Monde

Des journalistes interdits à la Maison-Blanche: le porte-parole parlait d'une pratique digne d'une «dictature»

Repéré par Mélissa Bounoua, mis à jour le 25.02.2017 à 17 h 51

Repéré sur The Washington Post

Le porte-parole de la Maison-Blanche Sean Spicer a fait ce qu'il dénonçait en décembre dernier: interdire à certains médias critiques envers l'administration Trump d'assister au point presse.

Sean Spicer, le porte-parole de la Maison-Blanche, le 23 février 2017 à Washington | Mandel Ngan / AFP

Sean Spicer, le porte-parole de la Maison-Blanche, le 23 février 2017 à Washington | Mandel Ngan / AFP

Breitbart, One American New et le Washington Times étaient dans la salle de presse de la Maison-Blanche vendredi. Mais les journalistes de ces médias conservateurs n'ont pas vu leurs collègues de Politico, du New York Times, le Los Angeles Times et la chaîne CNN, rapporte le New York Times. L'association des journalistes de la Maison-Blanche a publié un communiqué pour signifier qu'elle protestait fortement contre la façon dont est gérée l'organisation de ces points. Dean Baquet du New York Times a déclaré dans les colonnes du quotidien que «rien de tel n'avait eu lieu dans notre longue histoire de couverture des gouvernements de différents partis». CNN parle d'un «comportement inacceptable» qui est «leur façon de répondre au fait de traiter des informations qu'ils n'aiment pas». Le directeur de la rédaction du Washington Post, Marty Baron, estime cela «atterrant».

Le porte-parole de Donald Trump a des relations compliquées avec les journalistes, comme le montrait très bien cette vidéo parodique du «Saturday Night Live» début février.

Le problème avec la situation de vendredi est que Sean Spicer avait clairement exposé sa pensée en décembre dernier concernant l'exclusion des médias de la Maison-Blanche, note le Washington Post. Le 16 décembre, à un journaliste de Politico qui lui demande si les journalistes pourront être interdits de conférences de presse comme ça a pu être le cas pendant la campagne de Donald Trump (et notamment pour Politico), il répond:

«Ecoutez, il y a une grande différence entre une campagne, où le lieu est privé et financé par des fonds privés, et un lieu qui dépend du gouvernement. Lorsque l'on gouverne, je pense qu'il y a un respect pour la presse. Vous ne pouvez pas la bannir comme ça. Conservateurs, libéraux ou autres... C'est ce qui fait d'une démocratie une démocratie et la distingue d'une dictature.»

Chaque jour, Donald Trump continue à dénoncer les «fausses informations» relayées par les journalistes qui couvrent sa présidence et soulignent ses incohérences ou ses mensonges. Parfois jusqu'à parler de «médias des fausses informations». Ce vendredi, il a publié le message suivant sur son compte Twitter: «Les médias qui diffusent de fausses informations ne disent pas la vérité. C'est un grand danger pour notre pays. Le New York Times s'effondre et tourne à la blague. Pareil pour CNN. Triste!»

En réponse à ces exclusions, un journaliste de la chaîne Fox News (plutôt conservatrice) a tenté d'expliquer à Donald Trump ce qu'était des fausses informations, et défendu le travail de la concurrente CNN.

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