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Disparition de Salomé Karwah, le visage des combattants d'Ebola

Repéré par Xavier Ridel, mis à jour le 28.02.2017 à 8 h 42

En 2014, le magazine Time lui avait consacré sa couverture pour son numéro sur les personnalités de l'année. Elle vient de mourir en couche après avoir survécu à la maladie.

Couverture du magazine TIME, personnalité de l'année 2014

Couverture du magazine TIME, personnalité de l'année 2014

En 2014, le magazine Time nommait les combattants d’Ebola personnalités de l’année, et plaçait sur sa couverture Salomé Karwah. La jeune femme, habitant le Libéria, avait été atteinte par la maladie mortelle et s’en était sortie de justesse. Elle avait ensuite consacré sa vie à soigner les patients atteints du virus, avant de décéder ce samedi 25 février, des suites d’une grossesse.

C’est un tweet d’Ashoka Mukpo, un cameraman de NBC ayant lui aussi été atteint par le virus Ebola en 2014, qui nous a appris la nouvelle. Le message a été relayé par la collaboratrice de Slate Lauren Wolfe, et a fait l’objet de quelques articles sur des sites indépendants.

À l’occasion de la couverture de Time, le Guardian avait laissé la parole à Salomé Karwah. Elle y racontait son expérience face au virus, qui avait aussi atteint toute sa famille.

«Ta première pensée, c’est que cela signifie la fin de ton monde. J’étais effrayée, parce que nous avions entendu des gens dire qu’une fois que tu attrapes Ebola, tu meures

Forte mortalité

Selon l’OMS, Ebola a provoqué au total environ 11.000 décès pour 28.000 cas identifiés en Afrique de l’Ouest. Les parents de Salomé Karwah sont tous les deux morts du virus tandis qu’elle-même se battait pour sa propre vie. Sa sœur, sa nièce et son fiancé ont néanmoins survécu. Elle déclarait ainsi au Guardian:

«Dieu ne pouvait pas permettre que notre famille entière meure. Il nous a gardé vivants dans un but bien précis. Je suis reconnaissante à ceux qui ont pris soin de nous. Ce sont de bonnes personnes

À la suite de cette expérience, elle était revenue au centre de traitement comme infirmière, pour prendre soin des malades. Elle y travaillait comme «conseillère en santé mentale» et les aidait à garder espoir en leur racontant son histoire et en les encourageant:

«Je me sens heureuse dans ce nouveau rôle. Je traite mes patients comme s’ils étaient mes propres enfants. (…) Je leur raconte mon histoire pour les inspirer et leur faire savoir qu’ils peuvent aussi survivre

L’OMS affirmait en 2015 que le ratio de mortalité maternelle était de 239 pour 100.000 naissances dans les pays en voie de développement; contre 12 pour 100.000 dans les pays développés. Entre 1990 et 2015, ce taux a diminué de 2,3% par an.

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