Monde

Dans sa lutte contre Boko Haram, l’armée nigériane massacre des civils 

Repéré par Florian Adam, mis à jour le 01.03.2017 à 15 h 41

Repéré sur The New York Times

Elle nie toute implication.

Au moins 70 personnes sont mortes dans un camp de personnes déplacées dans l'État de Borno suite à un raid aérien militaire accidentel le 17 janvier 2017, destiné à cibler des militants de Boko Haram à Rann, dans le nord-est du Nigeria. I STEFAN HEUNIS / AFP

Au moins 70 personnes sont mortes dans un camp de personnes déplacées dans l'État de Borno suite à un raid aérien militaire accidentel le 17 janvier 2017, destiné à cibler des militants de Boko Haram à Rann, dans le nord-est du Nigeria. I STEFAN HEUNIS / AFP

Villageois exécutés. Villages incendiés. Le New York Times met en lumière les exactions commises au Nigéria contre la population dans village de la région de Marte dans le nord-est du pays dans un article intitulé: «Ils nous ont dit qu'ils étaient là pour nous aider. Puis arriva le massacre». En juin dernier, l’armée empresse les habitants de désigner les insurgés de Boko Haram supposés être présents dans ce village. Les villageois répondent qu'il n'y en a pas. La situation tourne alors au cauchemar. Quatre-vingts hommes, torse nu, allongés face au sol sont exécutés et le village incendié, raconte le New York Times. Les témoins de l’horreur sont certains, il ne s’agissait pas de groupe islamiste, mais bien de l’armée nigériane. 

Alors que sur le terrain cette dernière prend le pas sur Boko Haram, des cas d’exactions sont rapportés, au moment où les habitants de villages jusqu’ici contrôlés par les terroristes retournent chez eux, précise le journal. Interrogée, Agnes Bjorn, membre de l’ONG de Plan international, déclare:

«Au fur et à mesure que de plus en plus de combattants de Boko Haram se cachent au sein de la population civile, la frontière entre civils et non-civils est floue. Il est cependant de la responsabilité de l'armée nigériane de protéger les civils et de faire clairement la distinction entre les civils et les combattants. La protection des civils en temps de guerre fait partie du droit international humanitaire.»

Un directeur de l’information pour l’armée nigériane, le brigadier général Rabe Abubakar, nie toute implication des militaires dans les massacres, rapporte le journal. «Nous sommes guidés par des règles et guidés par notre transparence des opérations.»

De nombreux errements

Le New York Times rappelle que l’armée a une longue histoire de violation des droits des l’homme. En 2016, l’ONG Amnesty International a révélé dans un rapport que des soldats à Zaria avaient massacré des centaines d’hommes, des femmes et des enfants, mais aussi «brûlé des personnes encore vivantes, rasé des bâtiments».

«Les travailleurs humanitaires pour les Nations unies disent avoir entendu de manière répétée des plaintes de la part des civils que les militaires avaient évacués des villages et les avaient incendiés», des incendies visibles depuis le ciel, écrit le New York Times.

Déjà le mois dernier, l’armée avait bombardé par erreur un camp de déplacé, tuant au minimum 70 civils, 90 selon le New York Times.

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