France

L'orgueil de Juppé a-t-il eu raison de lui?

Repéré par Grégor Brandy, mis à jour le 06.03.2017 à 16 h 14

Repéré sur Le Monde

Le maire de Bordeaux a définitivement fermé la porte à un retour dans la course présidentielle.

Alain Juppé, à Bordeaux, le 6 mars 2017. MEHDI FEDOUACH / AFP

Alain Juppé, à Bordeaux, le 6 mars 2017. MEHDI FEDOUACH / AFP

Alain Juppé ne sera pas candidat à l'élection présidentielle. Le maire de Bordeaux a mis fin aux spéculations lors d'une conférence de presse, ce 6 mars, dans sa ville, fermant définitivement la porte à un retour dans la campagne en tant que candidat.

«Je n’ai pas l’intention de m’engager dans des tractations partisanes, ni marchandage de postes. Je ne suis donc pas en mesure aujourd'hui de réaliser le nécessaire rassemblement autour d’un projet fédérateur, c'est pourquoi je confirme, une bonne fois pour toutes, que je ne suis pas candidat à la présidence de la République. Il est trop tard.»

Mais Alain Juppé n'a pas pris la peine d'apaiser la situation: il a fait le bilan d'une élection qui ne s'est jamais «présentée dans des conditions aussi confuses». Il a attaqué une gauche «fracturée», critiqué Emmanuel Macron, son «immaturité politique», la «faiblesse de son projet», parlé d'un «gâchis» pour la droite et le centre, car François Fillon avait «un boulevard» devant lui, et incriminé la «radicalisation» des électeurs de Fillon:

«Quant à nous la droite et le centre: quel gâchis!»

 

Dans la même énumération évoquant les échecs des différents partis, il a mis le Front National, et vilipendé le «fanatisme anti-européen» du parti d'extrême-droite.

 

Le maire de Bordeaux a par ailleurs justifié sa décision en notant que les conditions actuelles impliqueraient qu'un «passage de témoin se ferait dans la douleur et laisserait des cicatrices». Deux autres arguments l'ont conforté dans son choix: le besoin de renouvellement de la classe politique qu'il n'incarne pas, et dont «l'aspiration semble plus forte que le besoin de solidité et d'expérience». Il a également évoqué le besoin d'exemplarité des hommes et femmes politiques, rappelé qu'il ne peut «répondre pleinement à cette exigence», et indiqué qu'il ne voulait pas livrer son «honneur et la paix de sa famille aux démolisseurs de réputation».

«Pour moi, il est trop tard», a-t-il continué avant de préciser qu'il n'est «jamais trop tard pour la France». «Le pays traverse une crise de conscience» a-t-il lancé avant de se reprendre «de confiance. Mais a aussi une capacité de rebonds.»

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