Tech & internet

Pourquoi sommes-nous aussi accros à nos téléphones?

Temps de lecture : 2 min

JUSTIN SULLIVAN / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP
JUSTIN SULLIVAN / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Adam Alter est professeur de marketing et de psychologie à la New York University. Dans son nouveau livre, Irresistible, recensé dans le Guardian, il s'inquiète des conséquences sur notre santé de notre addiction à nos téléphones et aux applications qui sont dedans.

«Quand j'étais petit raconte-t-il, j'étais terrifié par les drogues. Je faisais ce rêve récurrent, dans lequel on me forçait à prendre de l'héroïne, et je devenais accro». Pas très surprenant, commente le Guardian, qu'il soit devenu spécialiste de la psychologie de l'addiction, «et que son stupéfiant de choix soit Internet»

Un chapitre du livre est intitulé «Ne jamais consommer sa propre came» et Alter y explique que ni Steve Jobs (Apple) ni Evan Williams (Twitter) n'autorisaient leurs enfants à jouer avec des écrans.

Dans le New York Times, en 2014, Nick Bilton expliquait d'ailleurs avoir un jour lancé à Steve Jobs: «Vos enfants doivent être fans de l'iPad?» alors que l'appareil venait juste de sortir. «Ils ne l'ont pas encore utilisé» avait-il répondu. «À la maison, nous limitons l'usage des nouvelles technologies pour les enfants».

Bilton poursuivait:

«Depuis, j'ai rencontré un bon nombre de directeurs dans la tech qui disaient peu ou prou la même chose: ils limitent de manière stricte le temps d'usage d'écran de leurs enfants, interdisant souvent tout gadget les jours d'école, et ne permettant que des temps d'usage ascétiques le weekend. (...) Ces C.E.O. semblent savoir quelque chose que le reste d'entre nous ignorent».

Et pour cause: ils fabriquent ces usages. Et le livre d'Alter montre que les applications que l'on utilise sont fabriquées pour enclencher l'addiction.

Prenez Fitbit: les articles se multiplient pour parler de l'addiction qu'elle suscite, dans GQ, Buzzfeed, le Washington Post... La marque elle-même se targue de déclencher des addictions. Mais c'est allé au point que les utilisateurs se blessent en en abusant.

Alter examine dans son livre la façon dont les objectifs des applications en ligne comme Fitbit sont fixés, la manière dont les applications nourrissent le narcissisme, impliquant des retours incohérents mais gratifiants (le décompte de «likes»); l'importance du sentiment de progrès (le décompte des followers, ou l'avancement dans un jeu). Alter note aussi un pouvoir addictif dans l'escalade des difficultés.

Le Guardian:

«Les nouvelles technologies nous enferment dans les cages du laboratoire de la connexion en ligne. Pour un addict, il y a peu de chance de réussir à s'en sortir».

Slate.fr

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