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Français, souriez, le monde entier vous regarde!

Jean-Marie Pottier, mis à jour le 09.03.2017 à 15 h 29

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33/365 Atlas. Joe Lodge via Flickr CC License by.

33/365 Atlas. Joe Lodge via Flickr CC License by.

Ça nous fait quoi, d'être soudainement devenus le centre du monde?

La présidentielle française est «le vote qui pourrait détruire l'Union européenne». Elle va «façonner le destin de la France, de l'Europe et de l'ordre mondial libéral et mondialisé tel qu'il a tenu depuis soixante ans». Elle pourrait être «un point de non-retour à l'échelle mondiale». Elle met en jeu «le modèle même de société et de démocratie qui a dominé l'Occident depuis la fin de la Guerre froide». Ça met un peu la pression, de rentrer dans l'isoloir en ayant l'impression que quelques milliards de personnes regardent par-dessus votre épaule.

Et pourtant, puisqu'en France tout finit par des chansons, tout cela a eu pour l'instant un air de mauvaise pièce de boulevard, entre ces affaires à l'ancienne de petits emplois en famille, ce candidat qui convoque sa propre manif de soutien, ces retournements de veste, ces couples improbables, ces personnages que l'on croyait disparus et qui finissent par revenir... ou pas. Cette présidentielle, écrit The Politic, le magazine politique de l'université de Yale, «a pour l'instant moins ressemblé à The West Wing qu'à Parks and Recreation». Tellement française, tellement surréaliste.

Mais tellement mondiale, aussi, dans la façon dont, six mois après Trump, se profile le scénario d'une tempête parfaite, celle qui pourrait hisser Marine Le Pen au pouvoir. Mais comme, décidément, ces Français ne peuvent rien faire comme les autres, ils pourraient désigner pour la battre au second tour un candidat «antisystème» venu du cœur du système, adepte de la mondialisation heureuse et de la société ouverte, centriste voire central mais soutenu par des élus communistes.

Depuis combien de temps la presse étrangère ne s'était-elle pas intéressée à ce point à un scrutin hexagonal? 2005? 2002? 1981? Cette année-là, le New York Times utilisait une métaphore routière amusante pour décrire l'état de la politique française: «On trouve sur les routes françaises, dans les endroits particulièrement piégeux, ce qui doit être le panneau de signalisation le plus frustrant du monde: il est totalement blanc, avec seulement un point d'exclamation.»

Trente-cinq ans après, nous sommes à nouveau sur cette route, devant ce panneau. Et le monde entier est à la place du mort.

Ce texte est paru dans notre newsletter hebdomadaire consacrée à la crise de la démocratie. Pour vous abonner, c'est ici. Pour la lire en entier: 

Jean-Marie Pottier
Jean-Marie Pottier (918 articles)
Rédacteur en chef, responsable de la newsletter politique «Le Jour d'après». Auteur de «Indie Pop 1979-1997» et «Ground Zero. Une histoire musicale du 11-Septembre» (Le Mot et le Reste).
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