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Une enveloppe peut en cacher une autre

, mis à jour le 03.03.2017 à 11 h 42

De l'enveloppe des Oscars à celle des parlementaires, Twitter décachette l'actualité de la semaine.

Catkin via Pixabay

Catkin via Pixabay

CONTENU PARTENAIRE - Le 26 février 2017, tandis que la question des emplois fictifs et celle des «enveloppes parlementaires» dominent l’actualité française, c’est l’«enveloppe» contenant le nom du film primé à la cérémonie des Oscars qui enflamme le web.

Le film La La Land se voit récompensé. Il ne conservera sa statuette que quelques minutes. À cause d’une attribution erronée de l’enveloppe. Le vainqueur est en réalité MoonLight. Qualifié d’«incroyable cafouillage», de «fait historique» et de «jamais vu», cette méprise suscite une ironie glaciale et un parallèle avec l’élection américaine: «Si j’ai bien compris, l’Académie avait désigné Hillary Clinton mais elle a remis l’enveloppe à Donald Trump.»

En France, la dimension politique «des enveloppes» s’intensifie. À Emmanuel Macron, il est rappelé que «Bayrou n'a pas dit son dernier mot, il est capable de mettre Fillon dans l'enveloppe le jour des élections». À Marine Le Pen, il est signifié que pour l’instant «son nom est inscrit sur une enveloppe mais en fait, c'est pour une convocation policière». Quant à la lettre –qualifiée d’enveloppe– remise par Jean-Luc Mélenchon à Benoît Hamon, «a t-elle bien été transmise?» s’interroge-t-on.

Le mot ne renvoie plus, dès lors, à une protection mais à des trafics en tous genres: argent, influence, jeux de rôles, tactiques diverses et variées. Finalement, la palme est attribuée à François Fillon, qui s’enveloppe dans sa dignité. Si, malgré sa mise en examen, sa combativité suscite un certain respect, elle provoque également une ironie cette fois plus résignée qu’humoristique ou distanciée: que «quelqu'un donne la bonne enveloppe à Fillon, ça devient gênant là aussi.»

Une enveloppe sert à protéger. Les lettres, les secrets, les corps. En l’occurrence, ce banal emballage, starifié à son insu, devient le symbole d’un délitement: celle de l’enveloppe protectrice dont bénéficiaient les élites jusqu’alors. Peut-être convient-il de ne plus parler d’enveloppe mais de linceul, politique celui-là?

Ironie de l’histoire, dimanche soir aux Oscars «l’homme qui a donné la mauvaise enveloppe…était en train de tweeter.»

 

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