Science & santé

La sensation provoquée par le grincement des ongles sur un tableau noir mérite d'avoir son nom

Repéré par Florian Adam, mis à jour le 01.03.2017 à 10 h 53

Repéré sur New Scientist

Selon une étude récente, il s'agit d'une émotion à part entière, proche du dégoût.

La fin de Freddy: l'ultime cauchemar, capture d'écran YouTube.

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Sa simplé évocation suffit peut-être à vous rappeler quelques souvenirs atroces. Le grincement transperçant des ongles sur un tableau noir suffit à provoquer chez l’homme une sensation désagréable extrêmement caractéristique, pourtant elle reste difficilement qualifiable. Des psychologues américains, allemands et espagnols ont publié une étude, repérée par le site New Scientist pour mieux comprendre la réaction face à ce phénomène. 

«Grima» est le terme espagnol utilisé pour qualifier la sensation provoquée par le grincement des ongles sur un tableau ou d’un couteau sur une assiette, aucun mot n’existe en anglais ou en allemand, expliquent les scientifiques. En français non plus, on ne trouve pas un tel qualificatif, la traduction s’en rapprochant le plus serait le «dégoût». Mais les chercheurs sont partis de l’hypothèse que «cette expérience aversive constitue un concept émotionnel propre et distinct».

Plus de cent participants espagnols ont évalué la «grima» par rapport à d’autres émotions. Il en ressort que, se rapprochant du dégoût, elle lui est distincte. Dans une seconde expérimentation, il était demandé aux participants espagnols de répondre à un questionnaire pour mieux comprendre ce que recouvre le terme «grima». Les mots «Sensation désagréable», «frisson», «bruit» et «répulsion» ont le plus souvent été utilisés pour la réaction au son strident. 

Une expérience émotionnelle

Ensuite, en faisant écouter un enregistrement à des étudiants (germanophones et anglophones), les psychologues ont pu prouver qu’un son déclenchant la «grima» provoque les mêmes réactions physiques qu’un stimulus de dégoût. La fréquence cardiaque et la conductance cutanée, l’activité électrique enregistrée à la surface de la peau augmente avant de revenir à la normale.

Toutefois, une quatrième expérimentation confirme définitivement que le «dégoût» et la «grima» sont bien deux émotions distinctes. Il a été demandé à 44 Espagnols de se préparer à entendre des sons et de contenir leur émotion. Dans ces conditions, la «grima» était moins désagréable contrairement au dégoût qui était toujours aussi déplaisant. «Cela suggère que la grima n'est pas une réaction réflexe, mais une expérience émotionnelle qui peut être influencée par la pensée et qui est distincte du dégoût», analyse New Scientist. Une émotion clairement aussi bien identifiée par des Espagnols que par des Allemands et des Anglais malgré le manque de vocabulaire spécifique.

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