Eric Le Boucher: Copenhague, l'échec sera difficile à éviter
Les seules limitations d'émisssions de gaz à effet de serre, sans un soutien massif à l'innovation technologique, ne sont pas à la hauteur du problème.
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Pour réduire les émissions de CO2, il y a deux voies. La première est celle du serrage de ceinture, celle de Kyoto et des écologistes. La seconde est la voie qu'on peut nommer «américaine» qui passe par de fortes innovations de nos modes de transport et de production.
La première est en échec. Les signataires de Kyoto en 1997 s'étaient engagés à réduire de 5% leurs émission de gaz à effet de serre en 2012 par rapport à 1990. Seule l'Union européenne y parviendra, et encore, en son sein seuls l'Allemagne et la Grande-Bretagne sont de bons élèves (-20%), la France ayant tout juste franchi la barre des - 5%. Les autres pays hors d'Europe sont restés en dehors de l'accord, dont les deux plus gros pollueurs, Etats-Unis et Chine. Washington et Pékin viennent d'annoncer des objectifs de réduction mais ceux-ci restent bien en dehors de ce qu'il faudrait, selon les scientifiques de l'ONU (GIEC).
Même en cas d'accord à Copenhague, il est désormais certain que l'ensemble des pays du globe ne parviendront pas à diviser par deux leurs émissions d'ici à 2050, serrage de ceinture minimum pour limiter la hausse du climat à 2 degrès celsius en fin du siècle.
L'autre voie est-elle meilleure? L'innovation va-t-elle sauver la planète? Une étude de l'institut Bruegel installe le doute: les efforts de recherche et développement sont très largement insuffisants pour accoucher, à temps, d'une «révolution verte».
Seuls 2,5% des brevets déposés dans le monde concernent l'environnement. Globalement, peu de labos travaillent sur ces sujets et on assiste à aucune accélération des efforts, malgré les discours sur les «green tech». Le secteur de l'énergie ne fait que peu de recherche & développement par rapport à d'autres (armement, électronique, aéronautique, pharmacie). En Europe, seules EDF et Areva entrent dans le top 100 des dépenses R&D. Mais en volume, le nucléaire n'est pas une technologie où la recherche augmente. Seules les piles à combustibles font l'objet d'une intensification.
Par pays, le Japon se distingue, en détenant 35% des brevets mondiaux sur l'environnement. L'autre pays qui accroît sa R&D est l'Allemagne (8% des brevets). Les Etats-Unis contrairement à ce qu'on peut penser en regardant la Californie, se consacrent peu aux technologies de l'environnement. Conclusion des auteurs de l'étude: «le faible taux de dépenses de R&D dans l'électricité laisse penser que ce secteur clé ne pourra pas générer ses propres innovations pour réduire les gaz à effet de serre».
L'étude s'interroge alors pour savoir pourquoi les innovations manquent dans l'environnement contrairement aux discours offensifs des gouvernements. Première raison: les bénéfices des innovations sont publics (les populations entières) tandis que les dépenses sont privées. Deuxième raison: les financements font défaut parce que ces technologies sont très incertaines et les risques de ne pas obtenir des résultats sont gros. Troisième raison: la recherche sur les technologies polluantes est souvent plus payante pour les entreprises des secteurs concernés (par exemple dans l'automobile, les progrès sont notables dans les moteurs classiques, ce qui glace les recherches sur les technologies «toutes propres»). Enfin, quatrième raison, les régulations, règlements et autres lois, sont des obstacles très contraignants quand il faudrait avoir la liberté des tests.
L'innovation ainsi laissée à elle-même ne sera pas au rendez-vous de la planète.
Comment faire pour l'accélérer? Il faudrait une combinaison d'aides publiques et d'incitations en relevant le prix des énergies anciennes (taxe carbone), poursuivent les auteurs. Les programmes publics de R&D pour l'environnement sont minuscules: 4% du total des dépenses dans l'Union, moins de 1% aux Etats-Unis. Et en Europe, cet argent est dépensé «sans aucune coordination» entre les 27 pays membres. France et Allemagne y consacre des moyens mais de 2000 à 2005 (dernières statistiques disponibles), ils ont été... en baisse.
Toutefois, on note un engouement très récent. Aux Etats-Unis, l'intérêt pour les «green tech» croît notablement «depuis 2007», note l'étude. Le capital-risque s'investit: 3 milliards de dollars en 2008, contre 100 millions en 2005.
La taxe carbone sera-t-elle «la» solution? Si elle est suffisamment haute et prédictible, la réponse est sûrement positive. Hélas, là encore, il faut déchanter. Les Etats-Unis n'ont pas de taxe carbone tandis qu'en Europe, l'ensemble des taxes sur l'énergie ne représente que 6,4% des recettes des Etats, c'est peu et le chiffre baisse. Le prix de la tonne de carbone a reculé de 32 dollars en avril 2006 à 14 dollars aujourd'hui. Tout l'inverse de ce qu'il faudrait à cause d'un mauvais fonctionnement du marché.
Conclusion pessimiste des auteurs: l'innovation est très en arrière de ce qui est nécessaire pour révolutionner nos modes de vie et réduire comme il faudrait les émissions de gaz. La solution «américaine» nécessite, elle aussi, un sérieux changement de cap.
Eric Le Boucher
Lire également sur Copenhague: Claude Allègre: Copenhague sera un échec et Copenhague ne doit pas être le sommet de la honte.
Image de Une: Pollution de l'air en Chine dans le Wuhan Reuters
Mis à jour le 08/12/2009 à 9h29












































Analyse convaincante. Nous aurons droit quand même à une victoire à Copenghague au moins dans la communication. Sur le fond, il me semble que la solution réside dans les citoyens et leur comportement personnel. Comme pour la santé ou l'alimentation, les comportements vertueux permettraient de progresser. Dans cette optique, je ne vois rien qui se dessine dans les programmes éducatif; sur des axes de progrès à si long terme, il faudrait quand même que les jeunes soient sensibilisés. . Mais tout cela n'est-il pas freiné en fin de compte par les lobbies de l'énergie qui tiennent les politiques et rançonnent les citoyens ?
Si votre analyse est pertinente et votre conclusion juste je me pose une série de questions depuis quelques mois.
La climatologie est-elle une science exacte ?
Pourquoi est-on capable de lier le CO2 avec le climat, alors que d'autres paramètres très importants ne sont pas pris en compte ?
Pourquoi est-on incapable de donner la température à plus de 3 à 5 jours ?
Pourquoi les réchauffistes traitent les sceptiques de négationnistes alors que ces derniers avancent des arguments scientifiques mesurables et rendent accessibles leurs données et méthodes de calcul ?
Comment cette jeune science s'appuie t-elle sur un argument "démocratique" pour justifier ses dires ? Galilée n'avait-il pas raison alors que l'Eglise était contre lui à 100 % Que signifie donc ce fameux 90 % de scientifiques soutiennent que le CO2 serait majeur ?
Pourquoi des scientifiques ont vu leurs publications refusées, rejetées et censurées ?
Pourquoi dans les années 70, certains, dont le conseiller climat du Président Obama annonçaient la glaciation de la planète ?
Pourquoi la bourse carbone de Chicago, créée par Al Gore & Co, dont l'activité est actuellement décevante, a dans son board le président du GIEC ?
Pourquoi les réchauffistes accusent-ils les climato-sceptiques d'être financés par les pétroliers alors que le CRU, lui-même reçoit des subsides d'EXXON et autres ?
Pourquoi des millions de $ sont actuellement dépensés en marketing par des ONG qui pourraient utiliser ces dons et subsides pour équiper en installations solaires, éoliennes et hydrauliques les pays d'Afrique ?
Pourquoi utilise t-on des arguments apocalyptiques pour convaincre le quidam tels que :
- températures pouvant aller jusqu'à 10 °C au lieu des fameux 2°C étatiques.
- développement de la malaria en Belgique annoncé par le président de Greenpeace de ce pays ?
Pourquoi les Etats parlent de quota, de pourcentage de réduction invérifiables techniquement alors que personne n'ose demander l'interdiction des centrales à énergies fossiles dans un délai de 20 ans par exemple ?
Pourquoi ce grand raout à Copenhague alors qu'aucun chef d'état digne de ce nom ne s'est rendu aux dernières conférences sur l'eau et la faim ?
Pourquoi nos média n'approfondissent-ils pas le débat scientifique en cours ?
Copenhague ne risque t-il pas d'avoir des résultats contraires à ceux souhaités ou désirés ?
Merci de poser de si bonnes questions.
On pourrait se demander aussi pourquoi "l'argument d'autorité" s'est il substitué à l'argument scientifique au coeur même des milieux scientifiques?
Pourquoi la manipulation manifeste de l'opinion est-elle considérée comme une vertu dans ce domaine?
Pourquoi laisser des associations très minoritaires, aux origines et aux financements obscurs prétendre dire le vrai, scientifiquement, moralement, politiquement sans aucun contrôle démocratique? De quoi tirent-elles ce magistère mondial où elles se font juges de tout et de tous?
Qui sont ces "grands prêtres" prophètes et imprécateurs médiatiques qui passent pour des sages selon le modèle Cousteau, si discutable?
Pourquoi la raison est-elle si impuissante devant cette avalanche d'affirmations si mal fondées?
Il y a là un symptôme planétaire. De quoi? si on en crois les travaux de Roger Nifle sur le basculement de l'axe du monde, les paradigmes traditionnels sont remplacés par deux autres l'un est l'antihumanisme, dénnnciateur du principe d'humanité, l'autre est l'humanisme radical qu'il préconise.
Le premier entraîne dans son courant systémique, naturaliste, un très grand nombre qui a abandonné de ce fait tout discernement propre.
qq réponses
"La climatologie est-elle une science exacte ?" si par science on dit le fait d'avoir une capacité de prévision du futur... NON. cette dernière décénie de stagnation imprévue, le prouve. Mais ca n'empêche pas comme avec la finance et ses modèles précis et faux d'avoir une capacité a diriger des décisions, inadéquates mais volontaristes.
"Pourquoi est-on capable de lier le CO2 avec le climat, alors que d'autres paramètres très importants ne sont pas pris en compte ?" parce qu'on a des capacité relle mais modestes de calculer l'impact du CO2 en théorie. Pour le gaz a effet de serre le plus important, l'eau, on est loin d'avoir des modèles qui traitent ses 5 phases essentielles (vapeur, nuage d'eau et de glace, glaces, océan). La encore c'est comme la finance ou on gère les risques gaussien calculable,s et on ignore les risques extrêmes trop complexe a utiliser (même s'il sont calculable, ils empêchent certains calculs dérivés)
"Pourquoi les réchauffistes traitent les sceptiques de négationnistes, alors"... parce qu'il ont raison et que cela se voit a la TV.
"Pourquoi nos média n'approfondissent-ils pas le débat scientifique en cours ?"
la c'est ce qui me troue le ... cerveau... le plus... peut être parce qu'il se sont trop engagés dans le vente de frayeurs pour pouvoir revenir en arrière.
la presse adore vendre la peur et la controverse, sauf quand elle en est la victime.
on peut dire que le gouvernement est complice des industriels, mais dire que le presse s'est fait manipuler par des ONG bénie des dieux de la sainte nature...
quand on voyage on se rend compte que la propagnade écolo chez nous a pour miroir la propagande religieuse dans d'autre pays. même fonction anesthésique et culpabilisante qui permet de se détourner des problèmes sociaux.
on n'a qu'a voir comment arrêt sur image, qui démontait bien ces mécanismes professionels, a été démonté par la profession.
d'un autre coté, les économies d'énergies, l'aide au développement ca fera pas de mal.
mais entre les éolienne et les écoles au sahara il y a des priorités.
le drame de ce délire général c'est qu'on oublie les priorité urgente.
en plus on met sur le dos du réchauffement des problème politiques et de développement.
ces iles ou ces delta qui s'enfoncent naturellement depuis des millénaires, on nous fait croire que la montée des eaux y est plus forte qu'ailleurs...
Ces glaciers qui disparaissent du fait de la déforestatation, d'autres qui grossissent sans qu'on le disent (yen a plein en france).
ces sols ravagés par les cultures et l'irigations intensives qui se salinisent...
les solutions existent avec des plantes halophiles ou des techniques de gestions agricoles plus douces et plus performantes... et même de démoniaques OGM (que monsanto ne fait pas parce que lui ne s'intéresse qu'a ceux qui font vendre sa chimie... ils valent pas mieux que bovais)...
évidemment je suis vendu a exxon, et j'ai droit de passer gratos a la pompe pour remplir le réservoir de mon vélo. vue comme j'ai des gaz a vélo, je suis un affreux pollueur.
il y a tellement d'argent en jeu que les chasseurs de primes (ONG, chercheurs, start-ups vertes..) sont de sortie et communiquent sans compter! quant à l'aide aux PMA (pays moins avancés)qui en ont le plus besoin, elle n'est pas évidente, quand on sait que les dirigeants africains ont pillé à leur profit personnel la plus grande partie de l'aide occidentale reçue depuis l'indépendance (études Worldbank)!
Mais un accord global n'aurait strictement aucun sens, tant les attentes, les besoins et les situations des 192 pays intervenant sont dissemblables; parions plus modestement sur un catalogue de mesures réalistes qui pourraient constituer le socle d'une politique planétaire.
Des prophètes de l'échec. 193 chef d'état sur le sujet, ça ne suffira pas à régler le débat mais c'est déjà une victoire.
Tokyo, Rio et maintenant Copenhague, nous ne sommes pas au bout mais il faut constater que la direction est bonne. Il n'y aura jamais de sommet miracle et de solution définitive, ni d'accord de tous, alors prenons ceci comme un pas en avant, qui sera évidemment insuffisant en attendant le prochain.
Pendant que j'y suis, haro sur la taxe carbone, ce n'est qu'un impôt de plus, payable immédiatement sans résultat prévisible. La solution est de légiférer et d'interdire les véhicules dépassant certains taux d'émission avec un calendrier dégressif sur 20ans pour arriver à zéro. Mais plutôt que d'attaquer les lobbies de l'automobile, on préfère taxer les pauvres automobilistes qui n'ont pas d'autre choix que d'utiliser leur véhicules, les pauvres auront de plus en plus de mal à aller travailler et les riches se foutent de dépenser quelques € de plus à chaque plein.
Je vous conseille de lire le site internet de ce chercheur qui publie des mesures sur la températures des océans par satellite, qui nous explique l'impossibilité de modéliser l'activité des nuades, etc...
Il s'agit du Docteur Roy Spencer
Un produit dit vache à lait est celui dont la notoriété est établie et dégage une forte rentabilité, le plus souvent grâce à une rente de situation.
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Aujourd'hui, le moteur thermique des voitures est la vache à lait des constructeurs. Pourquoi investir dans l'électrique ou l'hydrogène tant qu'il y a du pétrole et tant que la fiscalité est favorable ?
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Plus cette situation perdure, plus l'amortissement est important et la rente conséquente. Les constructeurs n'ont pas intérêt à ce que ça change. Lorsque les courbes de cycle de vie moteurs thermiques et autres types de moteurs s'inverseront, les constructeurs investiront dans la recherche.
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Côte politique, la gestion du changement nécessite une grande lenteur pour s'assurer une ré élection. Bousculer les foules est mauvais. Favoriser l'abandon d'une technologie qui assure des emplois au présent, sans certitude sur les emplois liés aux innovations, serait suicidaire.
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Peut-être, cependant, pour faciliter ou aider au changement, serait-il opportun, un temps, à la fois de baisser de façon drastique le prix des véhicules et d'autre part, toujours un temps, de financer les crédits automobiles à o%.
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Il me semble que tant que l'on voudra gérer la transition énergie actuelle/énergies nouvelles sans modifier un temps l'approche économique et l'impératif de rentabilité, le changement se fera lentement jusqu'au jour où la fin des énergies fossiles obligera à un changement radical accepté par tous puisqu'il s'imposera de lui-même.