Monde

Trump veut lister les crimes d'honneur, mais éliminer des programmes d'aide aux victimes de violence conjugale

Repéré par Claire Levenson, mis à jour le 07.03.2017 à 11 h 04

Repéré sur Think Progress, New York Magazine

Le décret de Trump sur l'immigration fait beaucoup d'efforts pour attirer l'attention sur les crimes commis par des étrangers aux États-Unis.

Donald Trump parle de son décret migratoire à un groupe de shérifs le 8 février 2017 à Washington. SAUL LOEB/AFP.

Donald Trump parle de son décret migratoire à un groupe de shérifs le 8 février 2017 à Washington. SAUL LOEB/AFP.

Le texte du nouveau décret de Trump sur l'immigration –surnommé «muslim ban» ou interdiction des musulmans– précise que l'interdiction du territoire de certains ressortissants n'est pas «motivée par une hostilité envers une quelconque religion.» Ce genre de discrimination religieuse serait, en effet, illégale, mais les détenteurs de passeports originaires de six pays à majorité musulmane (Iran, Syrie, Yemen, Soudan, Somalie, Libye) demeurent interdits du territoire américain pendant trois mois (sauf ceux qui ont des visas et des cartes vertes, contrairement à la première version du texte).

Cependant, une phrase du texte semble bien suggérer que l'islam est visé. En effet, le décret oblige le Ministère de la sécurité intérieure (Homeland security) à publier «des informations sur le nombre et les types d'actes de violence commis contre les femmes aux Etats-Unis par des étrangers, y compris ce qu'on appelle les "crimes d'honneur"», des crimes courants dans plusieurs pays musulmans mais très rares aux États-Unis.

Cette décision a priori sans rapport avec le décret migratoire rappelle une autre initiative mise en place par l'administration Trump. Le premier décret anti-immigration du président avait annoncé que le ministère de la Sécurité intérieure publierait chaque semaine «une liste complète des actions criminelles commises par les immigrés». 

Extrêmement rares

Le gouvernement Trump fait donc de nombreux efforts pour que les crimes commis par des étrangers, particulièrement musulmans et sans papiers, soient mis en lumière de façon officielle. Cette approche rappelle la rhétorique de nombreux médias conservateurs, notamment Breitbart, dont est issu le stratège du président, Steve Bannon, qui donnent constamment l'impression que les immigrés et les réfugiés sont en moyenne plus criminels que les Américains, ce qui est faux.

Comme le note Jesse Singal dans New York Magazine, la Maison-Blanche tient à prendre des mesures sur les crimes d'honneur aux États-Unis, alors que ce genre de crime en réaction à un comportement perçu comme ayant apporté le déshonneur à une famille est extrêmement rare dans le pays. La seule étude sur le sujet a conclu qu'il pouvait y avoir entre 23 et 27 crimes d'honneur par an aux États-Unis, mais pour arriver à ce chiffre, les chercheurs avaient extrapolé à partir de données venant d'Europe, en tentant d'imaginer ce que serait la situation dans des communautés similaires.

En bref, il n'y a pas de données indiquant qu'il s'agit d'un gros problème, mais il s'agit d'une obsession des médias pro-Trump. Par comparaison, la violence conjugale tue environ 1.500 femmes américaines chaque année, mais comme le rappelle le site Thinnk Progress, le gouvernement Trump veut éliminer plusieurs programmes d'aide aux victimes de violence conjugale. 

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