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Qu’est-ce que l'agent chimique VX qui a servi à assassiner Kim Jong-nam? 

Temps de lecture : 2 min

Le demi-frère du leader nord-coréen Kim Jong-Un est décédé à l’aéroport international de Kuala Lumpur en Malaisie après avoir été aspergé par un liquide qui s’est révélé être du VX, un agent neurotoxique semblable au sarin.

Un homme regarde une télévision montrant des reportages de Kim Jong-Nam I JUNG YEON-JE / AFP
Un homme regarde une télévision montrant des reportages de Kim Jong-Nam I JUNG YEON-JE / AFP

La Corée du Nord est sujette aux fantasmes les plus fous souvent repris par les médias occidentaux, comme le raconte le journaliste Harold Thibault invité de l’émission «L’Instant M» sur France Inter. Une chose est sûre, le 13 février dernier, le demi-frère du dirigeant nord-coréen a été assassiné dans l’aéroport international de Malaisie. L’arme utilisée est selon les dernières informations des autorités locales non moins que l'agent neurotoxique VX. The Guardian retrace l’histoire de cette arme chimique. Qui l’a créé? Comment a-t-elle été utilisée par le passé? Qui la détient encore?

Dix fois plus mortel que le gaz sarin, le VX, ou S-2-diisopropylaminoéthyl-méthylphosphonothioate d'éthyle, s’attaque au système nerveux et musculaire. Une seule goutte (10 mg) sur la peau entraîne une mort extrêmement rapide. Les symptômes sont: perte de conscience, convulsions, paralysie et apnée, rapporte le think tank Council on Foreign Relations. Des antidotes existent, mais devraient être éjectés immédiatement après l'exposition, laissant les chances de survie réduites voire nulles, précise The Guardian.

Considéré comme une arme chimique, l'agent agent neurotoxique est classé «arme de destruction massive» par l’Organisation des Nations unies. L'agent a été créé dans les années 1950 par Ranaji Ghosh, un chimiste britannique travaillant pour Imperial Chemical Industries, fait savoir The Guardian. Après que sa dangerosité a été étudiée, sa formule chimique a été transmise aux États-Unis, qui l'ont produit en masse dès 1961. L’Irak de Saddam Hussein l’«aurait utilisé en 1988 lors une attaque contre les Kurdes et plus largement pendant la guerre du Iran-Irak», précise The Guardian.

Petits chimistes

À ce jour, les armes chimiques sont interdites par la Convention sur les armes chimiques signée en 1993. Les 192 États ayant ratifié le traité s’engagent à ne pas mettre au point d’armes chimiques, à ne pas en fabriquer ou à en stocker, mais aussi, et surtout à renoncer à leur utilisation. Plus gros détenteurs d’armes chimiques, les États-Unis ont détruit une partie de leur stock et les Russes suivent le mouvement, rapporte The Guardian. Le régime syrien possède également des stocks d’armes chimiques. Tout comme les rebelles, Assad a été accusé à plusieurs reprises de les avoir utilisées, notamment en 2013.

S’appuyant sur un document des renseignements français, The Guardian affirme que l'agent en question était en la possession de la Syrie. La Corée du Nord, soupçonnée d’être à l’origine de l’assassinat de Kim Jong-nam, est le troisième plus gros détenteur d’arme chimique. On estime son stock à 2.500 à 5.000 tonnes, dont du gaz sarin, selon le Nuclear Threat Initiative et cité par The Guardian. «On pense que les agents neurotoxiques comme le sarin et le VX sont au centre de la production nord-coréenne.» La Corée du Nord nie conduire un tel programme.

Slate.fr

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