Sarkozy.
Par contre , des sujets plus "sérieux" comme la politique en Afghanistan, les maladies graves, l'économie en général, la philosophie, recueillent beaucoup moins de commentaires. Il faut bien admettre qu'un texte pertinent est plus difficile à écrire. Pourtant ces sujets intéressent beaucoup les citoyens et en particulier les lecteurs de Slate.
Je serais bien tenté de dire que plus il y a de commentaires, plus le niveau du sujet se rapproche de zéro, mais ce serait probablement exagéré et il doit bien y avoir un exemple du contraire.
Pour conclure , la difficulté d'accès à un sujet est la meilleure garantie pour s'épargner une avalanche de commentaires en majorité sans intérêt.
Pourquoi ne pas partir plutôt sur l'hypothèse que Le malaise que vit le monde éducatif et de l'enseignement n'est qu'un indicateur, ou un révélateur de la profonde crise que vit notre société? Si l'on s'engage alors dans cette direction là, et bien l'on s'aperçoit que très souvent l'école a été instrumentalisée pour servir les causes de ce que l'on peut nommer la "politique pansement". Car depuis bien des années au lieu de s'attaquer à bras-le-corps à des problèmes sociaux et d'inégalités en tous genres, nos dirigeants ont donner l'illusion que l'école était en partie en mesure de pouvoir régler ce que notre ancien président nommé "la fracture sociale". Ainsi l'état se décharge tant et plus sur l'école, ce qui nous amène alors à de nouvelles attitudes face à elle. L'école n'est plus vraiment un DROIT, elle devient un SERVICE QUI SE CONSOMME, avec tous les errements que cela peut induire. A cela il il convient aussi d'ajouter de nouvelles données sociales dont il faut tenir compte. La flexibilité dans le travail a totalement déstructuré les liens familiaux, la faute revient très fréquemment aux emplois du temps des parents qui peuvent parfois être totalement ahurissants. Les parents n'ont donc parfois plus le temps d'éduquer convenablement leurs enfants. Du coup certains pensent alors que l'école sera en mesure de combler cette carence éducative, ce qui est une grave erreur. La première éducation est celle que les parents fournissent à leurs enfants. Sur tout cela se greffe bien évidemment le cout de l'école dans sa globalité. Et là, bien évidemment que nous sert-on? Que l'école ne remplit pas son rôle convenablement, qu'il faut donc encore une énième fois la réformer, et quelle devra se montrer plus "rentable" avec moins de moyens.
Alors que penser après tout cela? Et bien tout simplement que cela peut s'inscrire dans une seule et même volonté délibérée de démanteler le service public, comme c'est le cas aussi pour les hôpitaux ou la police.
Vos questions en amènent d’autres…
Constructif
« - Rétablir l'égalité des chances en mettant les meilleurs professeurs dans les quartiers difficiles. »
La réflexion peut se faire d’une autre manière. Si tenté que l’on puisse dire que les enseignants « des quartiers difficiles » sont de moins bons enseignants que ceux « des quartiers faciles », comme à Neuilly par exemple…
Pourquoi ne pas mettre des élèves des quartiers difficiles, dans des quartiers mieux lotis.., avec de meilleures écoles, ou exercent « de meilleurs » enseignants ?
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« - Supprimer les postes de support, à l'arrière des troupes combattantes et augmenter les effectifs de profs, ceux qui sont au front. »
Wasaaaa ??? Iriez-vous jusqu'à dire qu’enseigner c’est comme partir au combat pour aller faire la guerre ?... Dans ce cas vous admettrez que ce n’est pas facile.
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« - Former des professeurs à double compétence. Il existe des profs d'Histoire & Géographie. Il pourrait exister des professeurs ayant plusieurs cordes à leur arc. Ceci aurait le double avantage de simplifier la gestion des enseignants et de varier leur métier. »
Si les enseignants ont plus de compétences, alors, diriez vous que leur rémunération doit s’en trouver revalorisée ? Un double de compétence est il proportionnel à un doublement du salaire ?
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« - Ouvrir le recrutement aux immigrés dans le but d’avoir le plus vite possible une population de professeurs représentative de celle des élèves. »
Seriez-vous pour une ghettoïsation de l’enseignement ? Vous l’envisagez comment ? Des enseignants noirs, là ou il y a une majorité d’élèves noir ? Des enseignants asiatiques pour enseigner dans des établissements avec une majorité d’élèves asiatiques ? Ou est ce que l’on mélange le tout, et on fait une distribution aléatoire des postes disponibles ?
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« Enfin, les enseignants étant dévoués à la défense du service publique et de l'intérêt collectif, la nation pourrait leur demander d'accroitre leur effort, en termes de nombre d'heures de cours, de support peri-scolaire, de formation pendant les vacances scolaires... »
Vous devriez aller jusqu’au bout de cette réflexion, vous verrez, vous finirez par leur demander de travailler pour la gloire…Gratuitement !
Bonne journée
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Peter Wright
« Pourquoi les stages de formation (nécessaires évidemment pour rester à jour dans l'enseignement) n'ont-ils pas lieu pendant les vacances scolaires ? »
Est-ce que vos stages de formation professionnelle ont eu lieux sur votre temps de repos ou sur vos vacances ?
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« Les enseignants, paraît-il, ne sont pas bien payés. Soit. Mais si l'on ramène leur salaire au nombre d’heures d'enseignement par an (la préparation de cours inclus) ils sont payés comme des banquiers! Je n'ai rien contre en soit mais de là aller se plaindre! »
De quels enseignants parlez-vous lorsque vous évoquez 18 heures de cours par semaines ? Est-ce, ceux du primaire, du secondaire ou des universitaires ?
Que fait-on du temps de préparation, du temps de correction ou du temps de recherche (pour les universitaires) ?
Est-ce que le temps de préparation et de correction doit être considéré (pour vous) comme du temps de travail ou pas, quelque soit l’endroit ou il s’effectue ?
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« Pourquoi les enseignants, des experts après tout dans leur domaine, ne sont-ils pas appelés à utiliser leurs compétences à former les retardataires, les immigrés sans éducation, les prisonniers pendant ces 20 semaines de 'chômage technique' ? »
Tout comme constructif, vous aussi, vous devriez aller jusqu’au bout de votre réflexion. Et comme lui, vous finirez par demander aux enseignants de travailler pour la gloire…Gratuitement !
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« Pourquoi le patrimoine immobilier scolastique reste-il vide le weekend et parmi ces longs vacances ? »
Vous voulez quoi ? Que l’enseignement puisse se faire 24h/24 ?
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« Les parents d'aujourd'hui sont moins gênés par ces plaintes corporatistes que par les grèves et l'absentéisme des professeurs. »
Les parents devraient eux aussi s’occuper de leurs enfants, et de leur absentéisme… ainsi que du comportement de leurs rejetons.
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« Surtout juste avant et juste après le weekend ! »
Démagogie, insinuation douteuse qui n’apporte rien si ce n’est le dénigrement ! Comme vous dites, l’éducation mérite un meilleur débat !
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Bonne journée
Oui les meilleurs enseignants sont dans les meilleurs lycées, tout le monde le sait, ça se joue aux points.
Oui, l'enseignement est un combat de tous les jours contre les inégalités. Oui c'est un métier difficile.
Oui, plus de compétence implique une meilleure rémunération.
Oui, le manque de diversité de la communauté enseignante est choquant. Oui, il est choquant de voir des écoles dans lesquelles 90% des élèves sont "colorés" et 90% des profs très pales.
Oui, il me semble normal de proposer aux enseignants si prompts à défendre le service public de mettre un coup de collier pour le bien public.
Quel dommage! J'essaye d'ouvrir des portes mais vous prenez un malin plaisir à toutes les refermer.
J'oubliais : vous n'avez pas répondu à mes 2 questions. quelqu'un pourrait-il y répondre. J'ai l'intuition que ces chiffres éclaireraient le débat.
- Quels sont les effectifs de l'éducation nationale?
- Quel pourcentage d'enseignants pour quel pourcentage de non professeurs?
Merci d'avance;
OUI à la conversation qui s'oppose à la conservation ... (conseil n°1)
Peter, vous avez écrit : "Mais entre ceux qui prétendent que « être prof ne se réduit pas à effectuer ses heures … » (comme un curé de campagne?), et nous autres pauvres crétins pour qui l’heure, la rigueur, et le résultat a un sens, il y a un gouffre."
Il n'y a pas d'enseignement sans horaire, sans rigueur et sans résultats évaluables ... Serions-nous donc tous des crétins, vous comme moi ?? Cessez donc de stigmatiser les uns et de les opposer aux autres, quels qu'ils soient ... Les vaches seront bien gardées et les élèves bien éduqués.
C'était mon conseil d'éducateur (conseil n°2) pour vous inciter à franchir le gouffre que vous avez creusé vous même.
JS Est-ce que vos stages de formation professionnelle ont eu lieux sur votre temps de repos ou sur vos vacances ?
PW Evidemment non. Mais les congés payés en France pour ceux qui n’enseignent pas ne sont pas d’une vingtaine de semaines par an. Vous ne le saviez pas peut-être.
JS Est-ce que le temps de préparation et de correction doit être considéré (pour vous) comme du temps de travail ou pas, quelque soit l’endroit ou il s’effectue ?
PW Evidemment le temps de préparation constitue du travail. Mais une question s’impose : qui contrôle la durée et le contenue de ce travail ? Réponse : personne.
Cette réponse vaut aussi pour Justafrog. Trop de travail dans l'Education Nationale n'est pas contrôlé. D'ailleurs une récent grève dans le domaine universitaire concernait une tentative par le ministre concerné qui visait à en obtenir.
PW « Pourquoi les enseignants, des experts après tout dans leur domaine, ne sont-ils pas appelés à utiliser leurs compétences à former les retardataires, les immigrés sans éducation, les prisonniers pendant ces 20 semaines de 'chômage technique' ? »
JS Vous devriez aller jusqu’au bout de votre réflexion…..vous finirez par demander aux enseignants de travailler pour la gloire…Gratuitement !
PW No comment !
PW « Pourquoi le patrimoine immobilier scolastique reste-il vide le weekend et parmi ces longs vacances ? »
JS Vous voulez quoi ? Que l’enseignement puisse se faire 24h/24 ?
PW Pas forcément. Mais une occupation des lieux 10 heures par jour pendant une cinquantaine de semaines par an – c'est-à-dire comme la plupart des lieux de travail - ne me paraît pas absurde.
PW « Les parents d'aujourd'hui sont moins gênés par ces plaintes corporatistes que par les grèves et l'absentéisme des professeurs. »
JS Les parents devraient eux aussi s’occuper de leurs enfants, et de leur absentéisme… ainsi que du comportement de leurs rejetons.
PW Les parents apprécieront … Mais il y a du vrai dans ce que vous dites là….
PW « L’absentéisme. Surtout juste avant et juste après le weekend ! »
JS Démagogie, insinuation douteuse qui n’apporte rien si ce n’est le dénigrement !
PW Pas du tout. Je cite le rapport comme il a été présenté par journal ‘Le Monde’
JS Comme vous dites, l’éducation mérite un meilleur débat !
PW Effectivement !
J'ai ete pour ma part totalement alarmee par la pratique de recrutement que Madame Audoubert nous signale. J'ai le souvenir de ces professeurs remplacants que nous cotoyons en classe dans un traumatisme reciproque. Ce genre de confrontations contribuent j'en suis sure a separer plus encore les generations et les classes sociales. Que cet etat de fait se generalise m'affole et a vrai dire m'attriste.
Je dois donc avouer ma perplexite devant un certain nombre de "posts" consistant a dire bien vite et bien fort que l'education coute trop cher, que les profs sont trop nombreux et trop feignants. Ce qu'il est difficile de ne pas considerer comme autre chose que de vieilles rengaines tranche avec l'analyse ponderee et ne l'oublions pas, experte, de Madame Audoubert. Car apres tout Madame Audoubert est enseignante et elle a bien recu la lettre dont elle nous parle. Cela merite qu'on l'ecoute.
Et si on l'ecoute, Madame Audoubert s'oppose a toute reforme. Simplement Madame Audoubert aimerait que l'on prenne ces reformes au serieux, et que l'objectif d'efficacite si souvent invoque ne releve pas d'un logique comptable isolee mais s'inscrire dans un projet d'education qui n'oublie pas les etre humains qui le vivent et ne perde pas de vue l'objectif de transmission.
Notre societe est devenue multiculturelle et notre economie est une economie de la connaissance. L'objectif de transmission est donc aux fondements de notre projet de societe et de l'un de ses enjeux majeurs: l'integration sociale et ecomique.
Aussi, l'ambition que Madame Audoubert a pour l'education nationale me semble juste et courageux.
Je t'en tiens donc a lui dire merci, et hommage.
J'essaye de prendre un peu de hauteur avec vous.
Certes, Mme Audoubert est une experte dans le domaine de l'éducation, et dans tous les cas biens plus que moi. Mais elle n'est pas une experte indépendante. Ce qui, j'en suis désolé, relativise sa réflexion.
Maintenant certains faits sont irréfutables. Nous nous plaignons collectivement du manque de moyens des administrations et services publics. Pourtant c'est dans notre pays que nous payons le plus cher au travers de nos impôts et prélèvements variés, près de 50% de la richesse nationale. Où va toute cette richesse? Est-elle bien utilisée? Les administrations et services publics peuvent-ils faire l'économie d'une réflexion sur leur pratique, leur organisation, sur (osons le mot) productivité?
Et la question fondamentale : Combien de temps pourrons-nous continuer à emprunter pour maintenir le niveau de ces services publics? Savez-vous qu'en 2009 pratiquement 50% du budget de l'état (hors assurance chômage, sécurité sociale et retraite), près de 50% de l'argent dépensé par l'état est financé par l'emprunt?
Je ne sais pas si l'idée de recruter des personnels tels que décrit dans cet article est une bonne idée. Peut-être est-ce le seul moyen qu'ai trouvé le recteur pour apporter plus de souplesse dans la rigidité de l'administration de l'éducation nationale? Ce qui est certain c'est qu'il faudra apporter plus de souplesse. La chance que nous avons c'est que la population enseignante est une population intellectuelle et donc plus ouverte que d'autres à la remise en question.
Comme Constructif j'écoute avec attention les remarques de certains Slateurs enseignants eux-mêmes ou en tout cas soucieux de défendre l'Education Nationale.
Moi-même formateur pendant de très nombreuses années et créateur d'un organisme de formation qui forme aujourd'hui en France 20 000 stagiaires par an, je connais un peu les problèmes qui confrontent tout centre de formation.
Mais personne jusqu'à maintenant n'a répondu aux questions pourquoi un enseignant dans l'Education Nationale ne travaille que 30-35 semaines par an et bien moins que 35 heures par semaine, et pourquoi la formation des enseignants n'a-t-elle pas lieu hors de l'année scolaire?
Car c'est possible de faire mieux. Quitte à payer plus.
La convention collective de la formation continue prévoit un partage de 70 : 30 en termes du rapport heures de cours : préparation sur une base de 35 heures / semaine.
De mémoire on travaille 46 semaines par an.
Il est vrai qu'il s'agit dans la formation continue de formation des adultes. Mais vu de l'extérieur la gestion de l'Education Nationale en termes de contrôle des activités des enseignants me paraît laxiste.
Le monde du travail, et surtout les parents, ne comprend pas pourquoi ceux qui sont chargés de l'éducation des enfants profitent d'un régime qui diffère beaucoup de celui qu'ils vivent quotidiennement eux-mêmes.
C'est en répondant franchement à ces questions que le dialogue avancera.