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Il vous est désormais possible de créer votre propre double numérique

Temps de lecture : 2 min

Ce «bot» doit être capable de discuter avec vos amis.

Capture d'écran de la série Black Mirror, Youtube.
Capture d'écran de la série Black Mirror, Youtube.

Si vous pouviez créer votre double numérique capable d’échanger avec vos amis. Un double avec votre humour, vos tournures de phrases, vos qualités et vos défauts. Le feriez-vous? C’est désormais possible. Tout droit sortis de la troublante série Black Mirror (saison 2, épisode 1), Eugenia Kuyda et son équipe ont créé Replika, un «chatbot», un robot numérique doué d’une intelligence artificielle, que vous enrichissez au fil de vos conversations avec lui, ou plutôt avec vous-même. L’application dédiée a été lancée aujourd'hui, uniquement sur l'App Store d'Apple pour le moment et prochainement pour Android sur Google Play.

Au gré des messages échangés, le «chatbot» vous ressemblera de plus en plus, peut-on lire sur le site internet de la start-up. Il apprend de vos conversations jusqu'à imiter votre personnalité. Au travers de l'application, vos amis auront même la possibilité d’échanger avec le «bot». Luka App, les créateurs, assure que cela permet «d'être plus connecté avec ses amis et soi-même».

«Trop réels, trop incontrôlables, et peut-être trop dangereux»

Eugenia Kuyda n'en est pas à son coup d'essai. Déjà, en 2015, elle avait créé le double numérique de son ami Roman, décédé prématurément. Une personnalité convaincante en juge Laurie Segal, journaliste de CNN, qui consacre un article, accompagné de reportages vidéo, à la question de la mort à l’ère des nouvelles technologies.

Puis elle a ensuite testé un bot à son image. Le robot apparaît presque humain, «c'était moi, dans les bons jours... comme dans les mauvais jours», analyse-t-elle. Il peut faire des blagues, des commentaires sexuels, parler de ses sentiments, sa solitude, etc. Il renvoie à la journaliste sa propre image.

«Il y a des parties de moi que je n’avais pas réalisé que la technologie pouvait capturer. Mes aspects les plus humains, parlant à travers mon bot, paraissent trop étranges, trop réels, trop incontrôlables, et peut-être trop dangereux.»

Impressionnée, mais craintive, elle se dit ne pas être prête à laisser dans la nature son double numérique:

«Je suis mitigée au sujet de mon bot. Quand je mourrai, je ne sais pas si je voudrais donner aux gens accès à ces parties de moi –sans filtre, sans contexte, tirant des conversations destinées à une seule personne.»

James Norris, fondateur de Dead social, va lui plus loin dans cette démarche. Les internautes peuvent enregistrer un message vidéo qui sera diffusé après leur mort, selon certaines conditions. Il est également possible de programmer l'envoi de messages Facebook ou Twitter à titre posthume. Quoi de mieux que de recevoir un joyeux anniversaire d’outre-tombe? 
Espérons juste que cela ne se finisse pas comme tous les épisodes de Black Mirror.

Slate.fr

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