Culture

Sous quel «régime romantique» vivez-vous?

Temps de lecture : 2 min

En amour, êtes-vous plutôt Américain ou plutôt Russe? L’amour consumériste ou l’amour malgré tout?

Une fresque représentant le président Donald Trump et Vladimir Poutine s'embrasser. Vilnius, le 13 mai 2016. I PETRAS MALUKAS / AFP
Une fresque représentant le président Donald Trump et Vladimir Poutine s'embrasser. Vilnius, le 13 mai 2016. I PETRAS MALUKAS / AFP

L’amour avec un grand A n’est pas le même partout. La politique, l'économique, l'état des relations sociales sont autant d'influences pour l'appréhender. Des facteurs perceptibles au travers du langage utilisé dans des magazines populaires, des séries télé, dans la littérature. Dans Aeon, et relayé par le New York Times, Polina Aronson, auteure russe et docteur en sociologie, signe un essai sur la différence qui existe entre la conception de l’amour des Américains et celle des Russes. Deux «régimes romantiques», dit-elle.

Née en Russie, Polina Arosnon y vit jusqu’à ses 16 ans avant de déménager aux États-Unis en 1997. Le magazine féminin Seventeen lui a offert un avant-goût de la vie amoureuse et de ses codes aux pays de l’oncle Sam. Adolescente, elle était fascinée d’apprendre «ce qu’il se passait entre un garçon américain et une fille américaines quand ils commençaient à s’aimer». Déjà adolescente, elle se rend compte que les deux régimes romantiques s’entrechoquent. Le régime américain est celui du choix. Elle a baigné dans un «régime du destin». Quand d’un côté les individus sont entraînés à choisir un partenaire selon leurs besoins, de l’autre, la littérature russe décrit l’amour comme un «pouvoir surnaturel» auquel on ne peut pas échapper.

L'amour russe ressemble plus à un roman de Tolstoï

Calqués sur le modèle capitaliste et individualiste, les Américains sont sur le «dating market». Ils mettent l’accent sur «la prudence de leur choix». Il faut faire attention de «choisir la bonne personne pour satisfaire ses désirs», écrit le journaliste du New York Times. Dans l’imaginaire collectif, l’engagement pris avec la personne peut être brisé, contrairement au «régime du destin».

En Russie, l’amour ressemble davantage à un roman de Tolstoï, comme l’a démontré la sociologue des émotions, Julia Lerner, citée par Polina Aronson. Ainsi, aimer est un «acte moral et quelque chose de valeureux. Il [l’amour] est irrésistible, exige des sacrifices et implique la souffrance et la douleur».

Une conception qui peut dans certains cas aider à surmonter les obstacles de la vie, assure le New York Times. Pourtant, le «régime du destin» a un côté sombre, comme le rappelle Polina Aronson:

«L’amour à la russe s'accompagne de problèmes de toxicomanie, de violence domestique et d'enfants abandonnés: les sous-produits de vies qui n'ont jamais été vraiment réfléchies très clairement. Apparemment, croire au destin chaque fois que vous tombez amoureux n'est pas une excellente alternative.»

Finalement, comme le conseille l’auteure, mieux vaut ne pas choisir du tout entre les deux régimes, mais viser le juste milieu. 


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