France

Vu d'Amérique, le terrible abandon des centre-villes français

Repéré par Xavier Ridel, mis à jour le 01.03.2017 à 15 h 14

Repéré sur NY Times

Un journaliste du New York Times s'est rendu à Albi.

légende | Albi via Wikipedia CC License by

légende | Albi via Wikipedia CC License by

Adam Nossiter, un journaliste du New York Times, s’est rendu à Albi pour rendre compte de la désertification des centre-villes français. Le phénomène touchant la petite ville du Sud-Ouest, qui compte 50.000 habitants a déjà été mis en lumière plusieurs fois par les médias, mais c’est sans doute la première fois qu’un journal américain se penche sur la question. Un rapport publié par le ministère de l’Économie notait en octobre dernier:

«Ce phénomène de dévitalisation des centralités urbaines (…) devient préoccupant tant le commerce participe à la vie de la cité et la façonne en grande partie

«Liquidation totale»

Un jeudi après-midi en janvier, Nossiter part donc de Toulouse et prend la route pour Albi. Il passe devant un centre commercial géant, Les Portes d’Albi, dont le parking est «noir de voitures». Pourtant, une fois arrivé dans le centre, le journaliste remarque que les rues de la ville sont totalement vides et que de nombreuses enseignes de magasins sont fermées. Ou bien que ces derniers n’accueillent aucun client.

La ville aurait pourtant de quoi attirer les touristes puisqu’elle est classée au patrimoine mondial de l’Unesco, notamment grâce à sa cathédrale vieille de 800 ans. C’est près de cette dernière que Nossiter rencontre Florian Jourdain, qui tient depuis quelques temps un blog très détaillé sur la dévitalisation d’Albi. L’ancien Parisien, arrivé dans le Sud-Ouest en 2013, déclare:

«C’est un gros problème, à mon sens, qu’il n’y ait pas d’épicerie dans le centre-ville. Il n’y a pas non plus de café de quartier.»

L’auteur fait état d’une ville complètement déserte, passe devant deux enseignes affichant «liquidation totale», arpente une place piétonne «sans âme», frôle les murs de l’école fermée en 2013, à l’intérieur de laquelle il observe «un dessin des enfants, du dernier cours qui y a été donné».

Carte des commerces vides d'Albi, par Florian Jourdain 

Une cité magnifique, pour les touristes

Le samedi, toujours près de la cathédrale, Nossiter rencontre Fabien Lacoste, un conseiller municipal qui, comme à son habitude, vend des crêpes sur le parvis. Selon lui, c’est le centre commercial qui est à l’origine de cette désertification. La France est d'ailleurs le pays européen qui a la plus forte concentration de supermarchés. Il déclare:

«Il n’y a pas de bar, pas de café. Nous sommes au Sud-Ouest, bon Dieu. C’est un scandale. Nous avons perdu cette convivialité qui était notre signature. Avant, chaque petit quartier avait son propre centre, avec son propre café. Tout ça a disparu.»

Une impression que confirme Eric Lamarre, qui a fermé l’année dernière le dernier magasin de jouet d’Albi:

«Il y a vingt ans, le centre-ville était encore animé. Les gens venaient vraiment faire du shopping, il y avait plein de belles choses. Ça grouillait de monde. (…) C’est un problème politique, les villes disent toujours oui aux centres commerciaux. Ça reste une cité magnifique, pour les touristes

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