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La Nasa s'agace de voir Space X grignoter son espace vital

Repéré par Galaad Wilgos, mis à jour le 02.03.2017 à 12 h 23

Repéré sur Ars Technica, Ars Technica

Entre l'entreprise privée qui a annoncé vouloir envoyer deux touristes autour de la Lune en 2018 et l’agence gouvernementale, c'est compliqué.

Lancement par SpaceX d'un vaisseau spatial Dragon avec une fusée Falcon 9 le 21 septembre 2014 | https://www.flickr.com/photos/spacex/ via Flickr CC License by

Lancement par SpaceX d'un vaisseau spatial Dragon avec une fusée Falcon 9 le 21 septembre 2014 | https://www.flickr.com/photos/spacex/ via Flickr CC License by

SpaceX a annoncé ce 27 février qu’elle comptait envoyer deux touristes faire un voyage autour de la Lune pour l’année prochaine à bord d’un vaisseau Dragon propulsé par une fusée Falcon Heavy. Elle serait alors la première entreprise privée à réaliser un vol autour de notre satellite.

Si SpaceX arrive à respecter ce délai, cela voudrait dire qu’elle ferait mieux que la Nasa, dont le prochain envoi d’humains dans l’espace n’arrivera pas avant 2020. Certes, la société d'Elon Musk fait beaucoup d’affaires avec l'agence spatiale américaine, notamment pour tout ce qui concerne les véhicules de livraison d’équipe et de cargaison à la Station spatiale internationale, mais, comme l’affirme Eric Berger pour Ars technica, les deux sont en compétition dans le domaine de l’exploration:

«Nasa a toujours maintenu que, bien qu’elle ait ouvert l’orbite terrestre basse aux compagnies privées, elle devait prendre la direction de l’exploration de l’espace lointain.»

La relation qu’entretiennent la Nasa et SpaceX est globalement positive pour les deux partenaires. D’un côté, la Nasa a sauvé plusieurs fois l'entreprise privée de la faillite, notamment en leur accordant un contrat de livraison d’1.6 milliard de dollars en 2008. De l’autre, SpaceX a permis à la Nasa d’économiser plusieurs milliards avec des services de transport de cargaison qui auraient coûté beaucoup plus cher à développer en interne.

Obligations contractuelles

Par ailleurs, la Nasa a déclaré dans un communiqué qu’elle soutenait SpaceX dans ses ambitions. Pourtant, Eric Berger pense que cela cache une frustration croissante du côté de l’agence gouvernementale. Après avoir interrogé des vétérans, qui ont mentionné les accidents des deux dernières années avec la roquette Falcon 9, ainsi que les échecs d’envois d’humains sur la SSI, il déclare que la réponse de l'agence reste sceptique quant aux promesses d'Elon Musk.

Ars Technica va plus loin en analysant le communiqué en apparence enthousiaste de la Nasa. Quand cette dernière déclare qu’elle travaillera étroitement avec SpaceX pour s’assurer qu’elle remplira ses obligations contractuelles, il y voit la marque d'un agacement:

«Cher SpaceX, traduit-il, nous avons toujours été à vos côtés. On vous a donné 3 milliards pour des services d’équipage, la majorité de vos revenus de ces dernières années, et l’on en a marre de dépendre des Russes pour envoyer nos astronautes sur la station spéciale. Pouvez-vous vous concentrer sur notre contrat? Genre, maintenant?»

La Nasa, frustrée par les retards de SpaceX, considère ainsi réserver des places dans les Soyouz russes pour 2018. Cette compétition se déroule dans un contexte où l'administration Trump cherche à réduire les coûts de l'agence spatiale américaine... Or, une telle réussite venant de SpaceX serait une preuve que le privé réussit pour beaucoup moins cher que le public. 

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