Science & santé

Pour l'humain, faire l'amour dans l'espace reste encore un épineux mystère

Repéré par Florian Adam, mis à jour le 15.03.2017 à 10 h 56

Repéré sur Five Thirty Eight

Les effets sur la reproduction d’un trajet de longue durée sont encore méconnus.

Viking 1 Launch | NASA on The Commons via Flikr CC License by

Viking 1 Launch | NASA on The Commons via Flikr CC License by

Faire l’amour dans l’espace n’est pas au programme de la Nasa. Il ne s’agit pas seulement de rayer un défi sur une liste à la Barney Stinson, dragueur invétéré de la série How I Met Your MotherLa question est sérieuse, et Five Thirty Eight la traite comme telle.


 

La journaliste Maggie Koerth-Baker relève que, outre l’acte en lui-même, un trajet de longue durée dans l’espace pose de nombreuses interrogations sur la capacité des hommes à se reproduire. Les radiations lors d'un voyage pour Mars sont telles qu'elles dépasseraient le niveau actuellement autorisé pour les astronautes. Or, les organes reproducteurs y sont particulièrement sensibles. De même, les effets de la microgravité, l'absence ou presque de gravité, sont peu compris.

«Il y a des preuves que la microgravité affecte les niveaux d'hormones chez les mâles et les femelles»

Certes, des tests sur des animaux ont été conduits. Les résultats ne sont pas encourageants. En 2010 et 2011, des souris femelles qui avaient séjourné dans la station spatiale internationale ont tout simplement arrêté d’ovuler, rappelle Five Thirty Eight. D’autres ont perdu le corps jaune, formé à l'intérieur des ovaires après l’expulsion des ovules, assurant la production de progestérone pour maintenir la grossesse jusqu’à la formation du placenta. Sans corps jaune, la grossesse est rendue impossible.

L'expérience en confirme une autre conduite par les Russes en 1979. Des couples de rats avaient passé 18 jours dans l’espace. Tombées enceintes, les rates ne sont pas allées à terme. Joseph Tash, qui étudie la reproduction animale dans l’espace à l’University of Kansas Medical Center conclut qu’«il y a des preuves concordantes que la microgravité affecte les niveaux d'hormones chez les mâles et les femelles», rapport le magazine. Il leur faut un certain temps d’adaptation après le retour sur terre avant que ces niveaux retournent à la normale. 


Pour ce qui est de l'espèce humaine, la gravité de Mars (38% celle de la Terre) est-elle suffisante pour permettre un retour à la normale? La journaliste n’a pas de réponse à sa question, les données dont dispose la Nasaa ne sont pas suffisantes pour une raison simple. Peu de femmes vont dans l’espace (11% seulement), et la majorité d’entre elles prennent la pilule hormonale pour éviter les inconvénients de leur cycle menstruel. De ce fait, il est difficile d’apprécier l’effet d’un voyage dans l’espace sur leurs hormones.

De plus, l’étude de la question de la reproduction et des effets d’un voyage de longue durée sur les fonctions de reproduction de l’homme est loin d’être une priorité. «La Nasa n'a jamais eu pour mission de coloniser. Du moins, pour l'instant. Les contraintes budgétaires ne permettent pas de faire des recherches sur quelque chose dont vous n'avez pas besoin», explique Virginia Wotring, professeur de Centre de médecine spatiale à l’université de Baylor. Dommage alors que l'on ait pas davantage profité de l'expédition à laquelle ont pris part Mark Lee and Jan Davis en 1992. Unis secrètement quelques mois plus tôt, ces deux Américains sont le seul couple d'astronautes à avoir voyagé ensemble dans l'espace. Officiellement, pourtant, d'après la Nasa, ils sont restés stoïquement sages jusqu'à leur retour sur Terre. Une belle occasion manquée.

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