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Un nouvel «incendie du Reichstag» peut-il faire basculer la démocratie américaine?

Repéré par Grégor Brandy, mis à jour le 27.02.2017 à 13 h 11

Repéré sur The American Prospect, The New York Review of Books, The Huffington Post

Quatre-vingt-quatre ans après, un attentat terroriste pourrait-il avoir des conséquences similaires, aujourd'hui?

Berlin, brennender Reichstag (Reichstagsbrand) | Deutsches Bundesarchiv via Wikimedia Commons CC License by

Berlin, brennender Reichstag (Reichstagsbrand) | Deutsches Bundesarchiv via Wikimedia Commons CC License by

C'était il y a quatre-vingt-quatre ans, ce 27 février. En 1933, le Parlement allemand, le Reichstag, était incendié dans la nuit. Moins d'un mois après l'arrivée d'Hitler à la tête du gouvernement allemand, un jeune communiste hollandais Marinus van der Lubbe allait permettre au dictateur allemand de s'affranchir des limites du système démocratique, et de se débarrasser de ses opposants.

Le problème, sait-on aujourd'hui, c'est que Marinus van der Lubbe n'a pas pu agir seul, et s'il n'est pas possible de prouver que les Nazis étaient bien derrière l'incendie du Reichstag, il est plus que probable qu'ils en étaient bien les responsables. Depuis, explique la New York Review of Books, cet événement est devenu une sorte d'avertissement politique.

«L'incendie du Reichstag montre à quelle vitesse une république moderne peut se transformer en un régime autoritaire.»

Au milieu des nombreuses accusations (qui tournent parfois au conspirationnisme), on se demande de l'autre côté de l'Atlantique si une événement similaire à l'incendie du Reichstag n'est pas possible, aujourd'hui. Sur le site du Huffington Post, un historien s'est posé la question et imagine que l'incendie pourrait être cette fois-ci un attentat terroriste perpétré par une personne qui a pu rentrer sur le territoire américain après que l'interdiction d'entrée dans le pays pour des citoyens de sept pays à majorité musulmane a été levée par la justice américaine.

Contre-pouvoirs

Mais, pour le mensuel américain progressiste The American Prospect, il est peu probable qu'un événement similaire ait de telles conséquences.

«Trump n'a aucun projet mondial, ne s'attache fanatiquement à aucune idéologie, n'a pas de conception du monde, comme Hitler: sa plus grande priorité, c'est lui-même.»

Par ailleurs, assure-t-il, les États-Unis de 2017, sont très éloignés de l'Allemagne de 1933, la Cour Suprême tiendra fermement à défendre la liberté d'expression, et on peut se demander si son administration est capable de garder un cap, même s'il existe effectivement des indices troublants: la prise au sérieux trop tardive de Trump, l'absence de volonté du Congrès républicain de faire répondre Trump de ses actions (en tout cas pour l'instant), et le fait que l'histoire montre que la branche judiciaire n'a pas toujours joué son rôle par le passé.

«Il est assez ironique que plus de quatre-vingts ans après l'incendie du Reichstag, certains d'entre nous, qui ont fuit Hitler, et qui n'auraient pas pu imaginer une telle chose il y a encore cinq ans, se tournent désormais vers Angela Merkel et l'Allemagne comme l'avant-post le plus optimiste et stable de la démocratie occidentale.»

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