Science & santé

Partir vivre sur Mars, c'est subir un décalage horaire permanent à vous rendre fou

Repéré par Emeline Amétis, mis à jour le 08.03.2017 à 17 h 48

Repéré sur Five Thirty Eight

À force de rajouter quarante minutes chaque nuit, l’horloge de Mars finirait par être tellement décalée qu’en quelques semaines, elle sonnerait midi à l'équivalent de minuit sur Terre.

Mars | Nasa via Flickr CC License by

Mars | Nasa via Flickr CC License by

Si la Nasa envisage la colonisation de Mars par l’humanité, vivre sur la planète rouge ne sera pas de tout repos pour les Terriens, selon un article du site Five Thirty Eight. Comme notre planète, Mars tourne sur elle-même mais plus lentement. Une rotation de Mars prend 39 minutes et 25 secondes de plus que les 24 heures que l’on connaît sur Terre. Ceux qui auraient la «chance» de déménager sur Mars, vivraient donc en décalage horaire permanent: ces quelques minutes de plus reviendraient à traverser deux fuseaux horaires d’est en ouest tous les trois jours.

«Nous vivons notre vie selon l’écoulement du temps, mais sur Mars, ce serait différent sur tous les points. Nous aurions besoin d’un nouveau vocabulaire, d’un nouveau rythme circadien et d’un millier d’autres ajustements. Une journée n’aurait rien à voir avec celles que l’on connaît sur Terre», affirme Five Thirty Eight.

Troubles du sommeil et irritabilité

À force de rajouter quarante minutes chaque nuit, l’horloge de Mars finirait par être tellement décalée qu’en quelques semaines, elle sonnerait midi à l'équivalent de minuit sur Terre. Et les conséquences finiraient elles aussi par se faire ressentir.

«Vous pourriez ressentir un brouillard cognitif qui vous ferait oublier des choses et vous condamnerait à mettre davantage de temps à apprendre de nouvelles. Vous pourriez commencer à faire des erreurs», suppose le site, d’après des expériences menées sur des souris réveillées à six heures de différence chaque semaine.    

La plupart des scientifiques qui ont travaillé selon l’horloge martienne l’ont détesté. Five Thirty Eight donne une longue liste d’exemple: en juillet 1997, quand le Sojourner rover et le Pathfinder lander ont exploré la planète, les scientifiques de la Nasa se sont mis à l’heure martienne. Ils ont abandonné avant que la mission ne soit terminée.

Plus récemment, en janvier 2004, 250 ingénieurs et contrôleurs de la Nasa ont retenté l’expérience à l’occasion de l’exploration des rover Spirit et Opportunity: 82% d’entre eux se sont plaints de troubles du sommeil, d’irritabilité, de manque d’attention et d’énergie.

«Les somnifères sont les médicaments les plus utilisés pendant les missions spatiales», écrit le site.

Tout n'est pas perdu

En bref, il ne ferait pas bon de dormir sur Mars. Et quand le rythme circadien est perturbé, le métabolisme ralentit: vous pourriez prendre du poids, vous sentir fatigué tout le temps, avoir plus de chances de devenir diabétique et/ou de développer un cancer. Sans compter la gravité moindre de la planète rouge et les effets secondaires qu’elle engendre, parmi lesquels vision trouble, maux de tête...

Ceci dit, tout n’est pas perdu. «Avec la bonne lumière et un sommeil organisé, nous pourrions adapter nos rythmes circadiens aux journées martiennes», contrebalance Five Thirty Eight. Mais cela n’arrivera pas sans une lumière artificielle qui imiterait parfaitement la perception des rayons du soleil sur Terre: la distance qui sépare Mars du Soleil est environ 1,5 fois supérieure à celle qui sépare la Terre du Soleil, ses effets ne sont donc pas du tout les mêmes sur la planète rouge.

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