Monde

Non, un Japonais n’est pas mort écrasé par sa collection de porno 

Temps de lecture : 2 min

L’information a été reprise dans la presse étrangère et française. 

Capture d'écran, via Twitter.
Capture d'écran, via Twitter.

«Le porno est vraiment mauvais pour vous! Un Japonais solitaire qui a amassé une pile de six tonnes de magazines cochons est mort quand elle s'est effondrée sur lui... et son corps n'a été retrouvé que six mois plus tard.» Tout, ou presque, dans ce titre du Daily Mail est faux, souligne le magazine Gizmodo. L’information a pourtant été largement reprise par des médias étrangers et français. Le Décodex, l’outil développé par des journalistes du Monde pour vérifier les informations qui circulent sur internet, classe le Daily Mail comme un journal «qui présente souvent les faits de manière racoleuse ou exagérée.» Une classification confirmée dans ce cas.

Gizmodo revient sur les faits remontant à la source de l’information publiée le 28 février par le site de Nikkan Spa (en japonais). Une source qui n’est a aucun moment citée par le tabloïde britannique. Le Daily Mail a excessivement dramatisé l’histoire. Oui, l’homme est bien mort, cette partie de l’histoire est véridique. Par contre, le corps n’a pas été retrouvé 6 mois après le décès, mais uniquement après un mois. Si ce solitaire était un collectionneur impressionnant de pornographie, ce n’est pas le poids des magazines qui l’a tué mais une banale crise cardiaque. Moins accrocheur, en effet. Les magazines qui le recouvraient ont seulement absorbé les fluides corporels du corps en décomposition, retardant ainsi sa découverte, relaye Gizmodo.

En France aussi

En France, l’information a été reprise par 20 Minutes ou VSD. Publié le 6 mars et intitulé «Un Homme meurt écrasé...par ses magazines porno», l’article du site de l'hebdomadaire cite comme source d’information l’article du Mirror publié, un jour après celui du Daily Mail. Contrairement à son homonyme suisse, 20 Minutes a rectifié son papier d'origine, non sans garder une part d’ambiguïté en titrant «Japon: Il meurt sous sa collection de magazines pornographiques». L’information avait d'abord été présentée à la manière des tabloïds avant de laisser planer un doute sur la cause du décès.

S’appuyant sur l’article du Mirror, on pouvait y lire, tout comme dans l’article du Daily Mail, que «la victime (…) aurait pu être surprise par la chute des revues et mourir écrasée sous le poids de celles-ci ou bien, victime d’un malaise, elle aurait également pu s’écrouler dans des piles de magazines, qui l’auraient ensuite recouverte.» Encore une fois. Non, le porno ne tue pas.

Slate.fr

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