France

Le vrai scandale de cette présidentielle: l'absence de chauves

Laurent Sagalovitsch, mis à jour le 25.02.2017 à 13 h 39

[Blog] J'accuse messieurs Fillon, Hamon, Macron, Mélenchon, Dupont-Aignan et tant d'autres de vouloir exclure les chauves de la sphère publique.

Moon Scape of Bald Head | malehmann via Flickr CC License by

Moon Scape of Bald Head | malehmann via Flickr CC License by

On nous rabat sans cesse les oreilles avec la parité homme/femme mais la vraie, la seule discrimination qui vaille la peine d'être combattue, combattue sans relâche, c'est celle entre chauves et chevelus, ce scandale absolu qui perdure depuis des siècles et cantonne les glabres du crâne à des postes subalternes, sans jamais avoir l'opportunité de grimper en haut de l'échelle.

Je le dis tout net, la société française exerce vis-à-vis à de la communauté des chauves un «apartheid» –osons le mot– qui nous renvoie aux heures les plus sombres de notre histoire.

J'en veux pour preuve la cohorte des candidats à la future élection présidentielle. Regardez-les, mais regardez-les donc tous –peu importe leur couleur politique, leurs programmes, leurs visions– ils affichent tous l’insupportable arrogance de ceux dont le cuir chevelu prolifère à tout-va, de ceux dont la vie tourne autour du périmètre de leur coiffeur, de ceux dont le seul ennemi se nomme encore et toujours pellicule.

Oui j'accuse messieurs Fillon, Hamon, Macron, Mélenchon, Dupont-Aignan et tant d'autres de vouloir exclure les chauves de la sphère publique, d'entamer une épuration consistant, méthodiquement, à éradiquer des grands corps de l’État toutes personnes incapables d'apporter la preuve d'une capillarité au-dessus de tous soupçons.

Nicolas TURCAT/AFP

François Fillon en tête, dont les seuls sourcils combleraient n'importe quel assistant parlementaire atteint de calvitie précoce, Fillon avec sa raie implacable et ses tempes grises capables à elles seules d'occuper sa Penelope pendant des heures, Fillon le félon qui a usé de tous les artifices pour évincer de la primaire Juppé le Magnifique, assurément le meilleur d'entre nous, le seul qui osait afficher la somptueuse beauté d'un crâne aussi lisse que puissant, aussi nu que sensuel, aussi vierge qu'envoûtant.

Lionel BONAVENTURE / AFP

Et Mélenchon, Hamon, Macron

Jean-Luc Mélenchon ensuite, jamais autant à son aise pour dénoncer le capitalisme sauvage, pour défendre la veuve et l'orphelin, pour s'ériger en protecteur des travailleurs mais dont la chevelure hargneuse, teigneuse, colérique, à rebrousse-poil, indique son total mépris, son irascible aversion envers ceux que la société humilie en permanence, jette au rebut, discrimine sans vergogne, j'ai nommé le sous-prolétariat de la calvitie désenchantée, les grands perdants de la dérégulation capillaire.

Patrick KOVARIK / AFP

Benoît Hamon pour continuer, le cheveu sec, court, foncé, napoléonien, qui résiste mieux que prévu à sa calvitie programmée et dont on voit bien que la proposition phare, le revenu universel, n'est qu'une métaphore, un succédané pour conjurer l'inévitable perte de cheveux, un appel effréné à établir l'universalité d'une chevelure capable d'apporter à chacun, peu importe son rang, son âge, sa fortune, la même résilience capillaire à même d'affronter l'avenir et ses cruelles incertitudes.

PHILIPPE HUGUEN / AFP

Enfin, Emmanuel Macron, qui d'entre tous, semble être le seul à la hauteur de l'enjeu, Emmanuel Macron, ni de droite ni de gauche, ni hirsute mais pas encore chauve, juste suffisamment dégarni au niveau des tempes pour permettre au déplumé de service d’espérer en des temps meilleurs, de miser sur une prochaine démission de cheveux qui permettra à ce surdoué de la politique de rejoindre dans le firmament des chauves les plus méritants, Giscard en personne dont l'impeccable front sublimement dégarni continue encore à hanter les miroirs élyséens.

Patrick KOVARIK / AFP

Je note au passage que le seul capable de représenter le parti de la calvitie au plus haut sommet de l’État se nomme Philippe Poutou. Comme par hasard, nos élus coupent les cheveux en quatre pour lui apporter le nombre de parrainages nécessaires, manœuvre procédurière d'une bassesse sans nom qui démontre avec l'éclat l'ostracisme dont est désormais victime le chauve, coupable tout désigné du malheur français.

Geoffroy VAN DER HASSELT / AFP

Chauve qui peut, la République est en danger!

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